Gianluca Vialli, du cancer du pancréas à la Nazionale

Par Boris Abbate publié le 30 Avr 2020

C’était il y a pratiquement deux ans. En fin d’année 2018, alors que le Calcio et la vie de tous les jours poursuivaient normalement leurs cours, Gianluca Vialli prenait tout le monde à contre-pieds lors d’une désormais triste interview au Corriere della Serra : « J’aurais volontiers pu m’en passer, mais je suis en train de combattre le cancer, et je ne sais pas comment cela va se finir ». Des déclarations qui avaient alors profondément boulversé le monde du foot italien, tant le personnage Vialli était toujours aimé et adoré de l’autre coté des Alpes. Mais après deux ans de sacrifices et de combats incessants, l’ancienne légende de la Juventus et de la Sampdoria peut enfin savourer sa plus belle victoire. La maladie semble totalement maitrisée et le bonhomme s’est même lancé dans une folle aventure avec la Nazionale.

17 mois de traitements

Il l’avait d’abord gardé pour lui. Il avait choisi le silence et entamé son dur combat dans la discrétion. Et puis, un soir de  novembre 2018, Vialli s’est exprimé et a avoué pour la première fois la lutte qu’il menait contre le terrible cancer du pancréas. Il en a même profité pour sortir un livre, « afin d’aider le maximum de personnes concernées par cette épreuve« . Solide dans sa tête et challenger dans l’âme, l’Italien n’a pas tergiversé une seule seconde quand il lui a fallu entreprendre le plus important combat de sa vie. Pourtant, les premiers pas avec la maladie se sont révélés assez étranges pour l’éternelle star de la Sampdoria, comme il le résumait encore dans son interview au Corriere della Sera. « Je me suis tout d’abord fixé des objectifs à long terme : ne pas mourir avant mes parents et être présent aux mariages de mes filles. Et puis des objectifs à courts termes, comme affronter l’opération, la chimiothérapie, la radiothérapie et retrouver rapidement un physique convenable ». Au cour de sa convalescence et de ses traitements, Vialli va alors subir pendant pratiquement deux ans 17 mois de chimiothérapie, avec un premier cycle de huit mois consécutifs et un second de neuf. « Un parcours incroyablement dur d’un point de vu physique et mental » comme le résumait une nouvelle fois le bonhomme.

Et ce traitement va laisser des traces. Comme lorsqu’il réapparait pour la première fois sur les médias en octobre dernier. Profondément fatigué, amaigri et le teint pas vraiment verdoyant, Vialli porte alors les stigmates d’une lutte incessante contre un ennemi puissant. Mais après des ultimes semaines à souffrir et à encaisser les lourds effets secondaires des traitements, la magie fait alors son apparition. Il y a quelques semaines, l’ancien attaquant déclare enfin qu’il n’y a plus aucune trace de la maladie. « Je suis heureux et je me sens profondément chanceux. Je peux voir mes cheveux pousser et je n’ai plus à me dessiner les sourcils au feutre » déclare alors l’ancien joueur. La fin d’un interminable calvaire, la fin d’un énorme combat, et le début d’une nouvelle vie. Avec la Nazionale et un vieux pote dans la ligne de mire.

Nommé « chef de délégation » de la Nazionale

Car bien avant sa rémission, en novembre dernier, Vialli fêtait déjà sa première en tant que chef de délégation de la Nazionale lors d’un match face à la Bosnie. Un rôle spécialement taillé pour lui, qui avait auparavant déjà été occupé par l’immense Gigi Riva. Dans le staff de Mancini et aux cotés des joueurs et autres dirigeants, Vialli pourra alors mettre à contribution toute son expérience, lui qui totalise 59 matchs en Nazionale et des titres en pagailles éparpillés de la Samp’ à la Juve jusqu’à Chelsea. D’ailleurs, le symbole est saisissant puisque le garçon retrouvera sur le banc un ancien coéquipier notable et un véritable ami en la personne de Mancini, avec qui il écrira l’une des plus belles success-story du Calcio avec la Sampdoria dans les années 80-90. Un kiff général pour tous les fans de foot, et l’occasion rêvée pour enfin voir le duo arracher un trophée avec la Squadra Azzurra !

Boris Abbate

Rédacteur



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