Florenzi-Pellegrini, les héritiers du romanisme

Par Loris Meucci publié le 20 Mai 2019

D’Attilio Ferraris à Giuseppe Giannini en passant par Agostino Di Bartolomei et bien d’autres, nombreux ont été les enfants de Rome à avoir porté le maillot de l’AS Roma ainsi que le brassard de capitaine. Plus récemment, cette coutume est entrée dans une toute autre dimension à travers la carrière de Francesco Totti, véritable idole d’une ville mais aussi d’une génération. Deux ans après les adieux d’Er Pupone, l’Olimpico pleurera ce week-end un autre de ses monuments avec la dernière de Daniele De Rossi. Les porte-drapeaux se nomment désormais Alessandro Florenzi et Lorenzo Pellegrini.

Succession assurée ?

« L’héritage est entre de bonnes mains » certifie De Rossi en faisant allusion à ses deux compères. Sans doute. Mais au vu du poids de cet héritage, de « bonnes mains » ne suffiront pas à le porter. Et à l’heure actuelle, ni les épaules de Florenzi ni celles de Pellegrini ne paraissent assez larges pour supporter la charge. Le latéral droit peine à répéter les bonnes performances et il est loin de faire l’unanimité auprès des tifosi. Quant au milieu de 22 ans, il ne se montre toujours pas indispensable. Malgré un talent naturel, il laisse jusqu’ici le peuple romain sur sa faim.

Alors oui, de par leur identité et leur attachement au maillot giallorosso, ils rallongent indéniablement cette liste de joueurs romani-romanisti et perdurent ainsi la tradition. Ils reprennent cependant un flambeau qui n’a jamais autant scintillé que durant ces deux dernières décennies. Eux, qui ont connu un petit exil pour lancer leurs carrières (Crotone pour l’un, Sassuolo pour l’autre), n’entrent pas dans la lignée des deux derniers géants. Peu le feront. Néanmoins, ils possèdent des atouts qui leurs sont propres et qui en font des successeurs légitimes.

Bandiera, une fierté pas une nécessité

« Cristante n’est pas romain mais j’en veux d’autres comme lui. La Roma a besoin de professionnels, s’ils sont romanista comme Ale ou Lorenzo alors c’est le jackpot » affirme le même De Rossi. Des mots qui recentrent les priorités du club à l’heure où la plèbe s’interroge quant à la future identité de l’AS Roma. En somme, mieux vaut un David Pizarro que dix Leandro Greco.

Certes, être issu du cru ne garantit ni gloire ni beauté. Qui plus est dans ce environnement spécial qu’est Rome. Mais cela demeure une fierté irremplaçable lorsque la réussite est au rendez-vous. En témoigne cette banderole déployée lors d’un derby : « Enfants de Rome capitaines et porte-drapeaux… Ceci est ma fierté que tu ne pourras jamais avoir ! »

 

Loris Meucci



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