DOSSIER : « Grande Torino, toujours un mythe 70 ans après Superga », avec River Plate, eterna amistad

Par Florian Giunta publié le 24 Nov 2018

A l’occasion du 70ème anniversaire du drame de la Superga qui a vu la mort, lors du crash à Turin, des joueurs du Grande Torino le 4 mai 1949, Calciomio vous offre une série d’articles. Entre aujourd’hui et juin 2019, ce n’est pas moins de huit articles, qui chaque mois, vous plongeront dans l’histoire de ce qui est aujourd’hui le Torino FC mais aussi dans les résonances que cet événement a encore aujourd’hui. Premier volet de notre série, à quelques heures d’une finale de Copa libertadores : l’amitié entre le club Turinois et le club argentin de River Plate.

Le Président de River Plate à l’initiative d’un match caritatif.

Ce 5 mai 1949, à plus de 10 000 kilomètres de la capitale piémontaise, Antonio Liberti, président du club argentin de River Plate, est bouleversé par la mort des 31 membres du club du Torino dans un crash sur la basilique de la Superga. Ce descendant d’immigrés Génois, très attaché à l’Italie, rêvait que son club rencontre les prestigieux Italiens. Spontanément, il propose à ses joueurs de se rendre à Turin afin d’y jouer un match en hommage aux morts de l’équipe du Torino ; la recette de la billetterie devant être versée au profit des familles des disparus. Les joueurs du club argentin acquiescent à cette idée folle et généreuse de leur président. De Buenos Aires, l’équipe de River Plate met 34 heures pour rejoindre Rome après des escales à Dakar et Lisbonne ! Mais il s’agit de rendre hommage à l’équipe, de renommée internationale, qui a tout gagné en Italie entre 1946 et 1949.

Un club sans équipe pour une partie spectaculaire

Désormais le Torino est un club prestigieux sans équipe. Se forme alors le « Torino Simbolo », constitué de joueurs des plusieurs équipes italiennes : six de la Juventus (Sentimenti IV, Manente,  Boniperti, Hansen J., Angeleri et Muccinelli), deux du Milan (Annovazzi, Nordahl III), quatre de l’Inter (Giovannini A, Achille, Nyers I et Lorenzi). Les clubs de la Fiorentina, de Novara, et de Bari sont représentés par chacun un joueur : Furiassi, Ferraris II et Moro. En face, River Plate au complet compte dans ses rangs un petit jeune qui fera beaucoup parler de lui : Alfredo Di Stefano marquera d’ailleurs à la 81ème minute. C’est une partie spectaculaire qui s’achève par un 2-2 ce 26 mai 1949 au stadio Comunale devant 50 000 spectateurs. River a un championnat à jouer et repart le lendemain pour l’Argentine, pas sans avoir remis un trophée aux dirigeants granata offert par Eva Peron. Dans la foulée du match, le Président de River fait monter sur ses automobiles des plaques d’immatriculations rendant hommage au Grande Torino… Petite excentricité de cet homme au grand coeur.

Les traits d’union Toro/River d’hier à aujourd’hui

Sans être omniprésente, cette amitié parsème l’histoire des deux clubs depuis 70 ans. Par le biais des maillots d’abord. Durant les années cinquante, le second maillot de River était souvent de couleur grenat. Le dernier maillot grenat de River date de 1995. A son tour, le maillot extérieur du Torino pour la saison 2016-2017 arbore la célèbre bande des Millionnaires de l’épaule gauche à la hanche droite. Un joueur a porté le maillot des deux clubs : Enzo Francescoli. Malgré ses petits 24 matchs et 3 buts avec le Torino, Francescoli reste le joueur-symbole de cette amitié. L’Uruguayen, joueur emblématique de River Plate, a joué au Toro durant la saison 1993-1994 après son passage à Cagliari. Une initiative muséale a aussi vu le jour. En 2014, une exposition est montée au musée du Torino à Grugliasco afin de commémorer ce match de « l’eterna amistad ». Et des anonymes cherchent à maintenir ce lien. Comme Mike Duval, responsable du musée de River plate qui a créé le Toro Club Buenos Aires et a organisé une marche à la Superga avec des tifosi argentins et Italiens le 25 avril 2015. A l’ère du numérique, un compte twitter en langue espagnole @UnidosRiverToro, illustre, en peu de caractères et en nombreuses photographies, cette « éternelle amitié » née d’un drame et qui se nourrit autour d’un ballon.

Florian Giunta



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