Conte, Sacchi, et la notion de groupe

Par Antoine Martin publié le 18 Juin 2016
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Si on parle du milieu italien formé de De Rossi, Parolo et Giaccherini d’aujourd’hui en revenant trois mois en arrière, on aurait pu en rigoler. Depuis, l’indiscutable Marchisio s’est blessé, puis ce fut le tour du fantasque Marco Verratti. L’Italie s’est mise à réclamer le retour du métronome Pirlo, en vain. Et puis les techniques Vazquez et Bonaventura ont été écartés tour à tour. On a bien fini par se demander, il faut le reconnaître, si l’Italie allait passer le premier tour. Allez ne faites pas la fine bouche ! Ce n’est pas qu’une question de journaliste, vous y avez forcément pensé, même un instant. « L’Italie la plus faible depuis 50 ans » faisait la une dans les quotidiens nationaux, mais aujourd’hui l’Italie a 6 points et l’Italie est qualifiée, sans trembler, pour les 8èmes de finales de l’Euro 2016.

L’individu te fait gagner un match, les exploits se font en équipe

Évidemment il a fallu travailler très dur, mais pas travailler pour combler un retard technique individuel non, travailler pour créer un esprit de groupe, une volonté de se battre ensemble et mettre en place un schéma tactique compris, approuvé et maîtrisé par tous. Le symbole même de cette légitimité et cette maîtrise totale du schéma tactique par les joueurs réside dans ce buzz viral qu’a fait la vidéo du déplacement du bloc défensif de la Nazionale durant le jeu latéral belge : un groupe fort qui défend et qui attaque à onze. Conte l’a dit, il a pris les joueurs en fonction du système et il n’a pas bâti un système en fonction des individualités. Cette méthode lui a permis de mesurer l’envie et l’investissement potentiel de ses joueurs en leur présentant carte sur table un projet établi. L’importance pour un joueur de savoir où il va sans être dépendant des autres voilà le secret d’une bonne entente du groupe. Le seul décideur du schéma est le coach qui représente la hiérarchie. On ne joue pas pour un Ronaldo, un Messi, ou un Neymar, la Nazionale joue pour l’Italie.

Le groupe transcende les joueurs

L’hymne en criant, les émulsions de joies et les tapes dans le dos, les poings serrés… Autant de symboles d’un groupe qui a les crocs et qui a envie de prouver que le travail paie. Eder et sa fin de saison compliquée qui sème deux défenseurs Suédois, crucifie la carrière de Granqvist en une feinte de frappe et marque avec le sang froid d’un Suarez en pleine bourre, en phase finale d’un Euro, personne n’y croyait. Relions ceci à la foi de Conte en son système, comme on peut relier l’élève Antonio et le maître Arrigo. On peut également relier cette magnifique déclaration de Buffon, « Cette victoire, elle est pour les 14 mecs sur le banc » au fait que le groupe est plus fort que l’individu.




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Antoine Martin

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