Diawara, l’herbe serait plus verte ailleurs

Par Rémi Falvo publié le 14 Jan 2019

Depuis le début de la saison, Amadou Diawara ne comptabilise que dix apparitions sous le maillot napolitain. Pour certains, cela semble normal. « Il est jeune. » Pour d’autres, il y a de quoi tirer la sonnette d’alarme.

Petit poisson dans un grand bocal

Sous Sarri, le milieu de terrain monte en puissance. Sa place de second couteau dans le milieu à 3 que ce soit avec Hamsik, Jorginho, Allan, Zielinski, Rog, lui va à merveille. A chaque fois, il impressionne par son aisance technique, et sa propreté. « Quand même à son âge… » Oui mais ce refrain ne va pas durer. Aujourd’hui, Diawara a 21 ans. Pas de quoi accorder de l’importance aux cotisations pour la retraite, mais tout de même, c’est un moment de sa carrière où il vaut mieux se montrer, histoire de briller un peu. Parce qu’il le mérite, au vu de ses qualités. Statistiquement parlant, il ne joue pas moins avec Ancelotti qu’avec Sarri. Mais la situation est un peu plus inquiétante, quand le schéma en 4-4-2 laisse un peu moins de place pour lui, et quand Hamsik, Allan et Zielinski réalisent une première partie de saison enthousiasmante, qu’il voit le plus souvent du banc de touche. La solution la plus évidente serait pour lui de s’en aller. Seulement, on ne part pas du vaisseau commandé par De Laurentiis comme ça. Il faut une sorte de pass V.I.P, qui, dans le cas de Diawara, s’élève à 35 millions d’euros. Somme gourmande quand on sait que le joueur n’a disputé que 46 matchs de championnat en deux saisons et demi avec le Napoli… Du coup, Diawara se retrouve dans une situation où il ne joue pas assez, et où il évolue clairement dans l’ombre de ses coéquipiers.

La Fiorentina l’a dans le viseur

C’est la Fiorentina qui s’est montrée la plus intéressée par le profil du milieu de terrain guinéen. Le Napoli ne ferme pas la porte aux Florentins, mais précise que pour la maintenir ouverte, il faudra que soit Chiesa soit Veretout entre dans le projet. Depuis l’été dernier, on connait l’intérêt de Giuntoli et du Napoli pour ces deux garçons, que la Fiorentina s’efforce de retenir dans ses rangs. Ce serait la seule solution pour espérer voir Amadou Diawara dépasser les vingt matchs cette saison. Si la gourmandise de De Laurentiis s’estompait quelque peu, tout le monde y gagnerait : le Napoli financièrement, la Fiorentina récupèrerait un joueur qui a très clairement les capacités de s’imposer comme titulaire, et Diawara pourrait donc retrouver un statut de titulaire qu’il ne connaissait plus depuis 2016, époque où il défendait les couleurs de Bologna, à tout juste 18 ans. Un talent comme Diawara ne peut pas se permettre de rester au froid pendant que d’autres goûtent à la chaleur des projecteurs. Un club comme la Fiorentina pourrait tout simplement sauver sa carrière. Lui éviter une période de doutes. Et lui redonner des sensations qu’il ne connait plus depuis un certain moment. C’est aussi un joueur qui n’est pas inconscient de son talent : quatre fois de suite il refuse l’appel en sélection Guinéenne, car il veut pouvoir prétendre à la sélection italienne, d’ici deux ans, et ainsi atteindre les 5 ans de résidence en Italie nécessaires pour pouvoir le faire. Dans son pays, on commence à s’impatienter même si en 2018 il déclare que « c’est le bon moment » pour rejoindre les siens et disputer deux matchs. Dans la tête de Diawara, il n’est pas un joueur banal. Et il a raison. Seulement il sait que s’il ne joue pas, à défaut de tomber dans la banalité, il risque de tomber aux oubliettes.

Rémi Falvo

Rédacteur



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