Gonzalo Maroni : « Donnez-moi un peu de temps et vous verrez »

Par Michaël Magi publié le 29 Juil 2019

Signature surprise du mercato doriano, Gonzalo Maroni a rejoint la Sampdporia en plein mois de juin contre 1M€ avec option d’achat. La supposée pépite arrive de Boca, après un prêt mi-figue mi-raisin la saison dernière avec Talleres. On le dit talentueux, on le décrit comme une sorte de produit hybride à mi-chemin entre Dybala et Pastore, voire en clone de Pablo Aimar. Bourgeon prêt à éclore ou futur flop à moindre coût du mercato ?

Forte tête

Premier constat, le gamin de Córdoba ne doute pas de ses capacités, en dépit du chétif contingent de 26  rencontres auxquelles il a participé depuis le début de sa carrière et d’une saison dernière qui l’a vu devenir l’une des cibles préférées des bouillants hinchas de Talleres. Il est vrai qu’en 17 matchs avec le T, Maroni n’aura montré ses talents qu’avec parcimonie. 2 buts (dont un bijou contre San Lorenzo), 1 passe décisive : c’est peu pour un joueur dont on attend depuis 2 ans monts et merveilles, même si l’on se doit de préciser, à sa décharge, qu’il fut rarement aligné à son poste de prédilection. « Je suis un ailier gauche qui repique dans l’axe, précisait Maroni dans les colonnes d’Il Seccolo XIX tout récemment. Je peux alors tirer ou chercher un soutien. Je suis joueur, mais je suis ici pour apprendre et je dois faire des choses simples. L’entraîneur est très clair sur ce qu’il attend de moi… » Si le discours est humble, il ne se départit pas d’une certaine malice : « Pour le numéro de maillot ?, précise-t-il ainsi, j‘ai choisi le 20… Le 10 aurait été un peu trop, non ? »

Quoiqu’il en soit, les supporters de Talleres n’ont pas versé de chaudes larmes, passée l’échéance du prêt. Un jugement qui tranche avec celui des hinchas du Boca, peut-être moins attachés au gamin qu’exaspérés par une réticence du club à construire sur ses forces vives et son réservoir de jeunes ; ce qu’illustrent l’énième retour de Tevez l’hiver dernier – aussi castrateur pour les pibe qu’improductif – ou la signature de De Rossi.

A l’ombre de Dybala

Cela étant dit, Maroni conserve une part de l’affection des fans. Depuis des débuts professionnels retentissants, remontant à mai 2017 et à une première titularisation sous l’ère Schelotto, pour pallier la blessure de Ricardo Centurion et rebooster un effectif qui s’embourgeoisait à quelques encablures de la fin du championnat. Maroni jouera cette rencontre sans pression et s’offrira un but, contre un Arsenal de Sarandi impuissant. Tout le peuple azul y oro se prendra soudainement à rêver de voir exploser une nouvelle étoile en son sein et s’amourachera de ce gosse frêle d’origine indigène, doté de qualités techniques hors norme, acheté 6,5 millions de pesos deux ans plus tôt à l’Instituto Cordoba – dont sont par ailleurs sortis des géants du foot argentin : Kempes, Ardiles ou… Dybala.

Deux années après cette première pleine de promesses, Maroni n’a pas confirmé et il sait sans doute que le temps passe vite. Comme il sait aussi que longue est la liste des joueurs qui n’ont comme seul titre de gloire, que d’avoir réussi leurs débuts, portés la fougue et l’insouciance qui caractérisent parfois la jeunesse. A ce titre, son arrivée à Gênes pourrait constituer une réelle opportunité. Parce que Di Francesco est passé maitre dans l’art de faire grandir les jeunes pousses à vitesse Grand V. Parce que son schéma tactique pourrait également lui offrir l’opportunité de jouer, sur ce côté gauche qu’il affectionne, à son poste de prédilection. Maroni n’a guère que 20 ans : à cet âge, il n’est pas anormal de subir quelques retards à l’allumage. Il lui reste encore un peu temps – à condition de ne pas griller tous ses jokers – pour donner raison à Hector Mantoni, coach des équipes de jeunes de l’Instituto, qui affirmait sans sourciller en 2017 que Maroni était doté de qualités supérieures à Dybala (au même âge) et qu’il ne lui faudrait que 3 ans pour débarquer en sélection argentine et éblouir le monde. Pour ce faire, il lui faudra approprier un football plus tactique qu’ailleurs et annihiler une concurrence que le mercato pourrait étoffer. Personne ne sait, lui mis à part, s’il en est capable.

Michaël Magi



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