Cornelius à la croisée des chemins

Par Aurélien Bayard publié le 05 Août 2019

Après un intermède d’un an en France, Andreas Cornelius traverse de nouveau les Alpes pour retrouver l’Atalanta. Avec son employeur actuel, il avait le secret espoir de disputer la Champions League et de grappiller du temps de jeu. Le rêve fut de courte durée puisqu’il se retrouve quelques centaines de kilomètres plus bas, à Parma. Chez les crociati, il devra aider le club à se maintenir une deuxième année consécutive mais surtout prouver qu’il peut s’imposer en Serie A.

Premier échec à Cardiff

Pour le moment, la carrière de Cornelius se résume ainsi : trop talentueux pour la Superliga mais pas assez pour être une valeur sure d’un championnat majeur. Formé au FC Copenhague, Andreas explose à la face du monde à partir de la saison 2012/2013. Pour son premier exercice complet, le danois finit ni plus ni moins meilleur buteur, meilleur joueur et champion du Danemark. Le jeune homme impressionne. Posé, discret et bosseur, le contraste est saisissant avec l’ancien espoir du FCK Nicklas Bendtner. Pourtant, « Corner » va commettre la même erreur que son compatriote. Ne cherchant pas à effectuer une deuxième saison du même acabit, le géant danois s’envole pour Cardiff. Les gallois, nouvellement promu en Premier League, profite de la manne financière des droits TV pour recruter à tout va. Ils fantasment alors qu’il se révèle à la manière d’un Tore Andre Flo ou d’un Ole Gunnar Solskjær. C’est tout le contraire qui se passe. Le buteur semble perdu sur le terrain et les filets ne tremblent plus. Après seulement 6 mois et 11 bouts de matchs sans but, le jeune danois n’a pas d’autre choix que de partir.

Relance au Pays

Retour à l’envoyeur pour Andreas qui revêt de nouveau la liquette blanche de Copenhague. A l’instar de Mathias Jorgensen ou de son ancien compère d’attaque Nicolai Jørgensen, Cornelius n’est pas le premier à rentrer au pays pour se refaire une santé. Revanchard, il a la ferme intention de démontrer que son talent est bel et bien réel. L’attaquant met fin à son mutisme dès son premier match et reprend alors sa progression. 3 ans plus tard, la Dea vient toquer à la porte et emmène le grand attaquant dans ses bagages. Dans le schéma tactique du Gasperini, le natif de Copenhague se partage la pointe de l’attaque avec un autre attaquant pivot : Andrea Petagna. L’un comme l’autre ne sont pas des attaquants à 20 buts par saison mais restent des acteurs majeurs de la belle saison de l’Atalanta. Malgré un rendement pas exceptionnel – seulement 3 buts en championnat – Gasperini considère qu’il a encore une belle marge de progression. Son aventure en Lombardie s’annonçait donc belle mais un changement radical survient lors du mercato estival 2018. La Dea se sépare de ses 2 tours de contrôle. Petagna part à la SPAL tandis que le danois débarque à Bordeaux. Malgré une gêne aux adducteurs, il s’impose petit à petit à la pointe de l’attaque girondine. Mais à partir de février la douleur devient trop forte et il passe par la case opération. Cela met un terme à sa saison.

Seconde chance à Parma

Entre Musa Barrow et surtout Duvan Zapata, Cornelius avait peu d’espoir d’obtenir du temps de jeu. Alors Parma a rapidement sauté sur l’occasion pour obtenir le prêt du scandinave. L’exercice précédent avait montré de grandes carences dans le secteur offensif parmesan. Avec Andreas, D’Aversa dispose enfin d’une véritable alternative à Roberto Inglese. Et il n’y a pas que le coach germano-italien qui pourra en profiter. Les deux flèches offensives Gervinho et Karamoh chercheront sans doute à centrer pour le trouver de la tête voire le lancer en profondeur. En effet, malgré son apparence massive, Cornelius sait aussi utiliser sa vitesse pour battre son vis-à-vis. Débarrassé de ses pépins physiques et prêt à enchaîner les matchs, Andreas ne doit pas rater cette nouvelle chance de s’imposer en Italie.

Aurélien Bayard



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