Davide Moscardelli, plus qu’une barbe !

Par Aurélien Bayard publié le 03 Fév 2020

La barbe la plus célèbre d’Italie fête aujourd’hui ses 40 ans. Davide Moscardelli n’est pas qu’une simple pilosité fantaisiste. Derrière des Chuck Norris facts se cachent un footballeur profondément gentil et surtout atypique. C’est pour cela que nous n’évoquerons plus ce qui orne son visage mais d’autres faits qui le rendent aussi unique.

Amour du plat pays

D’ascendance romaine par sa mère, et des Abruzzes par son père, Moscardelli voit le jour… en Belgique ! A Mons précisément. A l’époque, son géniteur, membre de l’Aeronautica Militare, effectuait une mission en Wallonie. L’actuel joueur de Pisa ne garde aucun souvenir de son escapade dans le Hainaut, et pour cause, il n’y passe que la première année de sa vie. Qu’importe ! Cette passion pour le plat pays, il l’a dans la peau. Il l’a même rendu indélébile, tatouant sa phrase fétiche « Born in Belgium… Made in Italy » sur son bras gauche. Et sur les terrains, cachés derrière ses chaussettes, se trouvent une paire de protège tibia aux couleurs noir-jaune-rouge. L’histoire d’amour aurait même pu se concrétiser. Nous sommes alors en 2003 et Battigoal enfile les buts à Triestina. Outre-Quiévrain, les résultats de la sélection déçoivent depuis la Coupe du Monde 2002. Alors un journaliste se dit que Mosca ne ferait pas tâche au côté des frères M’Penza. Après un match, il interroge Davide sur une éventuelle cape. Le principal intéressé se voit bien porter la vareuse des Diables Rouges mais les contacts s’arrêtent là.

Le sauvetage d’Arezzo

Entre 2016 et 2018, Davide porte les couleurs du SS Arezzo. Et sa deuxième saison chez les Amaranti est la plus marquante de toute sa carrière. Un trou de plusieurs millions d’euros dans les caisses toscanes entraîne une pénalité de quinze points avant de commencer le championnat. Les joueurs ne reçoivent plus leur salaire et doivent puiser dans leur denier pour faire les déplacements. A cela s’ajoute des repreneurs potentiels qui ne font que des promesses d’arsouilles. Bref, les Toscans sont dans la mouise. A la mi-saison, l’attaquant peut fuir ce bourbier. Pisa lui fait des avances mais il ne cède pas. Seuls les rats quittent le navire et lui, le capitaine, veut le voir encore voguer. Moscagol ne reste pas là sans bouger et se démène pour ses coéquipiers. Il se transforme alors en syndicaliste en février 2018. Avant la rencontre contre Pontedera, Davide annonce une future grève si les salaires ne sont toujours pas versés. Acceptée par la FIGC, elle force Arezzo à une fin de saison dantesque. Quand les joueurs reprennent le chemin des terrains, il y a onze matchs à disputer en seulement sept semaines. Le miracle se fait atteindre et le maintien n’est toujours pas validé avant le dernier match contre Carrarese. La pression est palpable et il faut attendre la 88ème minute pour voir Cellini libérer tout un peuple. Sur une passe de Moscardelli bien évidemment. Arezzo est sauvé et tout le monde peut enfin pleurer de joie.

Clap de fin ?

En juin prochain, le colosse aura fini son contrat avec Pisa. Pour beaucoup, 40 ans signifie changement de vie, alors pourquoi Moscardelli y échapperait ? De toute façon, il est prêt. Il peut, par exemple, déménager à Rome pour vivre complètement sa passion pour l’AS Roma. Et, entre deux déplacements à l’Olimpico, il pourra s’occuper de son restaurant situé piazza Bologna. Toujours dans le registre de chef d’entreprise, il devra continuer le développement de sa marque Flybeard®. Enfin, il lui reste une promesse à honorer. Celle de remettre les pieds en Belgique. Depuis son départ, Davide n’a toujours pas trouvé le temps de revoir le pays dans lequel il est né. Pour So Foot, en 2016, il avait déclaré qu’il y retournerait une fois à la retraite. Alors, comme c’est bientôt le cas, Davide peut déjà commencer à étudier les différents itinéraires. Grâce à cela, il aura juste à prendre son camping-car pour écumer les routes pour rallier Mons.

Aurélien Bayard



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