Face au Wolves, le Torino n’était qu’un agneau : radioscopie d’un échec

Par Florian Giunta publié le 01 Sep 2019
Torino Wolverhampton

La joie était dans les coeurs et les sourires sur toutes les lèvres dans la galaxie granata au début de l’été. C’était le retour des joutes européennes. Le coup de balai donné à Debrecen et Soligorsk (soit 13-2 les scores cumulés des quatre matchs pour le Torino) en tour préliminaire rimait avec nouvelles ambitions. Du côté de la Mole, on voulait oublier que le Torino n’avait jamais éliminé une équipe anglaise (Leeds en 1965 et Arsenal en 1971 ont gagné). Pourtant, les Wolves joueront l’Europa League et le Torino uniquement la Serie A. Entre espoirs et blues, quelles perspectives à l’aube de cette saison de championnat ?

La défense fragilisée

La défense sera t-elle toujours le point fort de l’équipe ? La cinquième défense de Serie A lors du dernier exercice a pris l’eau lors du match aller perdu 3-2. Si Bremer a failli par manque d’expérience et d’automatisme, la responsabilité d’un cadre comme Nkoulou sur le troisième but est engagée. Le Camerounais avait paraît-il la tête ailleurs (à son transfert potentiel à la Roma semble t-il) ce qui a agité le microcosme granata. Partira, partira pas ?  Il n’y aurait pas vraiment d’affaiblissement si Lyanco et Bonifazi sont au niveau qui était le leur à Bologna et Ferrare. Lors du match retour au Molineux Stadium perdu 2-1, Bremer et Bonifazi – qui n’avaient jamais été alignés ensemble- sont clairement responsables sur le but de Jimenez.  La principale force de l’équipe l’an dernier a montré de graves lacunes contre des loups bien mordants. Va-t-on revoir ces « horreurs défensives » comme les qualifie Mazzarri ?

Tout simplement moins bons sur tous les aspects

Comment un joueur comme l’Espagnol Traoré a-t-il pu mettre autant le feu dans l’entrejeu ? Ses appels, ses grandes courses et sa vitesse ont été dévastateurs durant les 180 minutes. Au match aller, Ansaldi s’est trouvé dépassé comme rarement, Berenguer n’a jamais été à la hauteur. Les deux d’ailleurs ont pris un jaune à cause de Traoré ! Meïté a lui aussi été si défaillant que Mazzarri, en conférence de presse d’après-match, lui promettait « un petit discours« … L’entraîneur a évoqué aussi des carences psychologiques lors du match aller : « Les garçons ont mal géré l’événement, ils étaient contractés et ont commis des erreurs inhabituelles« . Cet aspect a du être travaillé par le staff car les Italiens ont démontré au match retour une application réelle et ont joué parfaitement libéré malgré l’ambiance hostile.

Un mercato, quel mercato ?

Laxalt a signé ce vendredi 30 août afin de renforcer le couloir gauche. Sera t-il la seule recrue ? Les faits ont démontré qu’ambitions européennes devaient rimer avec renforts. Si Mazzarri n’a sans doute pas poussé outre mesure son président à investir tant il aime les équipes « courtes » et les groupes soudés, on s’interroge néanmoins sur la stratégie. L’absence criante d’un trequartista se fait toujours sentir tant Berenguer n’offre pas de solution et Iago Falque multiple les blessures. En ce début de saison, Ansaldi, Zaza et Lyanco sont sur le flanc. Un prêt de Millico serait même envisagé en Serie B ! Le feuilleton « Verdi, viendra, viendra pas » cumulé aux déboires contre les Wolves a exaspéré les supporters. Il y a quelques jours les banderoles se sont multipliées à l’adresse du Président Cairo comme «Beaucoup de paroles et 1000 promesses. Quand achètes-tu un joueur ?» ou plus humoristiques : «Je dépense plus en vin que Cairo dans le Torino». Les rumeurs évoquant le Bordelais Kamano sur les rives du Pô n’ont en outre rien de rassurant en matière de renfort…

Si cette courte épopée s’avère être un échec collectif et le reflet d’une ambition en berne, le Torino 2019-2020 présente de nombreux atouts : la grinta du capitaine Belotti, la régularité de De Silvestri, l’énorme prestation d’Ola Aina au match retour, le réveil de Zaza et son entente joviale avec il gallo. L’équipe n’a pas connu de contrecoup psychologique contre Sassuolo lors de la première journée de Serie A. Sirigu est toujours immense (7 parades contre les neroverdi) et Izzo s’affirme comme le nouveau ministre de la défense. De quoi rebâtir… de derrière et viser la septième place ?

Florian Giunta



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