Florenzi, le Paris inattendu

Par Loris Meucci publié le 25 Sep 2020

Alors que sa carrière semblait en pleine perte de vitesse, Alessandro Florenzi a récemment rejoint le Paris Saint-Germain. Une opportunité quasi inespérée à première vue pour le latéral italien quand on connaît les ambitions toujours plus grandissantes du club français. Seulement en regardant d’un peu plus près, le mariage Florenzi-PSG n’est pas aussi saugrenu qu’il n’en a l’air et chaque partie pourrait même rapidement y trouver son compte.

Reculer…

A 29 ans, Florenzi est dans la fleur de l’âge. L’âge où tout bon footballeur est censé arriver à maturité et être au sommet de son art. Pourtant, le Romain sort d’une saison délicate et il peine à retrouver son meilleur niveau. Capitaine de l’AS Roma, il a fini par perdre ce (trop ?) lourd héritage en cours de saison, en même temps que sa place de titulaire. « Fonseca a été très clair avec moi et je pense que c’est l’un des meilleurs coachs avec qui j’ai travaillé, mais il attend quelque chose du rôle d’arrière droit que je ne peux pas apporter. » C’est donc avec regrets mais sans rancune que Florenzi quitte sa Rome natale et décide de rejoindre en prêt le FC Valence l’hiver dernier, en quête d’un rebond immédiat en vue de l’Euro. Mais le miracle n’a pas eu lieu pour le tout fraîchement et urgemment expatrié. En quelques mois, il ne parvient pas à s’adapter et encore moins à s’imposer. Il ronge son frein plusieurs fois sur le banc et écope aussi de l’un des seuls cartons rouges de sa carrière suite à un tacle par derrière dangereux. Un geste qui est d’autant plus révélateur qu’il ne lui ressemble pas du tout.

Pendant ce temps là à Trigoria, Zappacosta, Santon et Bruno Peres s’essayent dans le couloir droit sans pour autant faire l’unanimité. Remaniée désormais en 3-5-2, la Roma cherche encore son piston idéal. Mais à l’aube de ce nouvel exercice, Alessandro Florenzi est toujours indésirable aux yeux de Fonseca. Fort heureusement pour l’Italien, tout le monde ne porte pas le même regard sur lui.

… Pour mieux sauter ?

Suivi par plusieurs écuries de Serie A, c’est finalement et carrément un cador qui est venu toquer à la porte du Romain : le Paris Saint-Germain. Quelque peu bridé par le fair-play financier et la crise du Covid-19, le vice-champion d’Europe a dû adopter une stratégie de mercato plus malicieuse et moins dépensière qu’à l’accoutumée. Une réelle aubaine pour Florenzi qui rejoint une équipe de très haut niveau sans même avoir à digérer sa mauvaise expérience en Espagne. D’autant plus que le défenseur azzurro est en pôle position pour succéder à Thomas Meunier dans le couloir droit parisien, et ainsi jouer les premiers rôles. Thilo Kehrer, central de formation, et Colin Dagba, joueur en devenir, apparaissent comme des concurrents à sa portée.

La tendance s’est d’ailleurs confirmée puisque l’Italien a déjà revêtu le maillot de titulaire par deux fois. Il en a profité pour se montrer en jambes et à son avantage. Ses qualités offensives ont été aperçues et nul doute qu’elles seront mises en valeur dans une équipe qui domine outrageusement son championnat. Le renard des surfaces qu’est Icardi en salive déjà. Ceci dit, tout n’est pas encore acquis pour Florenzi, loin de là. Il va devoir se montrer constant pour s’imposer durablement dans le onze et affirmer une certaine autorité défensive particulièrement requise lors des joutes européennes, sous peine d’être de nouveau relégué au second plan et de mettre sa participation à l’Euro en péril.

9M d’euros, c’est le montant de l’option d’achat qui pourra être levée par le PSG au terme de la saison. Un risque très mesuré pour le club français qui a tout à gagner s’il parvient à redonner un coup de fouet à la carrière de Florenzi. Un mariage qui pourrait donc s’avérer peu coûteux en plus de fructueux.

Loris Meucci



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