Handanovic, pas de bras, pas de chocolats

Par Cesco publié le 21 Nov 2020

L’Inter d’Antonio Conte navigue en eaux troubles depuis la reprise. Si l’effectif est d’une qualité reconnue, les résultats eux ne sont pas au beau fixe. 3 victoires en 10 matchs, 1 seul succès sur les 7 dernières sorties et un constat alarmant, la meilleure défense du championnat l’année passée (36 buts encaissés en 38 rencontres) prend l’eau avec déjà 11 buts pris en 7 matchs. Si le départ de Godin et les essais D’Ambrosio/Kolarov en défense centrale ne se sont montrés guère probants, un autre poste inquiète de plus en plus, le gardien de but.

L’amour rend aveugle

Samir Handanovic, c’est 485 matchs de Serie A dans les jambes dont 352 avec l’Inter et 124 clean sheets. En 2019, il prend même le brassard suite à l’affaire Icardi et porte fièrement son badge de meilleur portier de la Serie A attribué par la Lega. Portier de tous les combats, il est le survivant titulaire de l’Inter du déclin entre 2012 et 2017. Il a sauvé les siens plus d’une fois, ça c’est vrai, avec des détentes incroyables, des réflexes sortis d’ailleurs et des penalties arrêtés à la louche. Des miracles réguliers qui ne laissaient aucun doute sur sa place parmi les meilleurs au monde. Un joueur de ce calibre et de ce niveau a vite conquis les cœurs interistes, lassés des déceptions annuelles, de mercatos loupés, incessantes. Dans une Inter friable, il s’est illustré. Seulement voilà, l’Inter a passé un cap ces deux dernières années au point de sécuriser sa défense et de laisser entrevoir certaines failles chez le bon Samir.

Moins sollicitée à l’arrière, les parades sont moins nombreuses forcément, il n’en reste pas moins que sur certaines situations bien précises, Handanovic semble subir le poids des années, subitement. Oui car la défense de l’Inter n’a pas changé fondamentalement sa solidité dans le 3-5-2 bien qu’il y ait quelques espaces en plus, seulement voila, remettre la faute sur les défenseurs ne suffit pas toujours à analyser les performances d’un gardien. Ce serait comme prendre en compte les parades d’un gardien face à un attaquant pour justifier son manque de buts en fin de saison. Improbable. L’Inter en 7 matchs a subi 22 tirs cadrés. Elle a encaissé 11 buts. Une statistique folle. 1 tir cadré sur 2 finit sa course au fonds des filets d’un Samir Handanovic souvent impuissant au point que les tifosi interistes ont surnommé son (in)habileté : la parade laser avec le regard. Grave. Cette remise en cause aurait du pourtant commencer bien plus tôt car les signes annonciateurs se sont montrés dès 2016. Mais c’est vraiment en 2018/2019 que ça a pris tout son sens. Lorsque l’équipe est un peu plus en difficulté, Handanovic n’assume plus son rôle et c’est bien dommage.

Il est temps de sortir, dans tous les sens du terme

Des lacunes criantes qui se traduisent par certaines situations loufoques. Des sorties aux fraises comme face à l’Hellas, ou encore deux fois face au Torino, il y a 1 et 2 ans, de Belotti pour des résultats identiques : but. Récemment, ces situations récurrentes lui sont reprochées : trop souvent collé sur sa ligne dans les moments chaud où il faudrait sortir pour rassurer sa défense, peu à l’aise avec ses couvertures de premier poteau et des réflexes en bernes, il abandonne son but sur les rares moments où sa défense faiblit. On ne compte plus les centres à ras terre sur lesquels Samir reste dans son rectangle alors que son envergure et une légère anticipation lui permettrait d’intercepter. On ne compte plus non plus le nombre d’appuis prononcés avec cette tête tournée vers un ballon se dirigeant dans les buts qui semble faussement inaccessible. Aujourd’hui, l’Inter compte ses blessés, ses positifs au COVID et ses matchs incessants pour ses joueurs au calendrier. Alors il serait temps d’arrêter de compter les buts encaissés et de réagir. Et si cela passe par une promotion de Radu à tenter en cours de saison. Alors pourquoi pas ?

Cesco

Rédacteur en Chef



Lire aussi