Fiorentina, Torino : la Serie A peut-elle perdre ses tauliers ?

Par Antoine Martin publié le 30 Nov 2020

Quand ça va mal, difficile de voir le bout du tunnel. Après sa défaite à domicile face à Benevento en perdant Ribéry et Bonaventura sur blessure, la Fiorentina est allée perdre à Milan 2-0. Pendant ce temps, le Torino prend énormément de buts et n’arrive pas à tenir un résultat, c’est tout simplement l’équipe qui perd le plus de points dans le dernier quart d’heure. Pour stopper l’hémorragie que faire ? Florence a choisit de changer de coach, le Torino a opté pour un changement de système. Pour l’instant rien n’y fait, dans les temps de passage, les deux ténors du Calcio sont totalement à la traîne : tous deux sont à moins d’un point pris par match. La Fiorentina pointe à la 16ème place avec 8 points en 9 matchs disputés, le Torino lui est 18ème avec 5 malheureux points en 8 matchs.

Les deux équipes se sont déjà affrontées cette saison avec à la clé une victoire pour la Viola (1-0), mais depuis Iachini est parti et Prandelli l’a remplacé sur le banc. L’ancien technicien avait glané 8 points en 7 matchs avant d’être démis de ses fonctions, et Prandelli arrivait avant un match soit disant idéal pour se relancer, la réception du promu Benevento. Malheureusement pour la Fiorentina, il en a résulté un non-match et une défaite plutôt logique à huit-clos dans l’enceinte mythique de l’Artemio Franchi. Le Torino lui n’a gagné qu’une seule fois, face au Genoa un autre mal classé (1-2), et a encaissé 11 buts en 4 rencontres sur son terrain : des statistiques de relégable.

Des descentes aux enfers imprévisibles

Depuis plusieurs années, les deux clubs connaissent des résultats en dents de scie. Le Toro a connu un exercice 2019/2020 très compliqué après une élimination dès les barrages de l’Europa League. Tandis que les Florentins n’ont plus connu les joutes européennes depuis leur demi-finale perdue de 2015 face à Séville. A la lutte pour le maintien, les deux équipes comptent deux des plus beaux palmarès du pays et faisaient encore partie il y a peu du gratin des clubs de la botte. 9 titres de champion d’Italie à eux deux (7 pour le Torino), 11 Coupes d’Italie, et la Fiorentina fait également partie des rares équipes à avoir participé aux 3 finales européennes (C1, C2 et C3).

Encore aujourd’hui, les deux équipes comptent des effectifs ambitieux, la Viola a investi pour recruter Duncan, Cutrone ou Pulgar ces dernières années, sans compter l’arrivée du vétéran français Franck Ribéry en provenance du Bayern. Des transferts qui prouvent l’ambition du groupe de Prandelli pour les années à venir. Oui mais voilà, rien n’y fait et l’équipe n’a pas marqué le moindre but depuis l’arrivée de son nouveau coach, avec une nouvelle défaite moribonde à Milan hier. Pour le Torino, malgré une attaque efficace emmenée par Belotti, Zaza ou encore Simone Verdi, c’est au milieu et surtout derrière que le bas blesse. Si Sirigu est irréprochable dans son rôle de dernier rempart, la défense est bien trop perméable et le mental manque cruellement à l’équipe pour marquer des points et glaner des victoires !

Suffisant pour se maintenir ?

Malgré leurs errements, la saison est loin d’être terminée, et nombreuses seront les équipes qui devront lutter jusqu’au bout tant le championnat semble homogène cette saison, même si Crotone semble pour l’instant un peu plus limitée. Dans ce pays où les promus ont un mal fou à se maintenir, et les tauliers ont une bonne étoile pour se maintenir (à l’image du Genoa face à Lecce l’an passé), la Fiorentina et le Torino devraient néanmoins avoir reçu l’avertissement de l’an dernier.

Dans le contenu, la Fiorentina bien que mieux classée, paraît encore plus préoccupante que les turinois. Sans idées offensivement, malgré un début de saison avec quelques belles performances non récompensées (à Milan contre l’Inter défaite 4-3), le remplacement de Iachini par Prandelli ne paie pas pour le moment et c’est sans idées, presque sans âme que la Viola a perdu ses deux derniers matchs. Tandis que le Toro, moins bien classé, sait marquer des buts et mène régulièrement au score, sans parvenir à tenir 90 minutes.

Leurs inquiétantes incapacités à ne pas trouver de solutions à leurs problèmes du début de saison nous amène inexorablement à nous poser la question de leurs descentes, un séisme footballistique et économique auquel aucun des deux clubs n’est préparé.

Antoine Martin

Rédacteur



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