Divorce Inzaghi-Lazio : La fin d’un cycle

Par Rafaele Graziano publié le 31 Mai 2021
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Enfant du club, biancoceleste dans l’âme, Simone Inzaghi était parti pour durer avec la Lazio. Si tout laissait présager une carrière da bandiera en tant qu’entraîneur après un passage moins lumineux mais tout aussi intense comme joueur, le départ du technicien émilien fut tout sauf serein et pacifique. Un récit on ne peut plus romain : chargé d’émotions, de hauts et de bas parsemés de mélancolie et de passion mais avec une fin rarement heureuse.

La naissance

Lorsqu’il prend les rennes de son amata Lazio à l’été 2016,  Simone n’a aucune expérience de haut niveau en tant qu’entraîneur et ne faisait qu’office de d’interim. Les Biancocelesti avaient obtenu un ticket pour la Champions League un an plus tôt mais furent incapables de garder le rythme. Ainsi, la défaite humiliante lors du derby (4-1) le 3 avril 2016 signait le dernier match de Pioli et les débuts, plus que troublants, d’Inzaghi. S’il ne parvient pas à redresser la pente cette saison là, la patte du mister biancoceleste ne tardera pas à se montrer. Avec l’arrivée avortée de Bielsa, Inzaghi fut confirmé aux commandes. Dès la saison suivante, peu à peu, le 4-3-3 laissera place à un 3-5-2 tant apprécié du jeune coach.

La méthode

Donnant plus de liberté au petit nouveau Milinkovic-Savic et au plus expérimenté Biglia au milieu de terrain, l’attaque est subitement métamorphosée, Immobile se déchaîne et les résultats sont rapidement visibles. Le projet sportif de Simone et du Président Lotito commence à prendre forme. Seul défaut de cette Lazio : elle ne gagne jamais face aux gros. Un remède auquel elle remédiera, Inzaghi construisant peu à peu un effectif capable de rivaliser avec n’importe quelle force – pour lors – nationale. Sous ses ordres, Luis Alberto, au profit de Biglia, éclot, devenant indispensable pour les siens et même protagoniste absolu de Serie A. Un milieu costaud pour étouffer les attaques adverses, des ailiers techniques et fulminants pour faire repartir le bloc et servir les attaquants, et un goleador insatiable assiégeant les défenses tricolores : paris gagné pour Inzaghi qui devient en 2018 le 1er biancoceleste à remporter la Supercoppa (en matant la Juventus qui plus est) en tant que joueur et entraîneur. La technicité de l’effectif alliée à une circulation de balle accélérée en font une redoutable machine à contre.

Malgré des hauts et des bas, le rôle d’Inzaghi semble coller à la perfection : les joueurs le suivent et les tifosi l’adorent. Son implication est totale, son équipe est tantôt radieuse tantôt décevante, quasi adepte de l’adage « ça passe ou ça casse ». L’apogée de son oeuvre arrive lors de la saison 2019/20 où tous, italiennes et européennes sans exception, redoutent le rouleau compresseur mis en place par Simone. Le résultat de plusieurs années de labeur récompensé, presque injustement, que d’une 4ème place due certainement à une pause Covid destructrice.

Le divorce

Mêmes les meilleurs choses ont une fin. Cette année et pour la première fois en tant qu’entraîneur, Simone est en proie à ses premiers démons : comment surmonter ses déceptions ? Après une saison tonitruante où tout laissait présager un Scudetto fort mérité, difficile de remonter la pente. La Lazio, jamais, ne s’en remettra réellement. Contraints d’assister en spectateurs aux luttes au sommet du classement, Inzaghi et son amata Lazio, ont un coup de mou. L’entraîneur est tiraillé entre son désir de découverte et son attachement aux couleurs biancocelesti si bien qu’il communique son départ du club à peine quelques heures après avoir signé les papiers d’un renouvellement de contrat, laissant son Président penaud (selon les dires de Lotito), sans doute timoré à l’idée de remplacer, et rapidement, une icône dont l’ADN était si bien incrusté.

Il figure parmi les meilleurs entraîneurs italiens en activité, Inzaghi n’aura certes pas conquis l’Italie mais il aura, toujours, conquis le coeurs de ses tifosi, de quoi donner quelques satisfactions aux Interisti maintenant qu’il est passé de l’autre côté.

Rafaele Graziano



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