Euro U21 : les enseignements du premier tour de la Nazionale

Par Ben Soffietti publié le 05 Avr 2021

Cette année, l’Italie est aussi représentée lors de l’Euro U21 qui se disputent en Hongrie et en Slovénie. Petite originalité de l’édition 2021, elle est organisée en deux temps : la phase de groupe en mars puis la phase à élimination directe fin mai. Les Azzurrini, après le premier tour, ont assuré l’essentiel, se qualifiant pour le tour suivant, lors duquel ils affronteront le Portugal. Après un parcours mitigé et une seule victoire, il est l’heure du bilan pour les hommes de Paolo Nicolato.

Qualification assurée mais poussive

Il aura fallu attendre le dernier match des Azzurrini pour voir enfin un succès. Ils ont d’abord été tenu en échec à deux reprises, face à la République Tchèque (1-1) puis contre l’Espagne (0-0), un favori de la compétition. Tout restait donc à faire lors de la dernière journée.

Face à la Slovénie, les Azzurrini ont fait le travail avec la manière (4-0). Maggiore, Raspadori et Cutrone par deux fois ont trompé Vekic, le portier slovène. Une victoire rassurante qui permet à la Squadra Azzurra de rejoindre les quarts de finale en s’emparant de la deuxième place du groupe, derrière l’Espagne.

Cependant, le prochain tour sera gratiné puisque les hommes de Nicolato affronteront le Portugal, qui a terminé facilement en tête du groupe D avec trois victoires, notamment contre l’Angleterre. Danny Mota (Monza), Pereira (Crotone) et Dalot (Milan AC) composent notamment l’équipe lusitanienne, menée par Trincao, le joueur du FC Barcelone. Une opposition qui obligera la Nazionale à réaliser une grande prestation.

Cadres décevants et problème de discipline

Lors des deux premières journées, six joueurs au coup d’envoi évoluaient en Serie A, auxquels on peut ajouter Cutrone qui évolue en Liga. Un effectif de qualité, avec des joueurs habitués aux exigences du haut niveau. Toutefois, ces cadres n’ont pas été toujours à la hauteur. Par exemple, Tonali, qui est l’un des plus grands espoirs italiens, n’a pas eu l’influence escompté lors du premier match et son exclusion l’a privée des deux suivants. Ensuite, il y a Scamacca : malgré son but contre les Tchèques, l’attaquant est à l’image de ses aînés de la Nazionale, vendangeant plusieurs grosses occasions lors des deux premiers matchs.

Ces cadres ont aussi brillé par leur manque de discipline : les cinq expulsions concernent des joueurs de Serie A. Attendus comme des leaders pour cette équipe hétérogène, mêlant joueurs de l’élite et de Serie B, les joueurs du Genoa Scamacca et Rovella ont été exclus face à la Roja. Tonali et Marchizza ont subi le même sort dès le premier match, et le défenseur du Spezia Calcio a même réussi l’exploit d’être expulsé à nouveau contre la Slovénie. Un sang chaud qu’il faudra modérer si l’Italie ne veut pas se passer de ses meilleurs éléments pour les tours suivants.

Une ossature qui se dessine

Entre les expulsions et les blessures, Paolo Nicolato a eu l’obligation de composer différents onze. Et au terme de la phase de groupe, plusieurs joueurs se sont imposés dans le 3-5-2 du technicien. Tout d’abord, Marco Carnesecchi, le portier de la Cremonese, n’a encaissé qu’un seul but, une réalisation contre son camp. Aucun adversaire n’a donc réussi à tromper le gardien qui appartient à l’Atalanta. Il a su se montrer rassurant quand l’Italie était sous pression. Pour son arrière-garde à trois, Nicolato a démarré avec trois défenses différentes. Lovato et Gabbia ont gagné des points sans réellement apparaître comme incontournables.

C’est surtout dans l’animation que certains joueurs se sont imposés, à l’image de Cutrone. En délicatesse en club, le capitaine a su faire des différences : une passe décisive lors du premier match, un doublé contre la Slovénie, dont un tir somptueux et une envie communicante de gagner qu’il a transmis à ses partenaires. Autour de l’attaquant, Frattesi (trois matchs) et Maggiore (deux matchs) ont aussi tiré leur épingle du jeu, en se projetant avec brio vers l’avant. Le milieu de Monza a été le plus dangereux contre l’Espagne tandis que celui du Spezia Calcio a inscrit le premier but contre la Slovénie.

Si Nicolato espère conduire l’Italie à son sixième titre dans cette compétition, le dernier datant de 2004, il a deux mois pour ajuster son groupe et sans doute, les performances des trois premiers matchs l’aideront dans ses choix.

Ben Soffietti

Rédacteur



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