Fantacalcio, une passion italienne

Par Gilbert Simonutti publié le 12 Sep 2019

Jeu de football virtuel créé en 1990, le Fantacalcio tient en haleine des millions d’italiens chaque weekend. Explications du phénomène.

Si vous voyer un jour un tifoso de la Juve exultait pour un but de Lukaku ou de Piatek, il n’est pas forcement devenu fou. Il fait très certainement partie des millions d’Italiens qui jouent au fantacalcio et qui s’offrent, en plus du vrai football, des émotions fortes dans leur rôle d’entraineur virtuel. Née en 1990 grâce à Riccardo Albini sur le modèle des fantasy game très rependu dans les sports américains, le fantacalcio a connu un essor très rapide grâce notamment à la Gazzetta dello Sport qui lui a ouvert ses pages en organisant un championnat propre au journal à partir de 1994. Si le jeu est payant sur le célèbre quotidien transalpin avec en contrepartie des prix très intéressant (voitures, voyages,..), il est gratuit au sein des différentes ligues créées un peu partout en Italie. Le jeu s’est d’ailleurs développé de façon exponentielle avec l’arrivé du web qui a permis de rapprocher les joueurs à travers tout le pays.

Un règlement national à respecter

La version la plus classique du jeu consiste, dans un championnat de 10-12 équipes, de créer une équipe de 25 joueurs (divisés par positions) en piochant dans les effectifs réels de Serie A. Sachant qu’un joueur ne peut évoluer que dans un seul club, le mercato est parfois tout aussi endiablé que le vrai. Comme dans la réalité, chaque équipe en affronte une autre chaque weekend et aux notes des 11 joueurs sélectionnés s’ajoutent des bonus et des malus (buts marqués, cartons,..) pour déterminer le score du match. A la fin de la saison le Champion reçoit toute la gratitude (et un peu de jalousie) de ses pairs qui attendront impatiemment la saison d’après pour prendre leur revanche. Si cela peut prêter à sourire les non-initiés, le fantaclacio est une chose très sérieuse. Un règlement strict édicté par la fédération du fantacalcio sert de support au jeu dans tout le pays et les nuits blanches au moment du mercato sont légions pour les passionnés.

Quand Boateng rembourse un joueur..

Pour comprendre le phénomène, il suffit de faire un tour sur le net en tapant fantacalcio dans une barre de recherche ce qui affichera les presque 4 millions de page consacré au Fantasy game préféré des italiens. Sites et applications de conseils, d’étude des notes et statistiques y sont monnaies courantes et le site fantacalcio.it est a lui tout seul une véritable mine d’or pour les passionnés. La Gazzetta y consacre 2 pages entières tous les mardi et y fait référence de façon quasi quotidienne. Les footballeurs eux-mêmes n’y échappent pas. Entre ceux qui y jouent régulièrement (surtout les jeunes italiens), ceux qui affirment qu’ils vont faire une bonne saison en disant dans la presse « achetez moi au fantacalcio » et ceux qui se font interpeller par les tifosi qui leur demande de marquer car il les ont dans leur équipe, le jeu fait partie intégrante du monde du Calcio. Pour la petite histoire, un joueur furax de voir partir Boateng au Barca en janvier dernier s’en ait pris au nouveau jouer de la Fiorentina sur les réseaux sociaux en l’accusant de lui faire perdre son championnat. Loin de se débiner KPB lui a répondu et demandé son rib afin de lui transférer plusieurs centaines d’euros comme dédommagement. Une anecdote qui montre la place de ce jeu en Italie où il n’a pas été défini pour rien comme le plus beau jeu au monde après le football.

 

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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