Federico Chiesa, héros malgré lui

Par Leonardo Baldocci publié le 01 Déc 2019

Soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le rôle du méchant, disait Heath Ledger dans l’un des volets de la trilogie de Batman. Chiesa n’a encore rien gagné avec la Viola mais il reste bel et bien le chouchou de son public. Poussé par sa soif de titres, il a demandé à être transféré l’été dernier, en vain. Depuis, le joueur ne fait rien pour cacher son mécontentement : peu de déclarations, l’air abattu et des performances médiocres sur le terrain.

Gangs of New York

En tournée aux Etats-Unis avec son équipe, le joueur s’était frotté au bras droit du président, Joe Barone. L’entretien avait eu lieu dans un car, alors que l’équipe visitait Ellis Island à New York. Les deux en avaient profité pour faire le point sur le mercato et les ambitions de l’équipe, qui venait tout juste de se maintenir en Serie A. Après avoir essuyé le refus du club quant à son transfert, le joueur avait continué de faire profil bas. « Nous n’avons pas besoin d’argent et je ne ferai pas de Chiesa mon Baggio. » Des propos clairs et nets du patron italo-américain qui s’est dit prêt à concurrencer la domination des Bianconeri en Italie. Face à l’intransigeance des Toscans, la Juventus a laissé tomber le dossier Chiesa et le joueur s’est résigné à rester à la Viola.

En froid avec le club

Fin 2018/19 Chiesa s’était mis d’accord avec les Della Valle au sujet de son départ du club. La condition sine qua non était alors de débourser 100 millions d’euros. Cependant, l’arrivée de l’entrepreneur italo-américain a bouleversé les plans et du club et du joueur. Dans la presse, la prolongation de contrat du joueur est un sujet sur lequel les dirigeants ont préféré ne pas se prononcer. A l’instar de Franck Ribéry, les médias évoquent une augmentation qui pourrait atteindre 4 millions d’euros net. Pour l’instant ni le joueur ni le club ne semblent avoir l’intention de vouloir négocier, étant donné que les deux parties sont encore en froid. C’est surtout le comportement de Chiesa qui agace les supporters, et peut être même les dirigeants. Pendant la trêve internationale, l’Italien a joué un match extraordinaire face à l’Arménie : un but inscrit, deux passes décisives et deux poteaux touchés. Ensuite, de retour en club, il est resté sur le banc face à l’Hellas. Son entraineur a alors motivé sa décision en disant que le jeune attaquant « manquait de fraicheur physiquement et mentalement. »

L’heure du départ

Les tifosi se posent beaucoup de questions concernant les performances de leur idole. Federico Chiesa a souvent l’air triste, voire blasé pendant les matchs. Il joue parfois en soutient de son avant-centre (lorsqu’il y en a un) ou alors aux côtés de Franck Ribéry. Sous Stefano Pioli, il avait pris l’habitude de jouer à gauche, sur la ligne offensive d’un 4-3-3 aussi. Mais alors Chiesa a-t-il réellement trouvé sa place dans le onze de la Fio? A l’époque de Pioli, il était l’un des meilleurs en raison du manque de qualité de l’effectif. Mais avec du recul, on peut voir qu’il n’a inscrit que 12 buts en 72 apparitions de 2017 à 2019. Lors de ses débuts, Paulo Sousa avait dit voir « le futur capitaine de la Fiorentina, un joueur qui aime le couleurs de la Viola à la folie.» Peut être que l’entraineur portugais s’était fait une autre idée du capitaine à venir : un joueur bon techniquement mais égoïste et ronchon. Un chèque de 100 millions d’euros à l’ordre de la Viola pourrait alors rendre tout le monde plus heureux.

Leonardo Baldocci



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