Giuseppe Rossi de nouveau à l’heure espagnole

Par Joachim Houbib publié le 26 Jan 2016

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« Solo un arriverderci ». Seulement un au revoir. Des paroles teintées d’amertume, sûrement d’une pointe de soulagement. De toute évidence, ce n’est très certainement pas comme cela que Giuseppe Rossi avait imaginé son départ de Florence. Un départ dont les contours se sont dessinés au gré de ces semaines d’hiver compliquées, faites de prestations décevantes et de déclarations répétées sur son manque de temps de jeu qui ont fini par le rendre inéluctable. Ainsi, à l’heure où la Viola se reprenait en s’imposant face au Torino, l’attaquant azzurro avait déjà gagné les bords de la Comunitat Valenciana. Non loin du Madrigal, l’antre du sous-marin jaune où il a si souvent brillé, c’est à Levante, en plein cœur de Valence, que Pepito Rossi va tenter de retrouver de la prestance, et relancer ainsi une nouvelle fois une carrière trop souvent meurtrie par l’infortune.

À la recherche du temps perdu

À peser le pour et le contre, Beppe Rossi a donc sacrifié les belles perspectives qu’offrait la seconde moitié de saison florentine pour des opportunités de temps de jeu accrues. Un choix qui se discute sans doute, mais qui apparaît néanmoins compréhensible tant son retour à la compétition sous les couleurs viola aura été délicat. En manque de rythme, il n’a été utilisé qu’avec parcimonie par Paulo Sousa qui ne lui a offert qu’une petite dizaine d’apparition en Serie A (368 minutes jouées) pour un rendement famélique. Loin, très loin de ses débuts tonitruants il y a maintenant deux ans et demi. En rejoignant les Granotes (en prêt avec option d’achat et clause de contre-rachat), Pepito Rossi devrait ainsi jouir d’une liberté plus affirmée dans un effectif où la concurrence est sans commune mesure avec le contexte toscan, qui plus est dans un championnat qu’il connaît parfaitement et qui lui a toujours réussi. De quoi retrouver plus sereinement une confiance perdue de longue date, avec l’ambition non dissimulée de se faire une place pour l’Euro 2016. Une échéance qui sera très certainement l’ultime opportunité de disputer une compétition internationale vêtu du maillot azzurro.

Quant à la Fiorentina, si elle se sépare de l’un des joueurs sur lequel elle avait fondé le plus d’espoirs ces dernières saisons, elle se réserve tout de même l’opportunité de poursuivre l’aventure débutée il y a trois ans. Une histoire dont on pourra retenir les coups d’éclat, et ces trois banderilles plantées dans l’échine du rival juventino comme point d’orgue d’une fin d’année 2013 si fructueuse. Mais à ces belles pages, l’infortune a ajouté des chapitres bien sombres, qui se sont trop souvent résumés à d’interminables périodes de convalescence, de retours avortés et de cruelles désillusions. Alors, si ce n’était qu’un au revoir, puisse Giuseppe Rossi retrouver de sa superbe et que le livre de sa carrière, à Florence ou ailleurs, ne soit pas tout à fait achevé.

Joachim Houbib

Pigiste



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