EDITO : Face à la Suède c’était mieux

Par François Lerose publié le 18 Nov 2018

Un édito un brin provocant, volontaire, au lendemain de ce nul entre l’Italie et le Portugal. Mais s’il fallait vraiment se mouiller, pourrait-on dire que ce match face au Portugal était de meilleure facture que celui face à la Suède un an plus tôt dans le même stade et avec une physionomie quasi-identique ? Domination territoriale, stérilité offensive et un adversaire incapable de construire quoi que ce soit, ne se montrant dominant que 10 minutes à l’heure de jeu.

L’an passé l’Italie avait tiré 27 fois face à la Suède sans trouver la faille pour 6 tirs cadrés. Hier, 18 frappes pour 3 tirs cadrés et je peux les compter. Insigne à la 10ème minute d’une frappe spontanée (spontanéité qui le quittera de suite), Immobile en face à face avec Rui Patricio et une tête de Pellegrini en fin de match captée sans souci. Voila la force de frappe de l’Italie aujourd’hui. 0 but, 6 matchs à domicile sans victoire consécutifs.

Jusqu’à présent Mancini a beaucoup expérimenté, mais n’a réellement rien construit sur le terrain. Si mentalement, l’Italie semble aller mieux, techniquement, ce sont toujours les même lacunes.

Dominer un milieu de terrain c’est bien, Verratti-Jorginho-Insigne ont régalé avec des passes dans les petits espaces et une fluidité rare. Mais après ? Rien. Aucun ballon distillé aux ailiers, aucune profondeur trouvée par un Immobile se demandant à quel moment il faut partir tant les trois cités semblent jouer en dilettante. Des bons ballons ? Il faut les compter. Il manque la verticalité à l’Italie dans les 35 derniers mètres. Verratti garde trop sa balle, ne frappe jamais quand il le peut, Insigne décroche trop pour toucher le ballon et agace par sa nonchalance et je garde mon constat sur un Jorginho qui sans Sarri ne sait plus s’adapter à un schéma tactique qui demande du jeu direct en phase offensive. Si beaucoup se gargarisent d’une domination face au champion d’Europe 2016, je me contenterai de dire que l’Italie a fait un nul face au 8ème de finaliste du Mondial 2018, le même résultat qu’un an plus tôt face à un quart de finaliste. Le Portugal n’a jamais réellement été inquiété.

Pas de Final Four, pas une réelle déception, mais le sentiment que beaucoup de choses ont été tentées, mais peu de choses ont été construites (dans le jeu). Le problème du numéro 9 est une fausse excuse. Quid des latéraux inefficaces dans les dédoublements ? Quid des milieux qui jouent tous trop bas, incapables de faire le lien avec l’attaque ? Qui aussi d’un Insigne qui évolue en relayeur tandis qu’un Chiesa, bien qu’étant un potentiel indiscutable, bénéficie d’un totem d’immunité même quand il est mauvais sans jamais repiquer dans l’axe? Immobile n’est pas un bouc émissaire, n’est pas un « problème ». L’Italie n’est pas son problème. Et si on enlève le contexte, j’ai préféré le match face à la Suède. C’est un brin provocant certes, à vous d’y apporter de la demi-mesure peut-être ?

François Lerose

Rédacteur en Chef



Lire aussi