Cristiano Ronaldo à la Juventus, c’est une façon moderne de s’affirmer pour la Serie A

En signant le meilleur joueur du monde, la Juventus a frappé fort sur le mercato. Encore plus quand on connaît la portée d’une telle affaire dans le monde médiatique moderne.

Par François Lerose publié le 10 Juil 2018

La Serie A, ce championnat qui n’attire plus les stars. Un constat régulièrement rappelé par bon nombre d’observateurs du football. Et pourtant, ce 10 juillet 2018, la Juventus vient fracasser le mercato estival avec une recrue : Cristiano Ronaldo, pour un peu plus de 100 millions d’euros. Une somme dérisoire compte tenu du talent, de la longévité et de la valeur intrinsèque et marchande du joueur, dans tous les compartiments possibles et imaginables.

21 ans après Ronaldo, voici Ronaldo

En 1997, l’Inter signe Ronaldo, en 2018, la Juventus signe Ronaldo. L’histoire est belle mais entre ces deux coups de tonnerre de l’histoire de la Serie A, de l’eau a coulé sous les ponts. Le football italien a connu ses belles heures de gloires avec en point d’orgue les années début 2000 avec trois succès en Champions League (2003, 2007 et 2010). Depuis, la fuite des talents, un système marchand boulversé et un manque de renouvellement global aura beaucoup fait discuter sur l’impact  du championnat. La Premier League possède désormais les droits TV les plus importants au monde, la Liga possédait Messi et Ronaldo et même la Ligue 1 y allait l’année dernière de son coup marketing en obtenant Neymar à Paris. La Juventus suit donc l’exemple et recrute l’attaquant portugais dans ses rangs, histoire de rappeler qu’elle est bien la locomotive d’un championnat en plein renouveau. 21 ans, c’est aussi grand que ça parait peut. Et pourtant, du déficit de notoriété à ce nouveau saut vers l’avenir, la Serie A a tenu le choc. Sans Ronaldo, elle a récupéré sa troisième place au classement UEFA, placé un club à deux finales de Champions League (Juventus) et un autre en demi-finale la saison passée (l’AS Roma). Souvent placée mais jamais gagnante, l’Italie est donc face à un tournant avec Ronaldo.

Seul au monde ?

Non à la Juventus, Cristiano Ronaldo ne sera pas seul au monde. D’une part par son âge. 33 ans, ce n’est plus 24. Il faudra gérer le calendrier du champion dans un effectif solide qui joue sur tous les tableaux. Mais qu’importe, Allegri sait gérer ça. De Barzagli à Chiellini en passant par Buffon, le coach a su préserver ses champions et nombreux sont ceux qui déclarent désormais qu’à la Juventus, Ronaldo pourrait être au top jusqu’à 37-38 ans. Impossible de leur donner tort tant l’hygiène de vie du joueur et son tempérament en fait un champion invincible. A la manière d’un Zanetti, c’est tout un joueur qui se voue à sa passion pour devenir le meilleur.

La signature de Ronaldo est également un formidable coup sportif puisqu’avec Ancelotti au Napoli où le mercato impressionnant de l’Inter et de l’AS Roma, la Juventus n’avait pas encore frappé de véritable coup. C’est désormais chose faite afin d’assurer un statut de favori pour le prochain Scudetto. Un 8ème de file ? C’est bien possible, mais rien ne sera facile. Ronaldo ne tuera pas la Serie A, comme Neymar a tué la Ligue 1 avec le PSG. Le championnat italien derrière la Juventus en tête de gondole, se renforce, se structure et ce malgré les déboires récentes d’un Milan AC qui semble être l’exception qui confirme la règle. Il y aura bien match l’année prochaine pour le Scudetto et comme Vieri le dit : « les gens regarderont la Serie A. Même ceux qui ne s’y intéressent pas forcément, juste pour voir combien de buts à marqué Ronaldo. ». Un top player, une figure emblématique et surtout un apport fabuleux en notoriété pour un championnat qui en manque cruellement.

Quelle portée ? 

Au delà du sport en lui même, la Juventus sait qu’en signant Ronaldo, c’est toute l’entreprise qui va gonfler. Du court de la bourse aux investissements, aux contrats avec les sponsors en passant par les recettes et l’affluence au stade. La hausse du prix des abonnements semble désormais totalement justifiée et la Vieille Dame confirme son statut de société novatrice et en avance, non pas sur son temps, mais sur ses concurrents. Oui la Serie A est désormais mise en lumière par Ronaldo, non elle ne l’a pas attendue pour regagner en force et compétitivité. Mais c’est une époque moderne à laquelle nous faisons face et le business, strass et paillettes sont les principaux ingrédients d’une recette réussie. L’arrivée de Ronaldo aura donc de nombreux impacts qui dépassent le simple ballon rond. On ne peut que s’en réjouir. La place du football italien risque de changer dans les médias français. Pas sur Calciomio, car Ronaldo ou pas, on était déjà là avec De Ceglie, Belfodil, Menez et Gonalons. On était la aussi en novembre 2017 après Italie-Suède et on le sera toujours, avant, pendant et même après Ronaldo.

François Lerose

Rédacteur en Chef



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