Coupe du monde féminine : Azzurre, la fierté des nôtres

Par Luca Dangréaux publié le 24 Juin 2019

L’équipe féminine d’Italie n’avait plus participé à une Coupe du monde depuis 20 ans, elle y est revenue à toute berzingue. Nous n’aurions peut-être jamais écrit cet article sans le coup de tête victorieux de Barbara Bonansea face à l’Australie. Menée dès la 22e minute de jeu puis dominée une grande partie de ce match initial, elle a arrachée une victoire héroïque qui lui a ouvert les portes des 8es de finale. Mais résumer les Azzurre par ce seul but de la Bianconera est réducteur : l’audace qui transporte ce groupe fait la fierté du pays.

En un mot : historique

Il suffisait de rester sur la pelouse ou dans les couloirs du stade du Hainaut de Valenciennes, après le coup de sifflet final, pour se rendre compte de l’énergie qui exalte cette équipe. Malgré la défaite, les joueuses de Milena Bertolini se sont offertes un tour d’honneur, des salves d’applaudissements, des hourras et même leur traditionnelle danse. Il suffisait aussi de regarder la première heure de jeu face aux Auriverde pour s’apercevoir du niveau incroyable des Italiennes. Le Brésil fait partie des monstres de la compétition et compte dans ses rangs deux fuoriclasse (Marta et Cristiane) mais pendant une heure, c’était bien l’Italie qui survolait les débats. Plus prompte dans l’engagement, parfaitement préparée sur le plan tactique, une qualité de ballon incroyable, une cohésion et une coordination au centimètre bref… une équipe de football de très haut niveau.

Grâce à la différence de but, la Nazionale s’est classée à une première place historique en phase de poule de Mondial et les protagonistes préféraient retenir cela à la défaite imméritée. Girelli : « Personne n’aurait imaginé cela mais je crois qu’on le mérite ». Linari : « C’est quelque chose d’extraordinaire. On essaie de montrer que nous sommes une belle équipe, pas seulement les titulaires mais aussi les remplaçantes qui en font encore plus que celles qui jouent ». Bonansea : « Quand on est revenue sur la pelouse après la pause, tous les flashs étaient sur nous. Petite, je n’osais même pas rêver de ça ». Le lendemain, les grands titres de presse faisaient leur Une sur cette performance. Pour la première fois de son histoire, la Rai Uno diffusait les Azzurre, résultat : le nombre de téléspectateurs a doublé, passant de 3,5 millions pour l’Australie à plus de 7 millions pour le Brésil !

Franchir la muraille de Chine pour poursuivre le rêve

Les Italiens se passionnent car comme dans tous collectifs rodés, des individualités ressortent. Difficile de mesurer leur popularité mais des femmes comme Bonansea, Gama, Giugliano et Girelli impressionnent. La première nommée par son leadership, la dernière par ses trois buts déjà inscrits et la numéro 11 apporte un danger permanant lorsqu’elle a le ballon dans les pieds. Le groupe n’a ni suspendue ni blessée, c’est donc le onze titulaire habituel qui devrait débuter un huitième de finale historique – répétons-le – face à la Chine. Les Azzurre forment une des équipes les plus efficaces de ce Mondial, qualité partagée avec leur prochain adversaire. En trois matches de poule, les Asiatiques ont obtenu une petite victoire (1-0 face à l’Afrique du Sud), un résultat nul et vierge face à l’Espagne et une petite défaite (1-0 face à l’Allemagne). Le compte est vite fait : trois matches, un but marqué (pire attaque du Mondial), un but encaissé (3e meilleure défense du Mondial) ! La Squadra Azzurra fait filet sur 50% de ses tirs cadrés et Laura Giugliani en est à 11 parades.

Les Italiennes devraient avoir la possession de balle et tout faire pour marquer le plus rapidement possible. C’est la première fois que ces deux nations se rencontrent. Le match se déroulera au stade de la Mosson de Montpellier où les supporters azzurri verront enfin leur équipe se rapprocher des frontières franco-italiennes. Les planètes semblent alignées pour que le rêve continue. On a hâte d’y être.

Luca Dangréaux



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