Filippo Romagna, un joueur à suivre

Par Rémi Falvo publié le 15 Fév 2020

Filippo Romagna, c’est un jeune Italien de 22 ans, originaire des Marche, fervent tifoso du Milan AC, qui fût d’abord repéré par l’Inter, avant de signer à la Juventus, où il passa l’entièreté de sa formation. De capitaine de l’équipe nationale en catégories jeunes (U16, U19, U21) au banc de Cagliari, puis à la renaissance avec Sassuolo, retour sur son parcours déjà bien riche en émotions.

Fano’s Child

Comme beaucoup d’enfants Italiens, Filippo Romagna rêve de devenir footballeur. Comme son idole Andrea Pirlo. Il use ses plus belles chaussures en jouant dans les rues de Fano, et ses plus beaux crampons dans le club du Fanella Calcio. Jusqu’au jour où, lors d’un tournoi, son équipe joue contre la grosse écurie du coin : Rimini. Il se fait repérer et signe dans ce même club. En 2014, l’Inter manifeste son intérêt pour le joueur. Mais le jeune adolescent ne veut absolument pas changer son cadre de vie, quitter sa famille, pour rejoindre le centre de formation de l’équipe à qui il voue une saine haine, en tant que bon milanista de coeur.

Quelques temps après, c’est la Juve qui vient taper à la porte des Romagna. En la personne de Gianluca Pessotto. L’ancien latéral droit de la Juventus se heurte une fois encore au refus de Romagna et ses parents. Conscient du talent de sa cible, il insiste, et lui dit de venir au moins voir les installations de la Juventus, de voir. Là, Filippo Romagna le dit lui-même : « je suis tombé amoureux« . Il signe donc chez les bianconeri, et apprend même à aimer le club duquel il défend les couleurs. « Quand Pirlo a signé là-bas, ça a suffi à faire changer mon credo footballistique« , dit-il lors d’une interview accordée à la presse Turinoise en 2013. Le garçon déjà sérieux au départ s’épanouit à la Juve, il est titulaire incontestable chez les jeunes, et endosse systématiquement le brassard de capitaine, aussi bien dans son club qu’en Nazionale.

Prêt pour l’éclosion

Tout roulait pour Filippo Romagna, mais le club Turinois décide qu’à 19 ans, il n’a pas encore les épaules pour entrer dans l’équipe A, et l’envoie donc se faire les dents à Novara, puis à Brescia, avant de le céder à titre définitif à Cagliari lors du mercato d’été 2017. Filippo Romagna fût donc victime de ce mal qui veut que, si un joueur ne donne pas tout de suite satisfaction dans un club de l’envergure de la Juventus, on lui indique la porte de sortie. Un mal pour un bien, puisqu’il trouve du temps de jeu en Sardaigne, et progresse considérablement, notamment physiquement, il est très bon dans les un contre un. Il s’améliore aussi dans son placement, et sa lecture de jeu, ce qui lui vaut d’être comparé, à Barzagli. De manière exagérée, comme toutes les comparaisons.

Mais quand Rolando Maran arrive aux commandes du Calgiari Calcio en 2019, Romagna devient un second choix. Il ne dispute que 18 matchs au cours de la saison, trop peu pour espérer progresser, juste assez pour maintenir son niveau. Mais à 21 ans, on ne cherche pas à maintenir son niveau, mais bien à franchir des paliers. Il fait donc ses valises, et rejoint Sassuolo, club dans lequel il évolue actuellement. Et au bout de huit journées de championnat, il commence pour la première fois titulaire, aux côtés de Marlon, face à l’Hellas, et voit les siens s’imposer 1-0. Lui, s’impose dès lors comme titulaire indiscutable, il ne quitte plus la formation de départ, joue l’intégralité des rencontres. Après l’atmosphère étouffante de Turin, puis le manque de confiance dont il était victime en Sardagine, Filippo Romagna est enfin dans une situation stable. Des conditions idéales pour franchir tranquillement chaque palier, et rendre compte de son talent, celui pour lequel Pessotto a fait des pieds et des mains.

Rémi Falvo

Rédacteur



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