Douglas Costa, l’heure de vérité ?

Par Rafaele Graziano publié le 15 Jan 2020

Alors que son temps de jeu stagne depuis son retour de blessure, le Brésilien de la Juventus, pourtant idole des tifosi, semble atteindre un point de non retour dans sa carrière : plusieurs fois sur les tablettes du mercato, cette saison 2019/20 sera-t-elle « son » année – celle de la rédemption ou de la chute ?

Un éternel espoir

Douglas Costa fait partie de ces joueurs, qui, naturellement, savent embellir une rencontre. Pourtant, son maintien à Turin n’est pas assuré – le natif de Sapucaia do Sul possède un talent aussi indéniable que l’amour que lui porte le peuple turinois, mais malheureusement, aussi vif soit-il, il se fait rattraper (oui, c’est possible !) par de vilains défauts : l’inefficacité en étant un. Pour rappel, le Brésilien ne comptabilise que 8 buts en 83 rencontres pour la Vieille Dame (0 cette saison), un bilan bien maigre pour son profil, certes non prolifique, mais dont on attend plus.

Son image de « tueur » de rencontre (spacca-partite comme le disait Max Allegri) semble faire oublier que son poste de remplaçant n’a essentiellement pour cause que son rendement – certes fortement influencé par sa plus grande tare : l’irrégularité, cela s’entend, physique. Depuis son arrivée, l’ailier turinois totalise 268 jours d’absence en club, sa condition physique lui aura fait manquer 50% des matchs de championnat, un boulet qu’il traîne inlassablement tel un obstacle perpétuel à un talent qui ne demande qu’à exploser. Le titulariser devient un luxe pour la Juventus qui ne peut plus se permettre de craindre pour sa santé ou risquer de perdre leur joker. Le « vrai » Douglas Costa doit encore éclore.

L’heure de la rédemption

Courtisé par de nombreux clubs tels que le PSG (prêt à y mettre le prix) cet été, l’idée d’un départ séduit la direction mais est écartée par Sarri, au grand bonheur des tifosi. Et par chance, car force est de constater que Costa a toutes les chances de montrer sa vraie valeur à Turin : c’est un profil unique – par sa réputation (vantée par nul autre coéquipier) mais surtout par sa liberté d’expression, le joyau brésilien étant le seul à qui il est permis de laisser libre court à ses propres instincts. La finition n’étant pas sa marque de fabrique, c’est à la distribution qu’il régale, si bien qu’il se voit confier le rôle de trequartista – inauguré contre le Lokomotiv Moscou et qu’il se doit de regagner. 

S’il suit son rythme de 2018 (janvier-mai), où il s’illustrait par sa vision de jeu (10 passes décisives), sa vitesse (34km/h), mais surtout sa capacité à effacer ses adversaires (97 dribbles, plus qu’aucun autre turinois), Douglas Costa serait en mesure de chasser ses démons et de se racheter. Cette saison, même en 274′, la Juventus se porte bien mieux avec « The Flash » que sans lui ; plus de buts marqués (2 buts/match contre 1,7), moins de buts subis (0,9 buts contre 1,1) et plus de points par match (2,7 contre 2,2). Ses entrées sont fracassantes, comme son unique – et magnifique – but en C1, synonyme de qualification à la phase finale, justifiant pleinement l’espoir qui lui est accordé.

Des statistiques que le protagoniste devrait observer puisqu’il est le seul en mesure de les corroborer. Douglas aurait confié à Maurizio Sarri sa détermination à suivre un régime spécifique et une hygiène de vie plus saine, des arguments de bonne augure – quand on connaît la réputation des joueurs brésiliens – pour sa réinsertion dans le groupe puisqu’avec la confiance amoindrie en Bernardeschi et la réticence de Sarri à aligner le trio delle meraviglie, une place de titulaire est envisageable. Associé à un Dybala intouchable et un Ronaldo retrouvé, l’Europe n’aurait qu’à bien se tenir.

Véritable Monsieur plus, la Juventus aimerait ne pas se séparer d’un tel joueur, mais même la plus ambitieuse entreprise ne peut aboutir sans un minimum de cohérence et de stabilité. Au vu de l’importance de sa participation, on espère que le fantasque ailier brésilien saura gagner la confiance du club et porter le Calcio sur le devant de la scène européenne.

Rafaele Graziano



Lire aussi