Florian Ayé, le pari de Brescia

Par Aurélien Bayard publié le 15 Juil 2019

Après une belle saison en L2, Florian Ayé avait de multiples prétendants pour jouer dans les échelons supérieurs. A la surprise générale, c’est le promu Brescia qui rafle la mise et débauche le clermontois. Présentation d’un joueur qui va devoir s’adapter à un des championnats les plus compliqués pour les attaquants.

Un nouvel espoir

Comme beaucoup de jeunes pousses icaunaises, Florian Ayé a été formé au sein du Club Sportif Brétigny Football. C’est en 2012 qu’il intègre les équipes de jeunes de l’AJA. Le jeune francilien a tout de la bonne pioche puisqu’il commence à être appelé avec les U16 français la même année. Sa carrière a à peine décollé au sein du club ajaïste qu’il est sélectionné pour le championnat d’Europe U19 en 2016. Florian remporte alors son premier trophée international bien qu’il ait perdu son statut de titulaire après le premier match. Mais il s’en moque car il aura vécu une superbe expérience collective. Prêt à assumer de nouvelles responsabilités, le marasme ambiant bourguignon l’empêche de prendre son envol. Baladé sur tout le front de l’’attaque, rarement titularisé deux fois de suite, son rendement personnel est famélique. Les supporters le prennent en grippe alors qu’ils le fantasmaient comme le nouveau Djibril Cissé. Malheureusement Florian n’arrive pas à franchir le cap tant espéré et l’issue devient inéluctable. L’AJA, pourtant bien consciente du potentiel du natif de Paris, se résout à le vendre au Clermont Foot lors du mercato estival 2018.

Le volcan d’Auvergne

Dès 2015 il clamait déjà à l’envi qu’il était un attaquant axial avec une grande faim de buts. Pascal Gastien, le coach clermontois, ne répète pas les erreurs bourguignonnes et le titularise tout de suite à ce poste. Au bout de cinq matchs, il double son nombre de buts total en L2. Florian reprend confiance en lui et exprime enfin le potentiel qu’il laissait transparaître au sein de l’AJA. Avec 11 buts à la mi-saison, des rumeurs parle déjà d’un départ vers l’OGC Nice mais il poursuit la saison avec les clermontois. Plus affirmé, plus mature, Ayé reprend sa marche en avant et continue de faire trembler les filets. Il finit la saison avec 18 buts au compteur et est naturellement le meilleur buteur du club. A l’instar d’un Sébastien Haller qui a dû quitter le cocon icaunais pour exploser, Florian Ayé prend le même chemin. L’ancien auxerrois paraissait prêt à repartir pour une nouvelle saison dans le Puy de Dôme pour enfin enchaîner dans un environnement stable. Cependant la nouvelle présidence du CF63 a l’air de vouloir ramasser un maximum de liquidité lors de ce mercato et a laissé partir son buteur.

Se battre pour s’imposer

Ayé n’a pas choisi le défi le plus simple pour passer un cap. Le club lombard sait déjà qu’il va devoir batailler avec le spectre de la relégation et ne pourra pas se permettre d’avoir un retard à l’allumage. Alors les rondinelle vont d’abord compter sur leur duo d’attaquants Donnarumma-Torregrossa. Ces derniers ont performés l’année dernière avec 37 buts à eux deux. Chacun a un rôle bien attitré. Ernesto est là pour faire briller Donnarumma mais son pied gauche et sa technique lui font marquer des buts spectaculaires. Alberto s’occupe de la finition. Que ce soit du gauche, du droit ou de la tête, le buteur brescian ne cesse d’enquiller les buts et va enfin découvrir la Serie A. C’est ce poste-là que vise Florian, dommage car c’est aussi le plus compliqué à aller chercher Mais malgré toutes les qualités des deux italiens, ces derniers ont un point commun avec le français : ils n’ont jamais connu l’élite. Il devra donc être efficace lorsqu’il sera sur le terrain pour que son destin reste entre ses mains. Après tout, Grégoire Defrel a bien réussi à s’imposer en Italie sans avoir connu le monde professionnel avant.

Aurélien Bayard



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