Diogo Dalot, la solution idoine côté droit ?

Par Aurélien Bayard publié le 20 Nov 2020

Depuis deux ans, Davide Calabria et Daniele Conti se partagent le poste de latéral droit sans que l’un soit plus transcendant que l’autre. Les deux internationaux italiens devraient donc se méfier du nouvel arrivant, Diogo Dalot. Rapidement affublé d’étiquette de crack, le Portugais cherche à se relancer après son couac mancunien.

Cœur de dragon

Diogo Dalot est un petit ovni au sein de sa famille. Si lui exprime son bien-être avec ses pieds, le reste de la tribu privilégie le chant. Son père comme sa mère officient régulièrement dans l’église du village de Braga et sa grande sœur s’est également trouvé une passion pour le solfège et les vocalises.

Qu’importe, charité bien ordonnée commence par soi-même et tout le monde encourage le jeune bambin à réaliser son rêve, devenir footballeur professionnel. À 6 ans, ses parents l’inscrivent dans la petite académie de Fintas. Mais là-bas, Diogo a tendance à oublier son éducation chrétienne et martyrise ballon au pied l’intégralité de ses petits camarades. Pour résoudre le problème, ses formateurs l’envoient s’entraîner avec des jeunes de 3 ans de plus que lui. Cela ne l’arrête pas, le gamin « pue » le foot. 2 ans plus tard, il se retrouve convié à une session de détection au sein des deux clubs les plus prestigieux du pays, Benfica et Porto.

Dirigeant benfiquiste comme portiste tombent sous le charme du jeune prodige et c’est à Dalot de faire un choix. Sans la moindre hésitation, il signe pour les Dragões, son club de cœur depuis tout petit. Il gravit les échelons sans le moindre mal et à 16 ans le voilà déjà avec les pros.

Le couac de Man U

Cependant, il doit encore attendre avant d’effectuer sa première apparition. Milieu récupérateur dans la réserve de Porto, latéral droit en Youth League, Dalot brille par sa polyvalence. Alors quand Alex Telles se blesse en février 2018, Sérgio Conceição le place latéral gauche. 8 matchs plus tard, il est déjà perçu comme un taulier mais sa progression est stoppée nette par une blessure au ménisque. L’étoile Diogo Dalot brille de mille feux mais est malheureusement filante. Il ne refoulera plus la pelouse de l’estádio do Dragão.

Son contrat expire dans un an et le natif de Braga rechigne à prolonger. Pourtant, Pinto Da Costa a consenti de vendre Ricardo Perreira pour mettre Dalot dans les meilleures conditions. La raison est simple, les sirènes mancuniennes charment le jeune homme. « Il a tous les attributs dont un latéral a besoin : le physique, l’intelligence tactique et la qualité technique. Dans sa catégorie d’âge, il est le meilleur d’Europe » déclare José Mourinho. La voix mélodieuse du Special One le convainc de plier bagage en Angleterre.

Sa blessure retarde son intégration et après un match contre les Young Boys de Berne, il oscille entre les tribunes et l’équipe réserve. Et quand il se sent enfin prêt, les blessures reviennent. Une éclaircie arrive à partir du mois de novembre mais le ciel s’assombrit très vite. Mi-décembre, l’homme qui croyait en lui, José Mourinho, est limogé.
L’arrivée d’Ole Gunnar Solskjaer marque le début de sa descente aux enfers. Ses prestations ne sont plus au niveau et l’émergence d’Aaron Wan-Bissaka le scotche sur le banc. Face à cette situation critique, un départ devient donc inéluctable.

Un prêt déjà concluant ?

L’ancien pensionnaire de la génération dorée portugaise débarque en Lombardie dans les dernières heures du mercato estival. Pour le mettre dans les meilleurs conditions, Stefano Pioli l’intègre progressivement.

Avec seulement 19 petites minutes en Serie A, Dalot n’a pas vraiment goûté au championnat italien. En revanche, il se rattrape en Europa League où il a disputé l’intégralité des matchs de phase de poule. Le bilan est plutôt positif. Propre face au Celtic Glasgow, indispensable contre le Slavia Prague, il faisait partie des rares éléments à ne pas avoir totalement sombré lors de la déroute contre le LOSC.

Nul doute que le Portugais va prendre de l’importance au sein de l’effectif rossonero et il se murmure que les dirigeants milanais souhaitent déjà le transférer à titre définitif.

Aurélien Bayard



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