Hamsik, merci pour tout

Par Rémi Falvo publié le 04 Fév 2019

Une crète. Un brassard. Une idole. Voilà ce qu’était Marek Hamsik pour tout le peuple napolitain. Dans l’avion pour la Chine aujourd’hui, Il Capitano tourne une page longue de presque douze années, et laisse derrière lui un bilan de 521 matchs, 121 buts, et 111 passes décisives. Retour sur la plus grosse partie de la carrière qui aura marqué son époque, sa région, et surtout son club.

L’adopté

Quand Marek arrive à Naples, il a tout juste 19 ans. Brescia vient de laisser partir un de ses jeunes espoirs, avec toute sa carrière devant lui. Il rejoint un club du Napoli tout juste promu en Serie A, et suit donc le schéma classique du jeune joueur prometteur rejoignant le « petit » club de Serie A dans lequel il aura du temps de jeu. Le club déboursera un million d’euros. Aujourd’hui, le club chinois du Dalian va débourser 18 millions et un salaire à 9 millions par an sur trois saisons pour s’offrir ses services. Cette première saison est un baptême du feu pour lui, il dispute 37 matchs, marque neuf buts, et acquiert le surnom de Marekiaro de la part des tifosi, voyant en Hamsik le reflet de leur mer tant aimée. Cette saison, le Slovaque n’est pas la seule recrue. En effet, un homme tatoué, aux cheveux longs et portant des sandales en toutes circonstances débarque à ses côtés : Ezequiel Lavezzi. Joli tableau. Les deux ensemble, peu après rejoints par Edinson Cavani, vont faire un malheur en Serie A, et traumatiser la moitié des défenses du championnat. Au point qu’encore maintenant, avec l’armada offensive qu’il possède qui rend jalouse la moitié de l’Europe, le Napolitain parle de cette époque avec nostalgie. Cette époque-là, c’est le grand retour du Napoli en Champions League. Hamsik en tête. Et cela, personne ne peut l’oublier.

Une époque dorée

2011 pour être exact, quatre petites années après être remontés en Serie A, le Napoli retrouve des sensation européennes, Hamsik en première ligne. Entre temps, il est passé du gamin prometteur au plus jeune capitaine de l’Histoire du club. Une toute autre gueule. Un tout autre statut qu’il assume de la meilleure des manières possibles. Extravagant dans son look, il n’en a pas moins l’attitude d’un meneur d’hommes, d’un capitaine, et d’un homme de confiance. Il fait preuve d’une incroyable régularité, que ce soit sous Mazzarri, Benitez, ou Sarri les premières années, le milieu offensif ne déçoit quasiment jamais. Il régale de passes décisives, il est au four et au moulin pendant tout le match, faisant des remontées de balles éclair sa spécialité. En réalité, Hamsik n’avait pas besoin de cette apparence pour avoir un style. Son aura et ses prestations se suffisaient à elles-mêmes. Mais le temps a passé, et Hamsik a pris un peu d’âge. Il commence à lever le pied, donner quelques prestations décevantes, et laisser systématiquement sa place aux alentours de la 70ème minute. Rien d’anormal, personne n’est éternel, personne n’est infaillible. Ancelotti arrive, et plutôt que de reléguer son capitaine sur le banc, il lui trouve un poste qu’il juge, à juste titre, plus adapté à ses qualités : milieu devant la défense.

Quelques matchs en rodage lui ont permis de prendre ses marques, il avait sensiblement retrouvé un niveau top-européen, qu’on aurait aimé voir s’exprimer en Europa League les semaines prochaines. Mais il n’en sera rien. La victoire 3-0 samedi dernier contre la Sampdoria sera sa dernière avec le Napoli, la dernière au San Paolo, la dernière devant ces tifosi qui l’ont adopté comme leur fils, à qui il déclarait en 2016 :  » je ne pourrais jamais m’en aller, tout le monde m’aime ici, et j’aime tout le monde. » Mais les motivations changent, et aujourd’hui Hamsik quitte Naples, sans avoir réussi à ramener le Scudetto comme Maradona, mais en ayant, d’une manière différente, tout autant marqué les esprits.

Rémi Falvo

Rédacteur



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