Edo De Laurentiis et Davide Ancelotti dans la tempête napolitaine

Par Florian Giunta publié le 02 Déc 2019
Ancelotti EDL

Edo, 34 ans, vice-président du Napoli et Davide, 30 ans, entraîneur adjoint se sont retrouvés exposés à la lumière début novembre. Fils d’Aurelio De Laurentiis et de Carlo Ancelotti, les deux trentenaires ont chacun joué un rôle durant la crise du club de Campanie. En ces temps agités faits de coups de gueules, de menaces et d’amendes, faisons mieux connaissance avec ces « fils de ».

Edo, le fils du président

ADL ne peut pas être à Los Angeles, à Naples et à Bari à la fois. C’est pourquoi il a délégué la gestion opérationnelle de ses clubs à ses fils Edoardo et à Luigi. Quand à l’issue du match de Champions League contre Salzbourg le 5 novembre, les joueurs décident de ne pas monter dans le bus pour la mise au vert, c’est Edo qui doit gérer les conséquences de la décision prise par son père. Le vestiaire est électrique. Des cadres comme Insigne, Mertens, Allan et Callejon disent à plusieurs voix : « Nous, à Castelvolturno pour sept soirées, on n’y va pas ! Dis à ton père qu’on reste à la maison ! ». Edoardo se trouve réduit à l’image de fils à papa. Son laïus sur le mode « c’est nous qui décidons, c’est nous qui payons » lui vaudra d’Allan une réplique haute en couleur : « Tes sous, tu peux te les mettre au c*l ». Ancelotti (père) et le directeur sportif Giuntoli devront s’interposer entre le Brésilien et le vice-président pour que la sévère engueulade ne vire pas en baston.

La suite est connue : ADL interdit aux joueurs de parler à la presse et prévoit des amendes. Mais en plein black-out, Edoardo en rajoute une couche le 18 novembre à quelques jours du match contre Milan. Lors d’une présentation publique de la « foire du foot » qui se tiendra en juin 2020, le fiston profite de la présence de deux anciens joueurs du Napoli pour balancer : « Montervino et Calaiò aimaient la ville et le club. Et ils avaient des cou***es. Une fois, Montervino a appelé mon père pour lui demander d’arrêter la mise au vert… au bout de quatre semaines« . Mauvaise gestion du conflit, provocations, le costume n’est-il pas trop grand pour Edo ? En tous cas, ADL a vécu l’affront fait à son fils comme une attaque personnelle.

Davide, fils et adjoint du coach

Footeux chez les jeunes du Milan mais pas convaincant, Davide est devenue l’ombre de Carlo. Comme préparateur physique chez les jeunes du PSG et au Real Madrid puis comme adjoint de l’entraîneur au Bayern et au Napoli. En Italie, Davide s’expose plus. L’an dernier il apparaît à la conférence de presse seul après la partie contre le Genoa et plaisante : « Même le Mister participe au turnover« . Des bruits de vestiaires du San Paolo racontent une conversation téléphonique agitée entre le président De Laurentiis et Carlo Ancelotti sur la place jugée « trop centrale » occupée par Davide. Le népotisme de Carlo avait déjà dérouté quand le PSG avait confié à David des responsabilités importantes alors qu’il ne parlait pas un mot de français. Un journaliste, Mario Sconcerti, a accusé récemment Carlo de laisser Davide, gérer intégralement les entraînements… Même Antonio Cassano y est allé de son commentaire à Tiki Taka : « Ancelotti, au Milan, c’était Tassoti qui s’occupait de l’aspect tactique, maintenant c’est son fils« .

Difficile d’affirmer qu’une lutte d’influence s’est installée entre les deux rejetons mais chacun à leur place ils ont du mal à séduire et à convaincre. Un proverbe italien dit qu' »au cavalier novice, on donne un cheval sans vice« . Pour le bien du Napoli, il est nécessaire que les papas remplissent leur rôle et ne cherchent pas à déléguer à des enfants en quête de légitimité.

Florian Giunta



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