Donnarumma meilleur gardien d’Italie ? Pas si sûr

Par Cesco publié le 05 Oct 2019

Il porte le Milan AC sur ses épaules ou plutôt, il supporte le Milan AC. Dernier rempart d’un club à la dérive, le géant italien doit s’employer chaque week-end pour tenter de préserver le but d’une équipe en difficulté et ce, depuis sa promotion dans l’équipe première par Sinisa Mihajlovic. Admiré lors de ses débuts, puis décrié au moment de sa saison « Dollarumma« , Gigio a enfin retrouvé son calme pour montrer de quoi il était capable. Suffisant pour trôner avec pérennité sur les cendres de Gigi Buffon en Nazionale ?

Le syndrome « nouveau bidule »

L’Italie n’apprend jamais de ses erreurs, c’est une affirmation aussi vraie que « l’eau ça mouille« . En voyant débarquer cette grande tige dans les buts du Milan AC, les observateurs se sont empressés de le hisser au sommet des espoirs du Calcio. Le « nouveau Buffon« , avant même d’être majeur et d’avoir quelques références. Rendez-vous compte. Passée l’euphorie de la première demi-saison, celle de la surprise façon Locatelli, il a fallu confirmer. Confirmer dans la tête, sur le terrain et dans le comportement. Trois critères sur lesquels le joueur géré par Mino Raiola a échoué. Jeunesse ou pas, Donnarumma est désormais un professionnel qui doit s’assumer, de la tête aux pieds.

L’affaire du renouvellement de contrat a été trop lourde a porter pour le milaniste. Raiola, habile a su se servir des envolées lyriques de la presse italienne pour jouer des coudes afin de garnir le portefeuille déjà grassement plein de l’agent véreux. Jet de billets sur les terrains avec les espoirs, pleurs dans le vestiaire et contestation des supporters, la deuxième saison de Donnarumma est un calvaire. Pourtant il s’accroche, déçoit et revient mieux ensuite, après avoir fait signer son frère au club.

Stabilité et défauts toujours présents que la jeunesse explique mais n’excuse pas

Aujourd’hui Donnarumma est capable du pire comme du meilleur. Dans un bon jour, il est capable de repousser les assauts de l’armée américaine, seulement dans le contexte du Milan actuel, la fébrilité se fait vite ressentir. Jeu au pied hésitant et faible, fautes de main parfois grossières (la dernière en date sur le but de Belotti lors de la défaite 2-1 de son équipe), Gigio n’a pas encore la panoplie du gardien solide et parfait que réclame l’équipe nationale. Une panoplie légèrement plus à la taille pour le moment d’un Sirigu avant d’être pourquoi pas enfilée par Alex Meret.

Le jeune gardien du Napoli joue désormais la Champions League et a été éblouissant plus d’une fois avec son club. Alors qu’il avait impressionné dans un match face à l’Allemagne en Euro espoir, le gamin du San Paolo pourrait avoir son mot à dire très rapidement, d’autant qu’il n’a pas à se montrer timide dans la comparaison avec Donnarumma. Face à cette concurrence, accorder le statut d’indiscutable et de meilleur gardien à Donnarumma parait exagéré. Cependant, il ne faut pas oublier le potentiel du joueur, tout comme il ne faut pas oublier d’avoir la même prudence pour parler d’un Meret. Aujourd’hui, Mancini lui consacre sa confiance. Mais en juin, qu’en sera-t-il ?

 

Cesco

Rédacteur en Chef



Lire aussi