Dybala : Une saison à oublier ?

Par Rafaele Graziano publié le 25 Fév 2021

Trequartista, ailier, seconde pointe, finisseur ou passeur, Paulo Dybala est le petit couteau suisse dont les tifosi turinois sont tombés amoureux en 2015. Derrière un visage innocent, des dribbles effrontés et un talent brut qui fait les affaires de la Vielle Dame depuis quelques années – de quoi lui valoir le mérite du mythique n°10 ainsi que le titre de meilleur joueur de Serie A la saison passée. Oui, mais tout rêve a une fin et cette saison s’apparente davantage au cauchemar pour l’Italo-argentin qui cumule les blessures et cherche encore une place dans ce remue-ménage turinois depuis l’arrivée de Pirlo. La saison est-elle déjà tracée pour lui ?

Une pathologie onéreuse

C’est un phénomène connu, les Sud-américains sont souvent sujets à des problèmes physiques et Paulo Dybala ne fait pas office d’exception. Les séjours prolongés en infirmerie ne sont pas rares pour l’Argentin : à la même période en 2018 déjà, Dybala manquait 6 rencontres pour un claquage tendineux, il passait à côté de 5 autres matchs entre mars et mai 2019 dont certains de C1 et si la saison passée la Joya fait peau neuve et joue une saison complète – tant d’un point de vue de la régularité physique que sportive – cette année : rebelote, c’est la soupe à la grimace.

Une blessure à la cuisse en fin de saison dernière l’écarte du groupe d’entrée de jeu. Une fatigue musculaire le renvoie sur le banc de touche en décembre. Mais c’est depuis le 10 janvier et sa sortie prématurée face à Sassuolo que les choses prennent une tournure plus sombre : blessure au ligament médial, Dybala ne reviendra plus jamais. Supposé faire son grand retour face à Crotone ce weekend, l’Argentin est encore trop court physiquement, Pirlo déclare récemment que son temps de récupération ne peut être défini. Plus qu’un coup dur, un coup de poignard dans le dos du jeune attaquant et de son coach puisqu’il tombe aussi mal d’un point de vue sportif que financier : à 7,3M€/ saison soit environ 28 000€/ jour, Dybala aurait tout intérêt à récupérer rapidement s’il veut justifier d’un des meilleurs salaires de Serie A.

Remède ou fardeau ?

En début de saison, Dybala n’est que l’ombre de lui même, il ne joue que 646 minutes, n’est titularisé que 8 fois car oui,  au-delà des blessures, c’est surtout pour son faible rendement que la confiance de Pirlo ne lui est pas accordée. En résultent des chiffres bien inférieures aux attentes du joueur : 15 tirs, 2 buts et 2 passes décisives. Le doute plane autour du n°10 qui semble perdre confiance et n’influe plus sur le jeu bianconero; moins incisif, brouillon, il laisse quelques bribes de son immense talent mais désormais, le bijou ne brille plus.

Pourtant, alors que la Juventus est en cruelle panne d’inspiration offensive, il était celui qui avait insufflé l’enthousiasme dans les premières lignes turinoises après la déroute florentine lors d’un Milan AC-Juventus de haut vol, la Joya semblait bel et bien de retour, mais c’était sans compter une énième blessure moins de 10 jours plus tard. Un coup du sort qui tombe mal puisque comme souvent, c’est en seconde partie de saison que Dybala porte ses fruits. Et on peut dire que de sang neuf, la Vielle Dame en a besoin : dans la transition notamment où la projection de balle est terriblement lente ; dans la distribution puisque l’essentiel des passes turinoises sont latérales ou défensives et dans la finition car si ce n’est pour Ronaldo les filets ne tremblent que trop peu des pieds turinois. L’Argentin est l’un des seuls éléments manquants capables d’inverser la tendance et alors que le temps presse et que l’étau se resserre autour du club et de ses objectifs (notamment européens), Pirlo peut-il encore compter sur son joker albiceleste ?

Fort d’une saison de fuoriclasse Dybala incarne, a fortiori, l’espoir, mais alors que l’on sait son équilibre très fragile, Pirlo n’a de choix que d’avancer sans le fantasque argentin dans l’espoir d’un retour en trombe et la crainte d’une saison blanche !

Rafaele Graziano



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