Hakimi à l’Inter, un mercato estival lancé sur les chapeaux de roue

Par Fabio Pendolino publié le 08 Juil 2020

Après deux saisons en prêt au Borussia Dortmund, Achraf Hakimi a décidé de quitter le Real Madrid pour rejoindre l’Inter, et donc de suivre le chemin qu’avaient emprunté, entre autres, Cambiasso, Samuel ou encore Sneijder. Comment les Nerazzurri ont-ils réussi à signer un joueur de ce calibre ?

La première hypothèse avancée pour justifier le départ du Real d’Hakimi serait le fait qu’il ne soit pas au niveau pour évoluer avec les Blancos. L’entraîneur du club madrilène, Zidane, ne s’est pas trop étendu sur la question et explique qu’il y a deux aspects à voir, le sportif et l’économique. Plutôt que de croire qu’Hakimi a été « rejeté » par le Réal, il faut voir ce qu’a dit son agent, Alejandro Camano. Entre la présence de Carvajal, titulaire indiscutable, et la défense à quatre du club espagnol alors que le défenseur marocain a des qualités qui s’expriment mieux dans le rôle de tuttofascia, comme à Dortmund et à l’Inter, « un retour d’Hakimi au Real n’est pas opportun pour l’instant ». Après 73 matchs, 12 buts et 17 passes décisives en deux ans à Dortmund, risquer de devoir passer une grosse partie de la saison sur le banc d’une équipe pas adaptée justifie ce choix de ne pas rentrer à Madrid. Son agent explique surtout que Conte « a toujours été en contact avec Hakimi et lui a déjà parlé du projet futur du club. Je pense que quand un tel entraîneur t’appelle avec une si grande insistance, cela montre qu’il te veut fortement dans son équipe».

Sans aller trop vite en besogne, étant donné qu’on attribue des lacunes défensives au joueur, il semble en effet qu’Hakimi soit un des profils qui puissent correspondre le mieux au schéma de Conte. D’autant plus que ces lacunes sont souvent attribuées aux joueurs venant de championnats étrangers. Toutes les données statistiques vont dans le bon sens, à l’heure où le côté droit des Nerazzurri est animé, non sans peine, par Moses et Candreva. Hakimi est ainsi le joueur du Borussia Dortmund à avoir le plus de minutes jouées (hors gardiens) en Bundesliga cette saison, a réussi le plus de centres cette saison (18) et est deuxième joueur (dans l’effectif de Dortmund, derrière Sancho) à avoir réussi le plus de dribbles (70) en Allemagne. La Gazzetta le définit ainsi comme un prototype du latéral moderne, une locomotive rapide et technique, avec des capacités de dribble et de de finition. Le journaliste Giulio Di Feo va même jusqu’à le qualifier de « mix entre Cancelo et Marcelo ». Mica male.

Alzare l’asticella

L’Inter signe ainsi un joueur jeune, déjà établi après deux saisons dans un gros club européen, avec une importante marge de progression alors qu’il fêtera ses 22 ans cette année. Le fait qu’il joue à un poste où il est difficile de recruter rend ce transfert d’autant plus impressionnant : dans quel club italien majeur Hakimi ne pourrait-il pas débarquer avec une étiquette de top player ?

Côté finances, Hakimi arrive à Milan contre une indemnité de transfert de 40 millions d’euros (+5 de bonus liés à la victoire de l’Inter dans une compétition la saison prochaine, selon AS) et un contrat de cinq ans, à 5 millions d’euros nets par saison (juste derrière Lukaku et Eriksen à 7,5m / saison plus bonus). Le timing du transfert est important : annoncé le 2 juillet, il a sûrement été conclu quelques jours plus tôt pour permettre au Real de l’insérer dans le bilan avant la fin d’année fiscale du club. Hakimi étant arrivé chez les jeunes du club en 2006, leur plus-value sera totale. Du côté de l’Inter, alors que des rentrées d’argent sont prévues grâce aux différents sponsors, étaler la dépense sur cinq ans ne devrait pas trop alourdir le bilan financier malgré son salaire important. Surtout, la Beneamata ne semble pas rassasiée en continuant sa poursuite de Kumbulla, et surtout de Tonali. Au final, l’arrivée d’Hakimi ne devrait avoir une incidence que sur le retour à Chelsea de Victor Moses, avec Ausilio et Marotta déjà sur les prochains dossiers pour rattraper la Juventus l’an prochain.

Fabio Pendolino

Rédacteur



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