Gattuso-Inzaghi-Pirlo : L’école Ancelotti

Par Julien Ruis publié le 18 Sep 2020

Cette nouvelle saison de Serie A offre aux tifosi du Milan AC une vague de nostalgie. En effet, à l’orée de ce nouveau championnat, on peut noter la présence de trois légendes milanaises sur des bancs de Serie A, héros du dernier trophée européen des Rossoneri : Gattuso au Napoli, Inzaghi à Benevento et Pirlo à la Juventus. Sous les ordres de Carlo Ancelotti, les trois hommes ont su développer leurs envies d’entraîner, auprès d’un coach qu’ils considèrent comme un père spirituel.

Gattuso, Il Ringhio devenu Il Saggio

Le premier du trio à s’être assis sur un banc. Il débute comme entraîneur-joueur à Sion et enchaîne différents clubs (Palermo, OFI Crète, Pisa). Il rejoint la maison mère, le Milan AC, comme entraîneur des U19 puis comme coach de l’équipe première en 2017. Après deux saisons intéressantes (qualifications en Europa League), il décide de partir. En décembre 2019  Gattuso succède à Ancelotti sur le banc du Napoli et l’élève remplace ainsi le maître. Adepte du 4-3-3, il remporte son premier trophée avec la Coppa Italia, mais il n’oublie en rien l’apport de son ancien entraîneur : « Il a été un père pour moi dans le football. Lorsque j’ai eu des moments difficiles quand j’ai commencé à entraîner, je l’ai toujours appelé pour demander son aide. Il a toujours été disponible pour moi. Il a toujours été une référence, que ce soit comme joueur ou entraîneur. J’ai un grand respect pour lui ». Le Calabrais espère continuer sa marche en avant, et pourquoi pas garnir davantage son armoire à trophées comme son illustre prédécesseur.

Inzaghi, l’heure de la confirmation

« Au début, je rêvais de gagner la Ligue des Champions avec le Milan, aujourd’hui je rêve de le faire en tant qu’entraîneur, comme Ancelotti mon modèle ». A la fin de sa carrière, Superpippo officialise son admiration pour son ancien mentor. Ambitionnant un parcours similaire, il prend la direction de l’équipe première du Milan AC en 2014. Après une saison en demi-teinte, il est remercié et voit ainsi sa première expérience sur un banc de Serie A tourner court. Un an plus tard, il s’exile à Venezia. Voulant s’imposer au sein de l’élite du Calcio, il prend place sur le banc de Bologna en 2018 mais l’expérience se révèle infructueuse. Il décide de redescendre à l’étage inférieur et prend les rênes de Benevento. Sous son impulsion, le club réalise une superbe saison (25 victoires, 8 nuls et 4 défaites) et finit champion. Mais c’est surtout la patte d’Inzaghi qui est enfin gratifiée avec l’utilisation du fameux 4-2-3-1. Il est le seul du trio à utiliser la tactique milanaise de son ancien coach. De retour au sein de l’élite, il est parfaitement conscient des attentes suscités sur lui et son équipe : « J’ai dis aux joueurs d’oublier la saison dernière, qui restera extraordinaire. Nous devons nous préparer au mieux car la saison à venir sera bien plus difficile ». Après ses précédents échecs, il voudra enfin s’affirmer et prouver qu’il est bien un digne héritier d’Ancelotti.

Pirlo, Il Maestro à l’école Bianconera

Considéré toute sa carrière comme un maître tacticien sur le terrain, le fait de voir Andrea Pirlo embrasser la carrière d’entraîneur relève plus de la logique que de la surprise. Marqué par son passage au Milan AC, il le fut surtout par le management de Carlo Ancelotti : « Il est comme un père. Il a changé ma carrière. Nous avons vécu ensemble des moments inoubliables. Notre passé est important. Carlo est comme un père, un maître. Avec lui, j’ai passé les plus belles années de ma carrière ». Initialement nommé entraîneur des U23 de la Juventus, il succède à Sarri à la tête de l’équipe première. Cette nomination est plutôt bien accueillie par les tifosi et par son groupe. Les cadors du club ont tous validé son arrivée et les nouveaux venus sont enthousiastes, à l’image de Rabiot : « avoir un coach comme Pirlo, pour moi, milieu de terrain, c’est pratiquement le must ». Fraîchement diplômé de sa licence UEFA Pro, le nouvel entraîneur a déjà une idée précise du style de jeu et de la tactique (3-5-2) qu’il souhaite mettre en place, au travers de sa thèse divulguée. Son début de saison sera scruté à la loupe mais Il Maestro est prêt à répondre aux attentes, comme il l’a toujours fait.

Julien Ruis



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