Handanovic, ça commence à se voir

Par François Lerose publié le 03 Déc 2018

Longtemps l’Inter a cherché à compenser ses carences sur le terrain. Le poste de latéral, le milieu de terrain, l’attaquant qui pourrait se compléter avec Mauro Icardi. Mais dorénavant et depuis quelques temps, la question du poste de gardien de but suscite bon nombre de réactions et le match face à l’AS Roma d’hier soir ne fait office que d’eau supplémentaire qui vient s’ajouter au moulin des détracteurs du bon mais néanmoins contesté et contestable, Samir Handanovic.

Mais quel est le problème ?

S’il n’y en avait qu’un ce serait acceptable justement. Mais depuis bientôt deux saisons, Samir Handanovic accumule les soucis techniques qui viennent remettre en cause son statut de meilleur portier de Serie A, titre qu’il porte encore fièrement pour beaucoup d’irréductibles. Premier point, son jeu au pied. Friable lors de ses premières années à l’Inter (et ce même du côté de l’Udinese), le Slovène arrivé à Appiano Gentile en 2012 a su progresser et la tactique interiste s’est développée autour de cette faiblesse, avec les risques que cela comporte. Relances à la main ou courtes sur les côtés lors des six mètres. La dernière citée étant la plus dangereuse car elle force le bloc défensif à rompre l’alignement et risquer un piège du hors jeu loupé en cas de perte de balle. Cela créé énormément d’espace entre les lignes défensives et du milieu, ce qui, si l’adversaire récupère la balle, peut s’avérer fatal Malheureusement, Handanovic ne sait rien faire d’autre et quand il allonge, rare sont les moments où le dégagement se transforme en atout. Manque de longueur, manque de profondeur, manque de vitesse, un jeu au pied qui dérange au moment où les gardiens modernes sont de plus en plus susceptibles d’être les premiers relanceurs de l’équipe. Pour Samir, le wagon a du passer trop tôt et nombreux sont les frissons qui passent par la Curva Nord quand le gardien touche le ballon subissant le pressing des adversaires.

Le deuxième point c’est son manque de réactivité sur certaines phases de jeu. Collé à la ligne, Handanovic est un monstre quand il s’agit de sauver un ou deux tirs à bout portant. En revanche, un centre flottant venant de l’aile ? Un centre en retrait qui lui passe à 2-3 mètres ? Jamais le Slovène ne sortira, où alors c’est un fiasco (son carton jaune contre le PSV par exemple). Un paramètre qui lui a valu d’être très friable sur les coups francs plongeants et autres assauts venus des ailes. On ne compte plus le nombre de buts qu’il a encaissé de cette façon.

Le troisième point, c’est l’immobilité chronique dont le gardien fait preuve sur des buts qui semblent largement atteignables. Capable de parades spectaculaires dans ses moments forts, Handanovic n’est pas le roi du placement et de la reprise d’appui. Hier face à l’AS Roma, il ne bouge pas sur la frappe lointaine d’Under alors qu’elle était largement atteignable. Un constat loin d’être nouveau pour des tifosi de plus en plus nombreux à être frustrés par la grève des plongeons. Et les exemples sont légions.

Et les penalties ?

Véritable machine sur les penalties, Handanovic a toujours ça pour lui ? Non plus. Hormis le penalty d’Antenucci cette saison que l’attaquant tire à côté et celui de Candreva qu’il rentre en deux temps lors de la victoire de la Lazio à San Siro il y a 3 ans, l’international slovène n’a arrêté qu’un seul penalty en Serie A depuis 3 ans et demi. Dernier en date ? Celui de Bernardeschi lors de la victoire de la Fiorentina 5-4 en 2016. Sinon 14 penalties encaissés depuis le printemps 2015. Un constat pas si alarmant que ça, si ce n’était pas LA principale force et caractéristique du gardien recruté sous l’ère Moratti pour remplacer Julio Cesar.

Aujourd’hui, les carences d’Handanovic ne peuvent plus être cachées, d’autant plus que la défense semble retrouver un très bon niveau. Il faut désormais se poser les bonnes questions et envisager une passation sous peu. A 34 ans, Handanovic garde de très bons restes, parfois salvateurs mais trop de déchet qui malheureusement priment aujourd’hui.

 

François Lerose

Rédacteur en Chef



Lire aussi