Frustalupi, le gars derrière Mazzarri

Par Florian Giunta publié le 04 Nov 2018

Ce dimanche, lors de Sampdoria-Torino comptant pour la 11ème journée de Serie A, Nicolò Frustalupi sera seul sur le banc alors que Walter Mazzarri sera face à un écran installé dans un box pour la presse. Qui est Nicolò, fils de Mario – icône de la Sampdoria et de la Lazio –  et adjoint de Mazzarri depuis 16 ans ?

Tombé dans la marmite du Calcio

3 décembre 1976 : naissance de Nicolò Frustalupi. Quelques mois auparavant, son père, joueur de Cesena, affronte le 16 mai 1976 lors du dernier match de championnat, le Torino de Pulici qui remporte son 7ème scudetto. En 2011, il napolista demande à Nicolò qui est son idole ; il répond « mon père« . De son père, il a la coupe de cheveux et les traits, certainement pas le talent. Celui qui ne sera qu’un modeste milieu de terrain à Poggibonsi, Riccione et Pistoiese stoppe sa carrière de footballeur à 24 ans. Au contraire de papa il n’est pas un bon regista. Au contraire de Papa Nicolò ne gagnera pas de titres (Mario compte deux scudetti avec l’Inter en 71 et la Lazio en 74). Au contraire de papa il ne jouera pas de finale de Champions League contre l’Ajax. Devenu concessionnaire Lancia et dirigeant à Pistoia, Mario Frustalupi meurt dans un accident de la route le 14 avril 1990. Nicolò a 14 ans. Aujourd’hui, comme papa auparavant, il aime faire des petits ponts et apprécie de faire enrager ses copains dans les parties de foot improvisées du dimanche.

Fidèle à Mazzarri

En 2002, Walter Mazzarri devient le coach de l’US Pistoiese 21, club de la ville toscane de Pistoia, évoluant en série C.  Nicolò en est l’un des salariés et s’occupe entre autre du journal du club. Les deux hommes ont un bon feeling et Nicolò devient son adjoint le 1er juin 2002. Depuis, les deux hommes ont tout connu ensemble : de l’épopée de la Reggina (04-07) au pénible passage à l’inter (13-14) en passant par un an et demi de chômage. Mais aussi  : Livourne (03-04), la Sampdoria (07-09), le Napoli (09-13), Watford (16-17) et maintenant le Torino depuis le 5 janvier 2018.

Les deux hommes se vouvoient ce qui ne nuit pas à la compréhension mutuelle. On parle de Nicolò comme d’un cerveau, dévorant des heures de vidéos, comme d’un gros travailleur échangeant avec Walter sur les changements, les choix tactiques… Jamais l’adjoint ne tire la couverture à lui. Seul sur le banc en février dernier pour un match victorieux contre l’Udinese, il ne s’en attribue pas les lauriers :  “tout était prévu avec le Mister selon les événements du terrain. Le passage à trois défenseurs en cas d’avantage était une chose décidée dans la semaine ». Nicolò, Monsieur loyal.

Nicolò, porte-bonheur ?

Son surnom ressassé par la presse : le talisman. Nicolò gagne souvent quand il remplace Walter. Ce surnom, il l’a gagné au Napoli lors des huitièmes de finale de C1 en 2012 contre Chelsea. Les Partenopei gagnent 3-1 au San Paolo avec Nicolò sur le banc. Walter reprend sa place, le Napoli perd le match retour… 4-1.  Nicolò revient seul sur le banc contre l’Udinese, en février dernier et une victoire 2-0 dont un but de Belotti qui revenait d’une période creuse. Avec « le talisman » aux commandes, bis repetita ? Il Gallo se remettra t-il à chanter au stade Ferraris de Gênes ?

A la fin de sa carrière, Mario Frustalupi disait : “les joueurs de foot ont besoin de se sentir importants, indispensables, regardés avec attention« . Pas de trace de narcissisme ni de quête de notoriété chez Nicolò décrit comme discret, humble, courtois. Un jour, peut-être, se souviendra t-il de son père qui lui soufflait « Joue aussi du gauche« pour varier son jeu. Et ainsi, après le fidèle second, Nicolò deviendra t-il – qui sait – le boss pour ne plus être « le gars derrière »…

Florian Giunta



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