Hernandez, révolution à gauche ?

Par Aurélien Bayard publié le 12 Juil 2019

L’exclusion du Milan AC de l’Europa League ne l’empêche pas pour autant de recruter. Malgré des performances bien loin de celles d’antan, le club rossonero séduit toujours autant et sait attirer des footballeurs en devenir. Le dernier en date s’appelle Theo Hernandez.

L’ombre du frère

Les gènes du football coulent dans les veines des fils Hernandez. En effet, Jean-François, le père, fut un honnête joueur de D1 qui finit sa carrière en Espagne. C’est là-bas que les deux frères vont taper leur premier ballon et se retrouvent inscrits au Rayo Majadahonda. Mais alors que l’histoire aurait voulu que leurs performances se déroulent sous l’œil avisé de leur paternel, il n’en est rien. A peine retraité, Jeff divorce et quitte le cocon familial pour la Thaïlande. Pour que les deux marmots puissent continuer à taquiner la gonfle, Enrique Vedia, le président du Rayo, décide de participer aux frais de scolarité des frères Hernandez. Lucas attire l’œil des recruteurs de l’Atletico qui prennent l’intégralité de la fratrie en 2007. L’aîné devient rapidement la coqueluche de Diego Simeone dès ses premières apparitions alors que le cadet peine à s’installer dans l’équipe jeune. Alavés décide de miser sur lui et obtient son prêt pour la saison 2016/2017. Les supporters babazorros en font rapidement leur chouchou grâce à ses performances majeures. Theo finit même en apothéose pour son dernier match. En finale de la Coupe d’Espagne contre Barcelone, il permet aux basques de recoller au score d’un sublime coup-franc. Malheureusement pour lui, le Barca remporte la partie.

Forte tête

De retour à Madrid, le jeune français ne s’éternise pas sous le maillot colchoneros. Faisant fi de la rivalité entre l’Atlético et le Real, Hernandez s’engage avec la Casa Blanca. Il en profite pour faire un pied de nez à l’Atlético où il fut pendant longtemps le « frère de » peu considéré. Alors qu’il peut enfin démontrer tout son talent, il n’en est rien. Peu avant sa signature, une jeune femme dépose une plainte pour agression sexuelle dont il sera innocenté un mois plus tard. Dans le même temps, il fait les gros titres pour avoir séché un rassemblement des U21 français. Pas finaud, Theo se laisse prendre en photo en train de se la couler douce à Marbella. Sylvain Ripoll décide donc de le bannir des rassemblements. La réponse de l’intéressé ne se fait pas attendre : il laisse planer un doute sur nationalité sportive. Mais comme ses performances sont en chute libre, la Furia Roja ne donne pas suite. Devenu indésirable, il se retrouve prêté à la Real Sociedad la saison dernière. Theo retrouve un niveau correct et récupère quelques lettres de noblesses. Grâce à cela, il obtient une seconde chance au Milan AC.

Bousculer les forces en présence

Actuellement les deux titulaires du poste sont Ricardo Rodriguez et Diego Laxalt. Passer devant l’uruguayen ne devrait pas poser de problème. Après une saison passée sur le banc, l’ancien joueur du Genoa semble atteint mentalement et bloqué par un plafond de verre. Reste le cas du suisse à régler. Loin du niveau qui avait fait de lui l’un des latéraux les plus prisés du monde, le numéro 68 reste une valeur sure dans l’effectif rossoneri. Hernandez arrive avec des atouts qui peuvent venir titiller l’helvète. Bon contre-attaquant, solidité défensive correcte et pied gauche soyeux, autant de qualités que nous attribuions à Rodriguez. De plus, avec un transfert tôt, il a pu assurer sa présence au ritiro et pourra être testé rapidement par Giampaolo. Dernier point à ne pas oublier : le montant investi sur le français laisse présager une vente d’un des deux latéraux précités. Hernandez a donc son destin entre ses mains, à lui de ne pas répéter les erreurs du passé.

Aurélien Bayard



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