Générations Palermo

Par Florian Giunta publié le 24 Nov 2019

«Palermo bello e invicibile» titrait la Gazzetta dello sport le 29 octobre dernier. Avant le match du jour contre Messina, Palermo c’est dix victoires sur douze possibles (dont dix de rang), huit points d’avance sur le second, Savoia. Bref, mieux que le Bari de De Laurentiis impressionnant l’an dernier en Serie D. Hors du terrain, après une crise sévère, tout concours à ce que cela marche : projet structuré, ambitieux et engouement populaire. Sur la pelouse, ça fonctionne aussi. Calciomio entre dans le vestiaire des aigles.

Une politique de recrutement réfléchie et… efficace

Largement devant, Palermo est meilleure attaque (deux buts par match) et meilleure défense (7 buts encaissés seulement) de son groupe. Pourtant l’équipe ne s’est rencontrée au quasi complet que le 12 août… A la douzième journée, 31 points sur 36 possibles en présentant deux visages. Dans son antre du Barbera, un jeu léché et à l’extérieur l’humilité de ceux qui savent souffrir. Cette équipe-caméléon a l’instinct du tueur : à Nola, 1 tir et un but suffisent. A quoi le doivent-ils ? A l’instar du Liverpool de Klopp, les recruteurs ont d’abord veillé à l’état d’esprit des joueurs. Sforzini (la doublure du buteur Ricciardo) a joué en A et la Champions league avec Cluj mais tweete : «Engagement et sacrifice = succès». Les responsables du scouting ont diversifié les profils. Menés contre Licata, les Palermitains gagnent finalement grâce à des buts du jeune Felici et de l’aguerri Santana. Quasi 20 ans d’écart. Comme un symbole. Et à la baguette, un coach quinquagénaire dur au mal, qui s’est fait le cuir en Serie C et D.

Un Mister qui connaît la musique

Nom : Pergolizzi, Prénom : Rosario. Le coach Palermitain parle de sacrifice et de courage. Ce courage dont lui même fait preuve. Blessé, une attelle au genou, Pergolizzi repousse l’opération et on l’a vu parfois à l’entrainement causer tactique en faisant des moulinets avec ses béquilles…  Ce courage, il l’attend de ses joueurs. Tactiquement, il s’appuie sur un trident offensif qui nécessite les efforts de tous pour compenser.  On le dit pointilleux et maniaque quand il travaille les erreurs d’inattention ayant amenées des buts… Afin de soigner l’engagement de tous, il est adepte du turnover. Contre Cornigliano, il fait même entrer le second gardien en plein match…

Des joueurs expérimentés qui assurent et des jeunes joueurs prometteurs

Palermo compte dans son effectif de nombreux joueurs qui auraient été susceptibles de jouer dans des divisions supérieures : Pergoletti, Lancini, Crivelli, Martinelli, Martin, Santana et Sforzini notamment. Parmi eux des revanchards comme Edoardo Lancini. 25 ans et défenseur central qui a marqué deux buts (et qui peut battre le record de cinq buts marqués par un défenseur central à Palermo). Il a joué 68 matchs à Brescia puis s’est cassé un doigt. « Le banc me détruit » dit-il, donc direction la serie D. Alberto Pelagotti est un excellent gardien pour la catégorie et l’attaquant Giovanni Ricciardo (32 ans) dont la carrière oscille entre C et D est fort de huit buts et est l’un des artisans du très bon début de saison.

Une recrue qui joue avec la nostalgie : Mario Santana, 37 ans, qui a vécu des saisons en Serie B en est à son troisième engagement avec Palermo. Malaury Martin, le français de 31 ans passé par Monaco débarque en Sicile après une expérience douloureuse aux Heart of Midlothian. Il fait le regista et craquer le coeur des tifosi. Côté jeune, Mattia Felici, 18 ans trequartista et attaquant prêté par Lecce s’impose comme un précieux passeur décisif. Danilo Ambro, 20 ans est un rapide milieu terrain longiligne d’1m87 qui s’avère très complet et surprend.

Ce bel amalgame entre ceux qui veulent renaître, ceux qui ne veulent pas mourir et les jeunes qui veulent éclore est une réussite. Les clubs de Serie D sont contraints d’aligner quatre joueurs nés avant 2001 et Palermo se sert de cette contrainte comme d’une opportunité. L’obsession de la Serie A occupe tous les esprits et chacun s’y emploie quelque soit ses perspectives de carrière. A Palermo, on ne compte pas que sur Santa Rosalia pour gagner des matchs…

NDLR: A l’issue de la treizième journée disputée dimanche 24 novembre, Palermo compte onze victoires sur treize possibles soit 34 points (dix points sur le second Licata). 

Florian Giunta



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