El Shaarawy, le début de la fin?

Par Tristan Pubert publié le 06 Sep 2019

Étonnamment convoqué par Mancini pour ces confrontations de septembre face à l’Arménie (05/09) et la Finlande (08/09), El Shaarawy pourrait vivre ses derniers moments sous la tunique azzurra. Pourquoi? Car le natif de Savona a décidé de rejoindre la Chine cet été. Une décision à la fois surprenante et incompréhensible.

Un départ étonnant vers la Chine

A 26 ans, lorsqu’un joueur décide de quitter son club, c’est avant tout pour des ambitions sportives. Mais El Shaarawy est l’exception qui confirme la règle. En ce début de mois de juillet, à la grande surprise, le Pharaon décide de quitter la ville éternelle pour la Chine. Les dirigeants chinois s’adjugent l’ancien milanais pour 16 millions d’euros et un contrat de trois ans. Même si ses débuts en terre asiatique sont concluants avec notamment un doublé en demi-finale de Coupe contre le Dalian Yifang (3-2), El Shaarawy vient clairement de mettre un frein sur son avenir sportif.

Les raisons de ce transfert, pas besoin de les expliquer, on les connait tous. Le salaire de 40 millions sur trois ans en a été le principal argument. Généralement, les joueurs rejoignent les championnats « exotiques » en fin de carrière mais l’international italien s’est montré lui plus précoce. Un choix à l’image de sa carrière : incohérent.

D’autant plus qu’à l’AS Roma, Stefan El Shaarawy semblait avoir trouvé un environnement stable qui lui correspondait parfaitement. L’ailier italien se montrait beaucoup plus régulier notamment lors du dernier exercice. En effet, l’ancien attaquant de Monaco termine l’exercice 2018-2019 avec 11 buts en 28 matchs de championnat, des statistiques honorables que le numéro 92 n’avait pas atteint depuis la saison 2012-2013 avec le Milan (16 buts).

Une saison concluante où El Shaarawy donnait réellement l’impression d’avoir franchi ce fameux cap. Rester à la Roma était un gage de sécurité mais cela ne convenait visiblement pas au joueur formé au Genoa.
L’ailier italien adresse et explique son départ de manière explicite. Un communiqué sur ces réseaux où il remercie la Roma et ses tifosi pour ses trois saisons. Cependant il reste très bref sur ses raisons d’exode vers la Chine : «Il y a beaucoup, trop de facteurs à prendre en compte dans une telle situation et parfois cela ne dépend pas seulement de toi! Cela a été un choix difficile et lourd mais dans la vie on arrive toujours à un moment où certains choix doivent être fait. Quand on met sur la balance la carrière mais surtout la vie future».

Un avenir en Nazionale fortement compromis

Forcément, ce choix de carrière du Pharaon vient compromettre son avenir sous la tunique azzurra. A moins d’un an de l’Euro, Mancini doit commencer à former un vrai groupe avec des valeurs sures. Forcément, les performances en club seront le critère principal que le sélectionneur italien prendra en compte. El Shaarawy part donc avec un handicap et surtout un manque de «crédibilité» au vu des autres italiens sélectionnables. Ces derniers pourraient rapidement vivre cette situation comme une injustice puisque les prestations en club ne seraient pas forcément le critère le plus important. Pas le choix, l’ancien Rossonero devra se montrer excellent sur son temps de jeu en Nazionale (s’il en a bien entendu).

Un championnat exotique comme la Chine manque de compétitivité et d’adversité. Naturellement, cela aura un impact direct sur le niveau de l’ancien romain. Si pour ce rassemblement de septembre El Shaarawy ne sera pas largué, il est clair que sur la longueur il sera délicat pour lui d’être au niveau. Pour une compétition internationale comme l’Euro, nul doute qu’il sera impossible pour le Pharaon d’être au niveau attendu.

Son seul espoir pour le moment ? Aucun ailier n’a totalement convaincu avec la Squadra Azzurra sous Mancini. Avec 23 sélections à son actif, le Pharaon pourrait vivre ses derniers moments en sélection. A moins que ce passage en Chine ne soit qu’une parenthèse façon Gervinho. Avec cet Euro qui s’approche à grands pas, El Shaarawy s’est clairement mis tout seul une épine dans le pied. Des vacances chinoises pas forcément prises au meilleur moment en somme.

Tristan Pubert

Rédacteur



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