De Sciglio, avant qu’il ne soit trop tard

Par Aurélien Bayard publié le 29 Mar 2019

Après plusieurs mois d’attente, les supporters italiens ont pu voir de nouveau la Squadra Azzurra à l’œuvre. Et de quelle manière ! Avec deux victoires pour débuter ces éliminatoires de l’Euro 2020, l’Italie démontre que sa reconstruction se déroule correctement. Certes les adversaires étaient modestes, mais ne boudons pas notre plaisir. Un groupe est en train de se bâtir, malheureusement sans un joueur : Mattia De Sciglio.

Situation compliquée en club

En 2017, l’enfant de Milan quitte son club formateur pour rejoindre la Juventus. Désiré par Allegri, De Sciglio s’éloigne de sa région natale où il commençait à être décrié. Pas un souci, nul n’est prophète en son pays comme le dit l’adage et un transfert peut le relancer. Sauf que pour le moment, rien ne se passe comme prévu. Alors qu’il peut aussi bien jouer latéral gauche que latéral droit, il n’a disputé qu’une quarantaine de matchs pour la Vieille Dame. A titre de comparaison, il en avait joué autant lors de ses deux premières saisons en Lombardie. Tout n’est pas entièrement de sa faute, son corps lui joue des tours et des blessures l’empêchent régulièrement d’enchaîner les matchs. Dommage quand la concurrence s’appelle Alex Sandro, Spinazzola et Joao Cancelo. C’est donc sans surprise qu’un énième pépin physique l’a contraint à ne pas être sélectionnable pour le rassemblement des Azzurri ce mois-ci.

Concurrence à gauche et à droite

Comme à la Juve, De Sciglio profite de polyvalence. Mais qui dit polyvalence, dit aussi double concurrence. A gauche, Mancini commence à avoir des certitudes. Un but salvateur face à la Pologne, des matchs réguliers avec la Viola, et voilà Biraghi dans les petits papiers du sélectionneur. Mais gare à l’arrivée de Spinazzola. Après son excellent match face à l’Atletico Madrid, le turinois a continué sur sa lancée face au modeste Liechtenstein. Si ses performances en club se répètent, il ne serait pas anormal de le voir chiper la place de titulaire sur le moyen terme. En suppléants, nous retrouvons Emerson Palmieri et Domenico Criscito. Le premier cité n’est pas sélectionné car il joue très peu avec Chelsea. Le second n’a plus ses jambes d’autrefois mais reste une valeur sure. A droite, rien n’a l’air figé. Zappacosta était titulaire mais, comme Emerson, il est en manque de temps de jeu. Il a donc perdu sa place au profit de Florenzi. Cependant, ses prestations avec l’AS Roma sont en deçà des standards internationaux. Manuel Lazzari a aussi gratté une cape et ce mois-ci Piccini et Mancini ont aussi porté le maillot azzurro. Dommage pour De Sciglio, ces trois joueurs jouent les premiers rôles dans leurs clubs respectifs.

Faire partie du groupe

Roberto Mancini s’est servi de la Nations League comme laboratoire de tests. Par contre, il rentre dans le vif du sujet avec les éliminatoires de l’Euro 2020. Pour ne pas revivre une nouvelle échéance internationale sans sa présence, l’Italie se doit de former collectif prêt à en découdre lors des grandes compétitions internationales. Sur les deux matchs que nous venons de voir, nous avons eu le plaisir d’apercevoir un visage conquérant de la part de la Squadra Azzurra. Pis encore, tous les latéraux ont eu du temps de jeu et ont répondu présent. Il ne faudrait pas rater le wagon en cours de route afin de partager ce vécu international. C’est finalement le seul point où De Sciglio a un avantage. Il a disputé la Coupe du Monde 2014, la Coupe des Confédération en 2013 et l’Euro 2016. Mais attention, à force de se blesser ou de ne pas jouer, l’ancien milanais s’expose à de nombreuses absences. Et comme le dit l’expression, les absents ont toujours tort…

Aurélien Bayard



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