Francesco Fourneau, vraie explication pour fausse punition

Par Aurélien Bayard publié le 29 Oct 2020

En trois actes Francesco Fourneau est devenu LE véritable protagoniste de la rencontre Crotone-Juventus. Il a commencé par accorder un penalty aux Calabrais, puis a expulsé Chiesa pour enfin refuser un but de Morata en position de hors-jeu. Malgré ces trois bonnes décisions, l’homme en noir s’est retrouvé sur les prés de Serie B la semaine suivante. Suite à cela, une polémique est née…

Icone malgré lui

Le coup de sifflet final a à peine retenti dans le stade Ezio-Scida que Francesco Fourneau devient un « meme ». A la patrie des « anti-juve » reconnaissant, il met du baume au cœur sur toutes les « mano di Sandro » non sifflées et des penaltys cadeaux. L’arbitre aux origines françaises accède donc au rang d’idole dont la photo pourrait être glissée soigneusement dans tous les portefeuilles.

Mais ce n’est pas tout. Les réseaux sociaux – dont la bêtise est souvent raillée – prennent peur et craignent pour la suite de sa carrière. Ils organisent des campagnes de protection afin d’éviter toutes représailles sportives qui pourraient nuire à son évolution professionnelle. Car, à vrai dire, Fourneau est amené à devenir un incontournable de la Serie A.

Primavera, Serie C, Serie B, l’homme en noir gravit les échelons en laissant toujours derrière lui le sentiment du travail accompli. La Commission nationale des Arbitres le récompense en lui laissant arbitrer un Juventus-Sampdoria décisif pour l’attribution du scudetto ainsi que la finale des play-offs de Serie B entre Frosinone et La Spezia. Alors pourquoi autant de considérations si c’est pour le rétrograder ensuite ?

Polémique en carton

La réponse est simple, il n’y a eu aucune rétrogradation. Remontons 10 ans en arrière, lors de la saison 2009/2010. Deux commissions arbitrales sont créées – une pour la Serie A et une pour la Serie B – chacune désignant un arbitre pour les matchs de sa ligue.

En septembre 2020, Marcello Nicchi – président de l’Association Italienne des Arbitres – décide de fusionner ces deux commissions. Résultat des courses, 48 hommes en noir peuvent voguer entre élite et antichambre du football italien.

Nicchi voit plusieurs avantages dans cette réforme. Le premier, une inclusion progressive des arbitres novices pour les familiariser avec le haut niveau et la pression associée. Réciproquement, les sifflets les plus expérimentés peuvent prendre part à un match complexe de Serie B. Ce n’est donc pas un hasard si nous avons croisé Daniele Orsato lors du Monza-SPAL.

Le second, une manière de préserver la condition physique de ses ouailles. Une rotation naturelle s’installe et un arbitre central peut se retrouver la semaine suivante assistant voire dans le camion de la tant moquée VAR. C’est ce qui est donc arrivé à notre cher Francesco Fourneau.

Par ailleurs, les 48 hommes en noir devant disputer le même nombre de matchs en tant qu’arbitre principal, il ne sera donc pas rare de voir ces allées et venues se répéter tout au long de la saison.

De retour au Fourneau et au Moulin

Les suiveurs de Serie A auront donc remarqué que Monsieur Fourneau était déjà de retour sur les prés ce week-end. Lors du Fiorentina-Udinese, il a même reçu une salve d’applaudissements de la part des tifosi du club toscan.

Cependant, il ne fallait pas voir en cela un accueil triomphal du héros de tout un peuple mais simplement un remerciement pour avoir expulsé le nouveau traître Federico Chiesa.

Aurélien Bayard



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