Di Lorenzo, le tournant de sa carrière

Par Rémi Falvo publié le 23 Oct 2019

Il y a de ça trois mois, peu connaissaient le nom de Giovanni Di Lorenzo. Pourtant, c’est sur lui que la cellule de recrutement du Napoli a jeté son dévolu pour remplacer Hysaj. Résultat : le latéral droit a tellement convaincu autour de lui que Roberto Mancini l’a pris avec lui en Nazionale. Lui qui, la saison passée, n’avait pas encore disputé une seule minute d’une compétition européenne. A présent, Di Lorenzo se trouve vraisemblablement au tournant de sa carrière.

Le meilleur coup du mercato

Après deux saisons à Empoli, Di Lorenzo signe au Napoli. Il a 26 ans, et arrive dans une ville qu’il ne connait pas, et qui ne le connait pas. Il a donc tout à prouver. La saison passée fût assez décevante pour les tifosi azzurri, et ils attendent le gros nom pendant le mercato, le joueur qui va les mener vers le titre de champion de Serie A. Ils attendent un transfert à trois chiffres, mais rien de tout ça ne se produit, par contre c’est Di Lorenzo qui est annoncé par la presse, pour neuf petits millions d’euros. Encore un coup du radin De Laurentiis, entend-on. Le fait est que, à l’heure actuelle, Di Lorenzo est le joueur le plus utilisé par Carlo Ancelotti derrière Fabian Ruiz. Mais à part cette fiabilité certaine, le latéral épate. Il surpasse nettement son prédécesseur Albanais, proposant sans cesse une solution offensive sur l’aile droite, dégageant une aisance déconcertante pour un nouvel arrivant. Une présence physique réelle et la détermination qui va avec.

Résultat : rien ne passe de son côté. Sa rapide adaptation a permis à Don Carlo de voir plus loin : il a pu mettre en place un système dans lequel sa défense compte quatre joueurs, mais seulement trois en phase offensive. Permettant au latéral de monter tranquillement, sans se préoccuper du trou qu’il va laisser derrière lui. Di Lorenzo joue sans pression, Di Lorenzo est convainquant, la suite logique est donc que Di Lorenzo est appelé en sélection.

L’Euro 2020 en ligne de mire

Le rêve continue donc pour lui. Mancini le surveillait de près, il en faisait déjà l’an dernier « le joueur à suivre« , et n’a pas oublié de respecter sa parole. Le sélectionneur Italien décide de lancer tranquillement son protégé dans un match contre le Liechtenstein, alors que son équipe est déjà qualifiée pour l’Euro 2020. Le latéral joue donc tranquillement, et s’offre même une passe décisive qu’il dépose à Belotti en toute fin de match. Carton plein, donc. Mais au-delà des statistiques, c’est le profil du joueur qui doit intéresser Mancini. Pour la première fois depuis bien longtemps, osons carrément depuis Zambrotta, la Squadra Azzurra n’avait plus de latéral droit complet. Maggio se faisait constamment avoir dans son dos, Abate a été assez irrégulier, Zappacosta était un feu follet, mais se dispersait trop, Di Lorenzo non.

C’est un garçon carré. Tout sauf extravagant. Il sait se mettre des priorités, et c’est cette facette-là de son caractère qui en fait un joueur bon tactiquement. Un de ses premiers coachs Fluvio Bertagna, à l’ASD Valdottario, en Toscane, se remémore que ses seules paroles dont il se souvienne étaient « Ciao Fluvio » quand il arrivait à l’entraînement, et quand il repartait. « Il parlait peu, préférait laisser parler le terrain », ajoute-t-il. Il se rappelle également d’un joueur « très altruiste, qui ne frappait quasiment jamais au but« , comme un privilège qu’il laissait à ses coéquipiers. Ce latéral droit aux idées claires, Fluvio Bertagna l’a utilisé comme stoppeur, rôle qu’il joue donc avec Ancelotti lorsque Mario Rui ou Ghoulam est aux avant-postes. Contre Genk, il a même joué à gauche, comme s’il avait été formé à ce poste. Cette polyvalence est également à mettre à son crédit, elle vient s’ajouter à ses nombreuses qualités qui pourraient convaincre définitivement Roberto Mancini de l’embarquer avec lui pour l’Euro 2020, et lui faire prendre par la même occasion le statut de top défenseur Européen.

Rémi Falvo

Rédacteur



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