EDITO : Il n’y a pas de problème de buteur mais …

Par François Lerose publié le 21 Nov 2018

1-0, une délivrance en amical qui survient à la 93ème minute, un peu comme face à la Pologne un mois plus tôt. Matteo Politano, rentré à la 87ème minute, réalise en moins de 6 minutes ce que d’autres n’ont su faire depuis des mois. Un but pas si anecdotique que ça et qui en dit long sur les « problèmes » offensifs de la Nazionale. Problèmes entre guillemets car évoquer un problème offensif porte de suite la lumière sur Immobile. Bouc émissaire d’une attaque qui ne tourne pas rond, l’attaquant de la Lazio n’a pas plus de responsabilités que d’autres et ça en devient agaçant qu’il faille à tout prix trouver LE fautif, surtout quand il est chez l’un des meilleurs joueurs italiens actuels.

Pour le comprendre il faudrait parler des latéraux en dessous de tout, qui ne dédoublent jamais, des milieux qui jouent trop bas et dont personne ne prend la responsabilité de diriger les offensives ou de donner le dernier ballon, ou encore des ailiers trop stéréotypés qui n’apportent que la moitié de ce qu’ils devraient. J’entends beaucoup trop de gens se concentrer sur le cas Immobile qui n’a pas le même rendement qu’en club. Mais est-ce le seul ? Verratti, Jorginho, Chiesa, Insigne ou encore Florenzi, voici quelques noms dans le même cas mais qui bénéficient malgré tout d’une immunité.

L’Italie a eu de grands buteurs oui, mais aucun d’entre eux n’a totalisé un nombre de buts en sélection incroyable. Dans l’histoire récente, seuls Inzaghi et Vieri avec 48 buts en 106 matchs cumulés. Des statistiques loin d’être incroyables. Quand le meilleur buteur de la Coupe du Monde 2006 italien était Luca Toni avec … 2 buts (doublé contre l’Ukraine, excusez du peu), cela ne pose pas de problème outre mesure. En revanche aujourd’hui, le problème offensif vient forcément et seulement, du meilleur buteur de Serie A l’année dernière ? Paradoxal ? Non, stupide.

Le but de Politano est symptomatique. L’arrêt sur image au moment du but est frappant. Kean, Politano et Gagliardini (!) sont dans la surface en position de marquer, deux latéraux sont à l’angle de la surface et Verratti est positionné en 10, le poste qu’il doit s’approprier dans cette Nazionale quoi qu’en disent ses détracteurs. Un apport collectif offensif qui a démantelé les USA en 10 secondes. Politano à la construction côté droit et à la finition dans l’axe avec son mauvais pied, le droit, histoire de montrer qu’il n’y a pas que les gauchers à droite ou les droitiers à gauche qui peuvent repiquer, c’est avant tout une question de mentalité. Insigne décroche trop, Chiesa colle la ligne de touche et ne lève que rarement la tête. En une action on a vu plus de joueurs de la Nazionale dans la surface que de buts marqués sur ce début de saison 2018/2019 par la Squadra. Pas un hasard. Ciro Immobile est bien sur, un des symptômes, mais n’est pas la maladie. Pour le remède, il faudra aller le chercher du côté de la formation. L’identité de jeu italienne n’existe pas aujourd’hui et les projets sont loin d’être clairs. Du jeu direct, des contres et un bloc bas solide, de agressivité dans les duels, c’est ça l’Italie que l’on veut voir (et on aurait les joueurs pour !). Pas une pale imitation d’une Espagne à son apogée, car imiter ne créé par l’identité.

François Lerose

Rédacteur en Chef



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