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Ragnulf

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    Milan

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  1. Ragnulf

    Napoli-Milan AC

    Je ne voulais pas te décevoir
  2. Ragnulf

    Napoli-Milan AC

    C'est pas du Pirlo, mais il distribue pas mal je trouve en relance courte. C'est toujours sur le bonhomme (et sans trop de risques) et je trouve intéressant qu'il sache trouver le joueur libre, y compris plein axe ; il y en a eu une hier en 2è MT, deux napolitains arrivent pour faire le pressing et il fait tranquille une passe pleine axe pour Kessie qui a pété le pressing. En parlant de Kessie, le premier but est selon moi pour lui en tentant n'importe quoi aux 20 mètres avec deux types sur le dos, même s'il y avait je trouve faute. Et on a pas parlé de la classe de Bonera, avec le combo costard/cravate - doudoune sans manche
  3. Ragnulf

    Napoli-Milan AC

    Il se couche à une vitesse hallucinante En parlant du Frioul, j'ai appris récemment que Capello était originaire de là-bas, je comprends sa bonhommie de mormon....
  4. Ragnulf

    Napoli-Milan AC

    Faut arrêter à un moment avec Gigio ; son jeu au pied était catastrophique. Mais il a beaucoup bossé ; c'est pas devenu Messi (en même temps, c'est pas ce qu'on lui demande), mais il a énormément progressé et c'est devenu très correct. Il ne fait grosso modo plus de boulette en relance courtes et son pourcentage de relance longues est plutôt bon. Et ses arrêts sont toujours aussi monstrueux, comme hier en première période. Quand tu vois certains qui te vendait Meret en Nazionale...
  5. Ragnulf

    Bar sport

    Je vous mets ça là en intégralité car c'est réservé aux abonnés: Assassinat de Samuel Paty : pour Edgar Morin, « le plus dangereux est que deux France se dissocient et s’opposent » Par Nicolas Truong Publié aujourd’hui à 04h09, mis à jour à 05h43 ENTRETIEN« Cette affaire amplifie le développement de la pensée manichéenne, unilatérale, réductrice », déplore le sociologue et philosophe, dans un entretien au « Monde ». Analysant le raidissement des antagonismes entre deux France – l’une humaniste, l’autre identitaire –, il explique comment y résister. Le sociologue Edgar Morin, à Montpellier, le 13 mars 2019. PASCAL GUYOT / AFP Directeur de recherche émérite au CNRS, récompensé par trente-huit doctorats honoris causa dans le monde entier, le sociologue et philosophe Edgar Morin, né en 1921, a notamment écrit La Méthode (Seuil, 1977-2004) et Mes souvenirs viennent à ma rencontre (Fayard, 2019). Son dernier ouvrage, Changeons de voie. Les leçons du coronavirus (avec la collaboration de Sabah Abouessalam, Denoël, 160 p., 14,90 euros), donne des clés pour le « monde d’après ». Dans l’entretien qu’il accorde au Monde, il analyse les nouvelles fractures idéologiques qui traversent notre pays. Dans la France de 2020, cinq ans après « Charlie Hebdo » et le Bataclan, on tue encore au nom d’un dieu. L’assassinat de Samuel Paty et la tuerie de Nice sont-ils le signe que l’histoire est en train de se répéter ? Tout d’abord, il me semble important de me situer avant de considérer ces tragiques événements et de dire, comme il fut autrefois exigé, « d’où parle » l’auteur de cet entretien. En ce qui concerne les religions, je pense que les esprits humains créent les dieux qu’ils adorent et auxquels ils obéissent. Je suis, comme on dit, agnostique. Ou, plutôt, je crois que l’univers comporte un mystère qui échappe aux capacités de nos esprits. Je considère la Bible, fondement des trois religions juive, chrétienne et musulmane, comme un tissu de légendes et de mythes ; mi-légendaires mi-historiques sont également les Evangiles et le Coran. J’admire Jésus sans croire en sa résurrection. Quand les religions sont toutes-puissantes, comme aujourd’hui en Iran ou en Arabie saoudite, j’exècre leur haine des impies, des croyants autres, des non-croyants. J’exècre les interdits qu’elles imposent, notamment aux femmes. Ce fut le cas du judaïsme dans le passé et ça l’est encore pour ses orthodoxes. Ce fut le cas du christianisme pendant des siècles. C’est encore le cas en de nombreux pays de l’islam. « Je suis pour la liberté des femmes qui se dévoilent en Iran et pour la liberté des femmes qui se voilent en France » Je ne confonds pas pour autant islam et djihadisme : entre le pieux musulman et le fanatique meurtrier, comme entre François d’Assise et Torquemada, il y a tout un monde extrêmement divers. Le mot « islamisme » occulte cette diversité pour n’y voir que prosélytisme et refus de démocratie et de laïcité. Certes, la charia est incompatible avec les lois d’une République laïque. Mais la majorité des musulmans de France accepte les lois républicaines et les croyants sont d’autant plus pacifiques qu’ils pensent candidement que leur religion est une religion de paix. L’islam paraît aux Français comme une religion exogène, ce qu’elle est du fait de son origine et de sa langue arabe. Mais c’est en même temps une religion totalement judéo-chrétienne, fondée sur le récit biblique et intégrant Jésus comme prophète. Lire cette tribune de 2016 :Edgar Morin : « Eduquer à la paix pour résister à l’esprit de guerre » J’ai horreur de tout fanatisme meurtrier comme celui qui a sévi au XXe siècle et renaît sous des formes religieuses traditionnelles. J’aime discuter avec les croyants, mais je n’aime pas les offenser ; ne pas offenser ni humilier est mon credo éthique à valeur universelle : le respect d’autrui me demande de ne pas bafouer ce qui est sacré pour lui, mais je me donne le droit de critiquer ses convictions. Le respect de la liberté comporte ma liberté de parole. J’ai ressenti combien pouvait être douloureuse pour les peuples indiens assujettis des Amériques la profanation par les conquérants de leurs lieux sacrés. En revanche, quand la religion est toute-puissante et condamne comme blasphématoire toute non-obéissance – comme le refus du chevalier de la Barre de saluer une procession religieuse ou la fatwa des ayatollahs contre Salman Rushdie –, je me sens du côté des condamnés. D’où cet apparent paradoxe : je suis pour la liberté des femmes qui se dévoilent en Iran et pour la liberté des femmes qui se voilent en France. Voilà « d’où je parle » : ni islamiste ni gauchiste, mais montaigniste et spinoziste. Aussi je souhaite que nous regardions la situation dans toute sa complexité. Ce qui n’atténue en rien la condamnation du fanatisme meurtrier des djihadistes islamistes. Que pensez-vous de la republication des caricatures de Mahomet et de leurs usages, notamment pédagogiques, politiques et idéologiques ? Récapitulons : les caricatures de Mahomet sont une invention non pas française, mais danoise. Ces caricatures établissent un lien ombilical entre le prophète fondateur de l’islam, révéré par les musulmans pieux, et les terroristes djihadistes d’aujourd’hui, ce qui est pour le moins contestable. Elles n’ont pas été reproduites dans des pays libéraux comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, ni dans les pays comme l’Italie ou l’Espagne, dont les lois prohibent les insultes à la religion. La publication des caricatures de Mahomet, même si elle est blasphématoire pour de pieux musulmans, est licite en France, et le droit au blasphème fait partie de nos libertés. Charlie Hebdo est le continuateur, voire l’amplificateur, d’une tradition anticléricale et libertaire française qui a été salubre tant que l’Eglise avait forte puissance sur notre société. Cet antichristianisme s’est atténué avec l’acceptation de la laïcité par l’Eglise, et il est devenu aujourd’hui caduc. L’hebdomadaire satirique a reproduit ces caricatures en 2006, suscitant des réactions laudatives et des réactions critiques, dont une plainte d’associations musulmanes qui est rejetée en procès, en 2007. En 2011, les locaux de Charlie subissent un incendie criminel, puis celui-ci s’oublie. Les attentats de 2015 changent à la fois le sens de l’hebdomadaire et celui des caricatures : Charlie n’est plus feuille satirique mais devient symbole de la liberté d’expression ; les journalistes assassinés deviennent, à juste titre, des martyrs de la liberté ; les caricatures danoises deviennent patrimoine national français. Lire cet entretien de 2015 :Edgar Morin : « La France frappée au cœur de sa nature laïque et de sa liberté » Puis, à l’occasion du procès des assassins de Charlie, l’hebdomadaire décide de republier les caricatures. Cette republication devient l’exemple même de la liberté française, et leur diffusion devient défense salutaire de l’esprit critique. Un professeur d’histoire épris de liberté pense qu’elles peuvent aider à susciter l’esprit critique de ses élèves. Cela provoque, au départ, peu de réactions, à part la plainte d’un père musulman et un apaisement apparemment réussi par la directrice. Mais un prédicateur de mosquée vient souffler sur une braise et la renflamme jusqu’à susciter chez un jeune Tchétchène le geste djihadiste terrifiant de la décapitation. Cet assassinat suscite une immense émotion chez les enseignants et dans toute la société. Elle déchaîne les dénonciateurs du « laxisme officiel » et de la complaisance islamo-gauchiste (notion imaginaire qui unit en elle deux termes considérés comme horrifiques). Emmanuel Macron réaffirme la valeur fondamentale de la liberté républicaine et termine son propos, selon la version alors donnée par les médias, par la promesse que la France prendra la défense des caricatures, comme s’il s’agissait d’un devoir national. Ces propos ont été démentis et atténués par le président dans un récent entretien à la chaîne de télévision arabe Al-Jazira, où il affirme comprendre que les caricatures puissent choquer. Après le choc de ces attentats et leur condamnation unanime, la critique de la transformation des caricatures danoises en emblème de l’identité française commence à se manifester. Est-ce légitime ? L’horreur de la criminelle décapitation du professeur Paty, après celle des assassinats de Charlie Hebdo, a occulté, par son évidence, sa cruauté et sa folie, toute une part de la réalité d’où elle a surgi. Cette horreur inhibe toute tentative de réflexion et de contextualisation, comme si la compréhension portait en elle le vice de la justification. Or il ne faut pas oublier que de telles caricatures choquent les musulmans pieux. Pire, elles ont suscité des folies meurtrières. Enfin, leur officialisation a provoqué de délirantes et innombrables manifestations antifrançaises dans le monde islamique. Il y a certes des cas où l’on doit braver l’incompréhension étrangère, mais il y a aussi des cas où il vaut mieux ne pas la susciter ou l’exciter, surtout en des temps de tensions internationales extrêmes. « Malheureusement, comme en 1914, en 1933, en 1940, puis comme à chaque délire collectif, il y a des philosophes au premier rang de l’hystérie » Il faut être attentif aux effets pervers d’actes à intention salutaires. Il y a parfois contradiction entre liberté et responsabilité de parole ou d’écrit. Nous sommes dans un de ces cas, et nous devons savoir que le choix comporte un risque. Il y a parfois coïncidence entre responsabilité et irresponsabilité ; ainsi, il me semble irresponsable de prendre la responsabilité d’assumer comme vérité de la liberté française la propagation à l’infini de caricatures danoises. Selon ma conception, que je développe dans le tome V de La Méthode, l’éthique ne peut se borner aux bonnes intentions. Elle doit avoir le sens des conséquences de ses actions, qui souvent sont contraires aux intentions. Et surtout, toute décision prise dans un contexte incertain ou conflictuel comporte un risque d’effets contraires. Aussi les caricatures ne peuvent être jugées seulement selon les intentions libératrices ou libertaires de leurs auteurs et diffuseurs, mais aussi selon les possibilités de leurs néfastes ou désastreuses conséquences. La liberté d’expression ne saurait exclure toute prévoyance des malentendus, incompréhensions, conséquences violentes ou criminelles qu’elle peut provoquer. Est-ce que ces caricatures peuvent aider des êtres pieux et croyants à mettre en doute leur croyance ? Nullement. Est-ce qu’elles peuvent contribuer à affaiblir le djihadisme ? Nullement. On a entendu des essayistes et des polémistes, mais aussi des ministres, soutenir que l’« islamo-gauchisme » armait intellectuellement le terrorisme. La charge est-elle justifiée ? Et pourquoi une telle offensive idéologique ? Ce qui est terrible, c’est que cette affaire amplifie le développement de la pensée manichéenne, unilatérale, réductrice. Toute résistance à une islamophobie croissante devient signe abject d’islamo-gauchisme – lequel a cette particularité de n’être ni partisan de l’islam ni gauchiste –, voire de complicité avec les assassins. Malheureusement, comme en 1914, en 1933, en 1940, puis comme à chaque délire collectif, il y a des philosophes au premier rang de l’hystérie. Article réservé à nos abonnés Lire aussi« Islamo-gauchisme », l’oxymore disqualifiant Le plus dangereux est que, comme il est plusieurs fois arrivé dans le passé, deux France se dissocient et s’opposent ; dans le cas heureux, comme au début du XXe siècle, une France républicaine et laïque a vaincu la France monarchiste, catholique et conservatrice ; dans le cas malheureux, comme en 1940, une France réactionnaire s’est imposée à la faveur du désastre militaire. Le confinement impose une mise provisoire au réfrigérateur du conflit, qui, sinon, risque d’exploser dans le pays. Qu’adviendra-t-il après le déconfinement ? Quelle nouvelle décomposition et recomposition politique ? Deux France s’affrontent déjà en paroles : la France identitaire et la France humaniste. Tout cela mérite non imprécation, mais examen et réflexion. L’affrontement de deux Amérique peut-il préfigurer un conflit entre deux France lors de la prochaine présidentielle ? A l’heure où je vous réponds, nous ne savons pas si, après la victoire de Joe Biden, Donald Trump va tenter un coup de force pour sauver son siège. Les tensions sont énormes aux Etats-Unis, et je ne sais s’il y aura déflagration ou lente pacification. De ce côté-ci de l’Atlantique, pour le moment, les deux France ne sont pas encore cristallisées, et il va y avoir des décompositions et recompositions politiques. Je vois bien la possibilité d’une politique de salut public, qui réunirait des bonnes volontés de tous bords pour une nouvelle voie économique, sociale, écologique, mais je ne la vois incarnée jusqu’à présent ni en une organisation ni en un leader. Je vois, à gauche, des tentatives de regroupements brouillonnes. En revanche, je vois la possibilité du surgissement d’un outsider pour représenter l’ordre et la discipline, c’est-à-dire l’autre France, comme le général Pierre de Villiers. Mais rien n’est joué, et bien des choses nous surprendront l’année prochaine. Comment éviter cette dislocation ? J’ai, dans mon adolescence, adhéré à un petit parti, le Mouvement des étudiants frontistes, qui promouvait la lutte sur deux fronts : à la fois contre le fascisme et contre le stalinisme. Après ma conversion au communisme sous l’Occupation, puis ma déconversion au bout de six années, je me vois à nouveau lutter sur deux fronts : contre le communisme soviétique et contre le colonialisme européen. Depuis des décennies, j’essaie de résister à deux barbaries apparemment opposées : la barbarie venue du fond des temps historiques de la haine, de la domination, du mépris et la barbarie froide et glacée issue de notre civilisation, celle de l’hégémonie du profit effréné et du calcul. J’ai pu résister à l’hystérie de la guerre où tout Allemand était criminalisé, puis à l’hystérie stalinienne où toute critique du communisme était criminalisée, et je peux résister aux nouvelles hystéries. Article réservé à nos abonnés Lire aussiEdgar Morin : « J’ai gardé mes inspirations adolescentes tout en perdant mes illusions » Dans les conditions de la France actuelle, je sens la nécessité de lutter sur deux fronts : celui de la résistance à la xénophobie, aux racismes, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, qui sont des barbaries de civilisation moderne, et celui de l’action contre les fanatismes meurtriers qui portent en eux toute la vieille barbarie. Cette action comporte évidemment la répression de la violence meurtrière, mais elle comporte aussi la prévention qui elle-même comporterait une politique des banlieues, une réduction des inégalités sociales et économiques, et une éducation humaniste régénérée. Que faire, plus particulièrement dans les écoles, sur le terrain pédagogique ? C’est dans ce sens que j’ai proposé, depuis les débuts du terrorisme islamiste, d’intégrer dans les programmes scolaires les préliminaires indispensables à l’esprit critique. Le premier est l’esprit interrogatif. Celui-ci est très présent chez les enfants mais peut s’atténuer avec l’âge. Il est nécessaire de l’encourager. L’esprit interrogatif étant stimulé, il convient d’encourager l’esprit problématiseur. L’esprit problématiseur met en question des évidences qui semblent absolues, soit à notre perception naturelle, comme la course du Soleil autour de la Terre, soit qui nous sont imposées par la culture et la société, comme la légitimité d’un pouvoir dictatorial, la croyance en une supériorité raciale. Rappelons que la vertu essentielle de la Renaissance européenne fut de problématiser le monde, d’où la science, de problématiser Dieu, d’où l’essor de la philosophie, de problématiser tout jugement d’autorité, d’où l’esprit démocratique ou citoyen. C’est dans cette problématisation qu’est l’essence de la laïcité. Article réservé à nos abonnés Lire aussiEdgar Morin et Jean-Michel Blanquer, une insaisissable synthèse sur l’école L’esprit critique suppose donc la vitalité de l’esprit interrogatif et de l’esprit problématiseur. Il suppose aussi l’autoexamen, que l’enseignement doit stimuler, afin que chaque élève accède à une réflexivité qui elle-même permette l’autocritique ; l’esprit critique sans esprit autocritique risque de verser dans une critique incontrôlée de ce qui nous est extérieur. Que serait un esprit critique incapable d’autocritique ? L’esprit critique suppose nécessairement un esprit rationnel, c’est-à-dire capable d’appliquer induction, déduction et logique dans tout examen de faits ou de données. L’esprit rationnel suppose non moins nécessairement la conscience des limites de la logique face à des réalités qui ne peuvent être reconnues qu’en acceptant des contradictions ou qu’en associant des termes antagonistes. L’esprit critique ainsi nourri de tous ces préliminaires peut et doit librement s’exercer, mais il doit comporter aussi l’aptitude à la critique de la critique quand celle-ci devient intempérante ou ne porte que les seuls mauvais aspects de phénomènes, réalités ou idées. Enfin, l’enseignement de l’esprit critique doit accepter que celui-ci porte sur l’enseignement lui-même. Ainsi, l’esprit critique comporte toute une infrastructure intellectuelle, laquelle est généralement ignorée. Ce sont des réformes considérables, à commencer par la réforme de la pensée. Avez-vous quelque espoir qu’elles puissent être réalisées ? Comme je vous l’ai dit, la conjoncture est régressive, tous les antagonismes se renforcent les uns les autres. Je n’ai cessé de rappeler que les deux décennies précédentes comportaient de graves régressions politiques, économiques, sociales, éthiques et intellectuelles : crise généralisée de la démocratie, nouvelles persécutions des minorités religieuses (Chine, Inde) hégémonie du profit, ravages économiques suscitant des révoltes populaires – toutes réprimées, comme en Algérie et en Biélorussie –, domination d’un type de pensée fondée sur le calcul et l’hyperspécialisation, qui rend incapable de concevoir et comprendre la complexité des problèmes humains, aussi bien individuels que nationaux et planétaires. On ne sait si la nouvelle présidence américaine atténuera l’antagonisme Etats-Unis - Chine comme l’affrontement entre la coalition Etats-Unis - Israël - Arabie saoudite et l’Iran des ayatollahs. Mais la Turquie est devenue une puissance interventionniste islamiste en Méditerranée. La Chine impériale détruit l’autonomie de Hongkong et entre en conflit avec l’Inde. Une guerre ethno-religieuse s’est déclenchée entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. La crise de la nation plurielle libanaise n’arrive pas à susciter un sursaut salvateur. La course aux armements se déchaîne partout. L’Europe n’arrive pas à surmonter ses désunions. « J’ai vécu le somnambulisme dans la marche au désastre des années 1930. Aujourd’hui, les périls sont tout autres, mais un nouveau somnambulisme nous assujettit » Les espoirs d’un grand réveil écologique, d’une grande réforme de la mondialisation, qui a créé une interdépendance généralisée sans aucune solidarité, décroissent partout. Il y a retombée, non pas dans un statu quo antérieur, mais dans un processus de régression. Très minoritaire est l’élan vers une renaissance de la pensée politique qui indiquerait une nouvelle voie démocratique-économique-écologique. En revanche, les manichéismes et fanatismes progressent, les nationalismes et racismes s’exacerbent. En même temps, le réchauffement climatique accroîtra la crise de la biosphère, qui accroîtra la crise de l’humanité. Nous sommes effectivement dans une crise planétaire géante, à la fois biologique, économique, civilisationnelle et anthropologique, qui affecte toutes les nations et toute l’humanité. Lire l’entretien :Edgar Morin : « Cette crise nous pousse à nous interroger sur notre mode de vie, sur nos vrais besoins masqués dans les aliénations du quotidien » Or, je l’ai souvent dit : une crise suscite d’une part imagination créatrice de nouvelles solutions, d’autre part peurs et angoisses, qui favorisent les régressions et les dictatures. Si la grande régression se poursuit, nous allons vers des systèmes postdémocratiques disposant des moyens multiples de contrôle des individus, désormais offerts par les techniques selon le modèle pratiqué déjà par la Chine. Le cours probable des événements est suprêmement inquiétant. On ne peut même écarter l’hypothèse d’une conflagration se généralisant à partir d’un accident du type Sarajevo, comportant des guerres de type nouveau menées par ordinateurs, piratages des réseaux des nations ennemies, batailles de robots et, pire, missiles nucléarisés. Mais l’improbable peut changer le cours de l’histoire. Pouvons-nous faire advenir l’improbable en France ? Je crois en la nécessité d’organiser et de fédérer des oasis de résistance de vie et de pensée, de continuer à montrer la possibilité de changer de voie, de ne pas sombrer nous-mêmes dans les vices de pensée que nous dénonçons. J’ai vécu le somnambulisme dans la marche au désastre des années 1930. Aujourd’hui, les périls sont tout autres, mais non moins énormes, et un nouveau somnambulisme nous assujettit. Selon la formule d’Héraclite : « Eveillés, ils dorment. »
  6. Pour Antonioni, malheureusement, je n'en ai encore pas vu beaucoup ; je me rappelle plus lequel j'avais vu il y a longtemps et ce n'avait pas emballé, du coup je n'avais pas persévéré avec lui. Belle connerie de ma part Le Guépard, c'est formidable aussi, mais dans ma liste, je ne voulais pas être exhaustif, sinon, elle allait être longue En parlant du Guépard, quand je suis allé à Palerme et j'ai pu visiter le Palais Gangi (celui où il y a la scène du bal). Une belle aventure : j'y étais allé hors saison et normalement il était fermé. J'y vais quand même, juste pour voir au moins l'extérieur. Et là, je tombe sur le proprio (qui parle français), il m'a ouvert à moi et mon pote et nous a fait une petite visite. Super sympa.
  7. Oui aussi ; de toute façon, Melville était un directeur d'acteur gigantesque (en plus du reste, hein). Quand tu vois ce qu'il sort de Bourvil.....
  8. On l'oublie souvent vu la fin de sa carrière, mais quel p*tain d'acteur c'était Delon. Plein soleil, Monsieur Klein, le Samouraï... Et récemment, j'ai l'Eclipse d'Antonioni, formidable.
  9. Ragnulf

    Bar sport

    Euh, je sais pas si ce message m'est destiné, mais je réagissais surtout par rapport au message de B&W disant qu'il ne se vaccinerait pas même pour les autres. En fonction de ce que j'ai lu, les auteurs des études n'avaient pas conclu si le vaccin empêchait ceux d'être vaccinés de transmettre le virus. Et que si cela empêchait d'être transmetteur, c'était quand même un argument de plus pour sa faire vacciner. Mais je ne remets pas en cause les vaccins, au contraire, même (je vais me faire vacciner contre la grippe la semaine prochaine). De toute façon, j'ai du mal à comprendre les anti vaccins ; quand tu vois le nombre de morts évités grâce à la vaccination par rapport à la variole, coqueluche, rougeole, polio..... Et comme tu le soulignais Chipaka, ils sont sûrs. Et même si il y avait des cas de sclérose en plaque (ce qui n'est je crois pas vérifié scientifiquement), à un moment, il y a le bénéfice/risque. Ou alors, c'est le paradoxe de l'action collective (comme B&W) : je ne prends pas de risque en ne faisant pas vacciner mais je compte sur les autres pour le faire ; sauf que si tout le monde a ce raisonnement, plus personne ne se fait vacciner et il y a des morts. Un marqueur de plus de l'individualisme forcené de nos sociétés modernes....
  10. Ragnulf

    Bar sport

    Oui et non ; la question qui n'est pour le moment pas tranchée est de savoir si ceux vaccinés transmettent ou non le virus (du fait de la charge immunitaire grosso modo, le virus ne passe pas par eux). S'ils ne le transmettent pas (ou peu), le but est d'atteindre à peu près 60 % de couverture afin que le virus ne circule plus et qu'il n'y ait que très peu de contaminés. Et pour les vaccins, ce n'est pas le virus lui-même qui est inoculé mais une version dégradée qui ne rend pas malade afin de forcer le système immunitaire. Les nouveaux (enfin le principe date des années 70, hein) à ARN messagers vont eux directement solliciter le système en lui disant quoi produire.
  11. Ragnulf

    Milan AC

    Ah mais je suis très calme C'est juste que je l'ai trouvé bon, et bien meilleur que ce qu'il avait montré chez nous.
  12. Ragnulf

    Milan AC

    Le meilleur rendement de Hakan depuis la reprise post-covid est aussi (surtout?) dû à son repositionnement en n° 10, qui est son vrai poste. Un milieu à 3 ne lui va pas (ou en ailier). Le prolonger n'est pas une mauvaise idée si on continue dans ce module. Et dans les paramètres, il y a évidemment sont coût, comme le mentionne Capri, mais il y a aussi celui de son remplaçant. Les 10, ca ne court pas les rues et c'est en général pas donné. Et en ce moment, à ce poste, on a Hakan et Diaz, l'un en fin de contrat et l'autre en prêt...... Sinon, j'ai regardé les deux derniers matchs de la Nazionale ; p*tain, je suis très surpris du niveau atteint par Locatelli. Je ne pensais pas qu'il atteindrait ce niveau (après la méthode de Zerbi doit bien aider)
  13. J'ai vu Vincent, François, Paul et les autres hier ; c'est quand même vachement bien Claude Sautet. Je vous conseille aussi Les choses de la Vie et Max et le ferrailleurs.
  14. Ragnulf

    Bar sport

    Courage Marok'1 Pour te donner des forces, dis-toi que t'as affronté les années horribles du Milan avec ses Constant, Mesbah, Sokratis et compagnie, mais là on revient, et il faut que tu sois là !!! Les formes longues du covid, ca ressemble à un marathon, t'es préparé à aller chercher des ressources. Tiens nous au jus La bise (de loin pour l'instant)
  15. Ragnulf

    Milan AC

    Daniele😍
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