El Shaarawy, l’exil doré

Par Loris Meucci publié le 13 Juil 2019

Déjà courtisé par le championnat chinois en 2016 après une expérience non concluante du côté de Monaco, Stephan El Shaarawy s’était finalement laissé convaincre par Walter Sabatini et avait rejoint l’AS Roma. Sage et judicieuse décision au vu de son bilan sous le maillot giallorosso. A 26 ans, le Pharaon est arrivé à maturité et sort d’une de ses meilleures saisons. C’est pourtant le moment qu’il a choisi pour s’envoler vers une destination exotique. Un choix aussi discutable que compréhensible.

Tout le monde y gagne, enfin presque

Dans un marché qui repousse toujours plus loin les limites de la flambée, la Roma aurait peut être pu tirer un meilleur prix de son poulain. Néanmoins, le club récupère environ 18M (bonus compris) pour un joueur qui risquait de partir libre l’été prochain. Un joueur qui certes s’est souvent montré volontaire, sérieux, décisif mais jamais indispensable. En ce sens, la Roma devrait surmonter la perte de son ailier.

Le Shanghai Shenhua, quant à lui, tient sa recrue star. Outre l’apport sportif, c’est notamment en terme de marketing et de développement que le marché chinois réalise un nouveau gros coup. Nul doute que le retour sur investissement sera rapide, d’une manière ou d’une autre. A ce propos, les commandes du nouveau maillot de l’Italien affluent déjà !

Et enfin que dire du salaire astronomique que va percevoir le principal concerné : Avec 16 millions d’euros par an, Stephan El Shaarawy devient le footballeur italien le mieux payé de l’histoire ! Il devance d’autres expatriés comme Graziano Pellè, Sebastian Giovinco ou encore Marco Verratti. Une somme d’une telle indécence qu’un « je suis venu ici pour le projet » serait passible d’emprisonnement.

Le seul véritable perdant ? Le calcio. Le calcio qui voit un de ses enfants partir. Et ce, avant même que les plus belles pages de leur histoire commune ne se soient écrites.

Déjà la pré-retraite ?

En quittant un top club de Serie A pour rejoindre le 14ème (sur 16) de la Super League, les conséquences sportives sont importantes et inévitables. Si le Pharaon aidera sans doute sa nouvelle équipe à progresser, il ne faudra pas compter sur la moindre réciprocité. Son niveau de jeu est voué à plafonner dans le meilleur des cas. Sur le plan international, El Shaarawy n’était que rarement dans le viseur de Roberto Mancini malgré de bonnes performances en club. Désormais, il disparaît complètement des radars.

Pour autant, il ne faut pas exclure un possible retour de l’Italien au plus haut niveau. « Ce n’est pas un Adieu… » à en croire ses mots, il ne tire pas un trait définitif sur le calcio mais son départ sonne plutôt comme une parenthèse. Même s’il honore son contrat, le transalpin aurait 29 ans au terme de celui ci. Bien trop jeune pour être condamné à la retraite. Clairement le frein de sa carrière mais pas encore la fin.

Loris Meucci



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