Gervinho, le rideau n’est pas prêt de tomber

Par Loris Meucci publié le 29 Déc 2018

De retour en Serie A après deux ans d’exil doré en Chine, Gervais Lombe Yao Kouassi dit Gervinho continue de froisser des reins pour le plus grand bonheur du Parma Calcio. A 31 ans, l’Ivoirien a deux grands objectifs : aider son club à se maintenir et retrouver son équipe nationale. C’est plutôt bien parti.

Un pari d’ores et déjà gagnant

Si l’arrivée estivale de Gervinho à Parme était porteuse d’espoir, elle fût aussi accompagnée de son lot de doutes. Et pour cause, le marasme sportif qu’a connu le joueur depuis janvier 2016. Son expérience chinoise se résumant à une vingtaine de matchs, une poignée de buts (4) et un ligament du genou rompu. Il aura donc autant foulé la Grande Muraille que le rectangle vert. Les interrogations quant à sa compétitivité étaient donc légitimes.

Cependant, la gâchette parmesane a très vite décidé de tordre le cou au scepticisme naissant. Dès sa première titularisation face à la Juventus, il se montre en jambes et inscrit un but de renard égalisateur. De quoi faire chavirer l’Ennio Tardini. Quelques jours plus tard lors de la 5ème journée face à Cagliari, il signe définitivement son grand retour dans la Botte au terme d’une chevauchée Gervinhesque : 80 mètres de course où il déroute un à un les Sardes avant de crucifier Cragno d’une frappe limpide. Du grand Gervinho.

Malgré quelques petits pépins physiques, il est l’actuel co-meilleur buteur du club en compagnie de Roberto Inglese avec cinq réalisations. Quatre d’entres elles ont d’ailleurs permis aux gialloblù de s’imposer. Gervinho court, marque et pèse. Le tout à paramètre zéro. Un pari gagnant ? Mieux. Une affaire qui roule.

L’heure des retrouvailles

Cet après-midi, « Er Tendina » (le rideau) comme le surnomme les romains en référence à son système capillaire particulier, affronte son ancien club. « A Rome je me sentais très bien. J’ai appris une autre façon de concevoir le football… J’ai compris ce qu’était ce sport pour les italiens. Ailleurs, le football dure le temps d’un match. A Rome, on le vit 7 jours sur 7. » Parmi ses coéquipiers de l’époque, beaucoup sont depuis partis. Seuls De Rossi et Totti l’ont vraiment côtoyé. Un convalescent et un retraité pour qui il a beaucoup d’estime : « Ce fût un régal de jouer avec eux. Totti est le meilleur de ces trente dernières années. Il t’envoie devant les cages avec les yeux… » L’illustre Capitano avait été tout aussi élogieux envers l’Ivoirien : « C’est un monstre. Si il marquait plus souvent, il serait au même niveau que Cristiano Ronaldo. »

Toujours est-il qu’à l’heure du coup d’envoi les politesses ne seront pas de mise et la flèche ivoirienne fera tout pour dévorer le moindre espace que lui laissera son adversaire. Quelque peu exempté des tâches défensives par son coach Roberto D’Aversa, l’ailier virevoltant bénéficie de ce fait d’une fraîcheur offensive de tous les instants et d’une lucidité accrue dans les derniers mètres. Un homme à surveiller de près même si de son côté, Eusebio Di Francesco semble avoir la parade pour stopper le Jaguar  : « J’ai fait acheter 3-4 fusils au club… (rires)… Nous devons assurer la couverture en étant constamment en supériorité numérique. Nous devons être bons dans la lecture, en cherchant de limiter ses départs… Mais le fusil peut être une bonne solution. » Alors, qui fera feu en premier ?

Loris Meucci



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