Deuxième de Serie A, demi-finaliste de Coppa et finaliste d’Europa League : pourquoi Conte aurait-il voulu quitter l’Inter ?

Par Fabio Pendolino publié le 28 Août 2020

« Des discussions avec les dirigeants et Zhang ? Oui mais nous devons d’abord rentrer, prendre deux ou trois jours de vacances et nous nous verrons à tête reposée. Nous parlerons de la saison, de tout, de manière sereine et essaierons de planifier le futur de l’Inter. Avec ou sans moi ». Après la défaite contre Séville en finale d’Europa League, les mots de Conte présageaient un départ, une saison après son arrivée à l’Inter. Alors que le rendez-vous dont il parlait a eu lieu ce mardi 25 aout, non seulement Conte, mais aussi Marotta et Ausilio ont été confirmés par le club et poursuivront leur aventure nerazzurra. Pourquoi, après une saison qui reste positive, tout a failli s’arrêter ?

Plusieurs raisons, en plus de la défaite en Europa League, seraient derrière le mécontentement d’Antonio Conte. Ses déclarations, pas seulement après le match contre Séville mais à plusieurs reprises cette saison, semblaient l’éloigner du club à cause d’une certaine fatigue. Personnelle, après les menaces de mort qu’il avait reçues, mais surtout professionnelle à cause du traitement médiatique des Nerazzurri. Bergomi, ancien joueur de l’Inter, déclarait ainsi récemment « j’ai parlé avec Conte et lui ai suggéré de trouver un point d’accord. Nous ne saurons jamais la vérité, mais quand tu viens à l’Inter tu as toujours l’impression d’être traité moins bien que les autres. Il a compris que dès qu’une petite chose arrive, tout éclate et que personne ne reconnaît la valeur de son travail« . Ce fait, ajouté à la guerre interne avec les suspicions de taupe qui dévoile des infos à la presse, auront plus que troublé le Mister.

Aussi, et cela n’aura été un secret pour personne, l’entraîneur en a toujours attendu plus du mercato. Certaines rumeurs le donnent mécontent de l’arrivée d’Eriksen, un joueur à qui il faudra donner du temps pour une adaptation complète à un nouveau football et un nouveau pays. Il se dit ainsi que Conte aurait préféré des joueurs « prêts » pour gagner de suite, comme Vidal ou Giroud – avec qui il aurait peut-être été plus proche de gagner le Scudetto dès sa première année.

Un contrat à 12 millions d’euros par an

Si l’Inter n’a jamais communiqué ou même donné d’indices sur une volonté de se séparer de Conte, le fait est qu’un renvoi aurait couté trop cher au club milanais. Avec deux ans de contrat restant, à 12 millions d’euros nets par an, la seule façon envisageable pour l’Inter de laisser partir Conte était s’il avait démissionné. Le manque de possibilités dans des top clubs européens aura mis du plomb dans l’aile de cette option.

Plutôt que de chercher des problèmes et, surtout, en continuant dans cette voie, Conte, Marotta et Ausilio embrayeront sur la deuxième phase du projet. Avec le président Steven Zhang comme architecte : « le parcours effectué cette saison nous a permis d’arriver en finale, nous ne pouvions même pas l’imaginer il y a deux ans. Gagner ou perdre fait partie du football mais atteindre une finale rend optimiste« . Tout cela en ayant la piste Allegri prête à être activée, au cas où. Le président aura confié à Marotta la gestion des indésirables, a voulu un entraîneur de renom et a investi sur le mercato.

Tous semblent maintenant partager la même philosophie et être prêts à avancer pour continuer la progression : des objectifs taillés selon les possibilités sur le mercato, où pas de coup « à la Lukaku » ne devrait être fait sauf en cas de vente. A la place, des investissements plus mesurés et selon les besoins de l’équipe, qui commence à avoir un groupe de niveau. Au final, après la Juventus, Chelsea et la Nazionale, Conte montre un certain attrait pour la continuité, même si ce n’est que le début de la deuxième saison.

Fabio Pendolino

Rédacteur



Lire aussi