Gotti à l’Udinese, un intérim qui dure

Par Gilbert Simonutti publié le 29 Fév 2020

Arrivé à Udine l’été dernier en tant qu’adjoint d’Igor Tudor, Luca Gotti a pris la place du Croate une fois celui-ci limogé pour un intérim d’un match ou deux. 17 rencontres plus tard, il est encore là. Explications.

A la question, qui est l’entraineur de l’Udinese, beaucoup de monde ne saurait pas apporter une réponse concrète. Et pour cause. Luca Gotti, 52 ans, n’aurait dû être qu’in intérimaire du poste. Un traghetatore comme on dit en Italie ou un Caretaker pour le faire à l’anglaise vu qu’avant d’arriver dans le Frioul, il était l’adjoint de Maurizio Sarri à Chelsea. Mais, presque 4 mois après son intronisation sur le banc de l’Udinese, Luca Gotti est pourtant toujours là. De plus, fait rare dans le milieu, le natif de Adria (province de Rovigo) ne voulait pas du poste, « la gloire et la notoriété ne sont pas les choses les plus importantes dans la vie » répondait-il en substance aux journalistes curieux de son peu d’entrain à saisir sa chance comme entraineur principale.

Si son discours a un peu évolué depuis, « je prends du plaisir, j’en profite et ça durera le temps que ça durera », Luca Gotti reste avant tout un technicien compètent qui met le travail du quotidien avant tout le reste. Entraineur malchanceux à Treviso et à la Triestina en Serie B (les deux clubs ont fait faillite) au début de sa carrière, Gotti a ensuite été pendant plusieurs saisons l’adjoint de Roberto Donadoni avant de rejoindre Maurizio Sarri à Chelsea en lieu et place de Martusciello qui ne souhaitait pas quitter l’Italie. S’il était un peu déçu de ne pas avoir suivi Sarri à la Juve, il s’est vite intégré à Udine au coté de Tudor. Son excellent travail de l’ombre n’étant pas passé inaperçu, la famille Pozzo a très vite estimé que ses capacités étaient celle d’un entraineur en chef jusqu’à luis donner la suite du Croate le 1er novembre dernier.

Une équipe solide et pragmatique

Reconduit match après match par sa direction, Luca Gotti restera au poste jusqu’à la fin du championnat malgré ses réticences initiales. Son travail est très apprécié en interne et les tifosi voient d’un bon œil son flegme et son sérieux. A défaut d’être enthousiasmante, son Udinese est solide et pragmatique. Gotti a d’ailleurs dit dès le début que le plus important était de stabiliser l’équipe et de la ramener au-dessus de la ligne de flottaison. En 17 rencontres, ce travail est en bonne partie réalisé. Les Zebrette gardent la tête hors de l’eau et même si elle n’est pas à l’abri de tout danger, l’équipe répond présent à chaque rencontre. Ce qui n’est pas rien comparé aux trous d’air rencontrés la saison passée ou encore à la fin du cycle Tudor. Tout le monde se sent concerné et des joueurs comme Fofana et De Paul ont retrouvé leur lustre d’antan. Reste, avant la fin de la saison, à trouver la bonne alchimie devant afin de pouvoir « tuer » certaines rencontres à portée de main comme celle de Bologne samedi dernier. Personne ne sait si Luca Gotti continuera la saison prochaine à son nouveau poste ou s’il redeviendra un homme de l’ombre, mais dans un cas ou dans l’autre, les dirigeants bianconeri souhaiteront le garder dans le Nord-est de l’Italie.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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