Donnarumma-Maignan, le Milan AC remplace le meilleur gardien de Serie A par le meilleur gardien de Ligue 1

Par Luca Dangréaux publié le 28 Mai 2021

Une page se tourne au Milan AC. Gianluigi Donnarumma, Gigio, le jeune et grand garçon de Milanello, ne sera plus le gardien de l’équipe la saison prochaine pour la première fois depuis six ans. Le portier de la Nazionale n’a pas officiellement quitté son club formateur mais l’arrivée de Mike Maignan conjuguée aux propos de Maldini vaut comme tel. De plus, impossible d’imaginer l’ancien de Lille passer une saison sur un banc de touche. Que les supporters se rassurent, s’ils perdent le meilleur gardien de la Serie A, ils récupèrent le meilleur gardien de la Ligue 1. Avec quelques défauts, de belles qualités, ainsi qu’une marge de progression.

Un travailleur acharné et récompensé

Pour environ quinze millions d’euros, le Milan AC a acheté l’un des meilleurs gardiens français. Deux raisons expliquent ce prix que nous qualifieront de raisonnable : la seule année de contrat qu’il restait à l’international français dans le nord de la France et un potentiel remboursement caché entre les fonds d’investissement Elliott et Merlyn Partners. Nous allons nous concentrer sur le sportif, sur le joueur qu’est Maignan. Le principal mot qui sort de la bouche de ceux qui ont côtoyé le nouveau gardien milanais, c’est « travail ». Maignan n’est pas l’évidence qu’était Donnarumma à ses débuts, sinon n’aurait-il sans doute pas été libéré par le PSG puis laissé sur le banc pendant deux saisons par la Losc. Gigio et Mike ont commencé à tutoyer le monde pro tous les deux en 2015 ; le premier compte aujourd’hui presque 300 matches professionnels, le second 181. Le Français, c’est par le travail qu’il est allé chercher ce qu’il obtient aujourd’hui.

Son transfert dans un grand d’Europe conclut une, voire plusieurs saisons remarquables. Depuis l’exercice 2018-2019 et sa place de titulaire actée par Christophe Galtier, rares sont les grossières erreurs commises par le gardien. Cette année, il boucle un championnat à trois défaites, 22 clean-sheets et 23 buts encaissés. Des statistiques qui se confondent avec celles des équipes toutes-puissantes du continent. En trois saisons, Maignan est devenu un roc, très « Neueresque » dans ses manières. Sur les face-à-face, il se fige au maximum avant d’élargir son corps du plus étendu qu’il le peut, sans se jeter. Il jaillit bien sur sa ligne, le regard toujours fixé sur le ballon. Comme l’Allemand, il ne garde que très rarement le ballon en sa possession et relance au plus vite. Comme l’Allemand, pied droit comme pied gauche, il est facile.

Le cap du plus haut niveau

Le travail et la progression qui accompagne en ont fait un gardien complet mais pas encore un gardien parfait. Mike Maignan a très peu évolué au très très haut niveau et lorsque cela a été le cas, il a perdu en efficacité. Observation faite lors de la campagne de Champions League du Losc, en 2019-2020. La poule de Lille n’était pas aisée (Chelsea, Ajax et Valence), toute l’équipe était en-dessous du niveau requis par ce groupe et le gardien n’a pas fait exception. Le premier but qu’il encaisse dans la compétition, sur la pelouse néerlandaise (score final 3-0) est le symbole d’un de ses derniers vrais points faibles, à savoir la communication. Explication dudit but : un centre arrive au cœur de la surface, son défenseur Gabriel est sur la trajectoire et Maignan fait un pas en avant comme pour capter le ballon. Gabriel le voit. Se sachant finalement trop court, il abandonne son idée et crie au Brésilien désormais à Arsenal « dégage ». Ce dernier comprend « laisse » et s’écarte. En six matches, il a encaissé 14 buts et réalisé aucune grosse performance. Communique-t-il mal ou trop ?

Là encore, la marge de progression laisse espérer un avenir radieux pour le Tricolore. Didier Deschamps en a fait son gardien numéro trois sûr – voire 2 bis – et il se sait que le sélectionneur français ne renouvelle pas sa confiance aux joueurs qui n’ont pas la stature internationale. En Europa League cet hiver, il avait été plus solides sur les double-confrontations contre le Milan et l’Ajax. Une dernière interrogation parait légitime quant à son intégration à l’étranger.

Luca Dangréaux



Lire aussi