Inter : House of cards nerazzurra

Par Fabio Pendolino publié le 04 Nov 2016

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Un jeu peu convaincant

La première raison pouvant expliquer l’éviction de l’entraîneur se trouve dans les résultats de l’Inter. La Beneamata se trouve en effet à la 12ème place après 11 matchs joués, avec 14 points pris (4V/2N/5D). C’est déjà 8 points de retard sur la 3ème place, qualificative pour la Champions League ! Depuis le passage des victoires à 3 points, De Boer est ainsi l’avant-dernier entraîneur (15ème) dans le classement des points pris après 11 matchs disputés avec 1.272 points. En comparaison, le leader de ce classement est Leonardo avec environ 2,3 points par match. Le fait est que le jeu du technicien batave n’avait pas encore bien su être imposé à l’équipe, dont le seul match vraiment convaincant a été la victoire 2-1 contre la Juventus avec des préceptes clairs et bien exécutés, mais bien loin de la philosophie de jeu de l’entraîneur : pressing haut et constant sur l’adversaire, jeu long et repli défensif rapide. Ce jeu de possession représentait un gros changement dans les habitudes de jeu de l’équipe et nécessitait plus de temps pour être perfectionné, du temps que n’aura pas eu De Boer.

Toujours le même coupable : l’entraîneur

84 jours en tant que coach de l’équipe, c’est un des mandats les plus courts de l’histoire du club. Si De Boer n’a pas eu le temps disponible, son arrivée y est déjà liée : nommé entraîneur de l’Inter 13 jours avant le début du championnat, il n’a pu bénéficier de la préparation estivale dont a profité Mancini. Ce n’est pas dans de telles conditions que le projet pouvait faire des miracles, même si Suning a investi lourdement cet été en dépensant près de 75 millions d’euros pour Joao Mario et Gabriel Barbosa. Ce mercato aurait d’ailleurs, selon le frère de Frank De Boer, été réalisé sans le consentement de l’ex-entraîneur de l’Inter qui trouvait l’effectif déjà trop gros et n’était pas pour l’arrivée du jeune brésilien.

Il manque ainsi une personne pouvant faire le lien entre les domaines sportif et administratif, comme l’explique Leonardo : « Suning doit choisir un homme de confiance. Un seul. Si dix personnes rapportent les faits, on crée un chaos ». En effet, entre Zhang Jindong, Thohir, Zanetti, Ausilio voire même Moratti à qui l’avis est encore souvent demandé, il n’est pas possible d’avoir une atmosphère positive. Les divergences d’opinion sont trop nombreuses et ne semblent pas permettre à un projet clair d’aboutir : 3 jours avant d’être renvoyé, De Boer était encore soutenu publiquement en avant-match par Ausilio. Ainsi, en 20 ans, seuls trois entraîneurs ont tenu plus de deux saison à l’Inter (Cuper, Mancini, Mourinho). 8 entraîneurs se sont également succédés depuis 2010 ; six ans que l’Inter en est à son an zéro et attend sa « reconstruction »…

Et maintenant ?

Au moins jusqu’au match de ce week-end contre Crotone, Stefano Vecchi, alors entraîneur de la Primavera, a été nommé coach de l’équipe première. Il a ainsi pu guider l’équipe contre Southampton en Europa League malgré la défaite quasi éliminatoire 2-1. L’Inter a donc démis de ses fonctions son entraîneur sans même avoir de solution de repli ! Les rumeurs évoquent tout de même de nombreuses pistes, même si là encore les opinions divergeraient au sein des « clans » ; Zanetti et Ausilio pencheraient pour une solution italienne, à savoir Pioli ou Mandorlini tandis que Suning souhaiterait un nom étranger comme Villas-Boas, Marcelino ou Hiddink. Á moins que Vecchi ne fasse une Stramaccioni ?

Fabio Pendolino

Rédacteur



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