Un conte de fées nommé Gasperini

Par Anthony Maiorano publié le 27 Juin 2017
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Terminant devant les deux écuries milanaises et s’offrant le droit de goûter à nouveau aux joutes européennes qui manquaient à l’appel depuis le lointain 1990, l’Atalanta aura surpris son monde. Grâce à une philosophie axée sur la jeunesse qui a fait preuve d’une constance ébouriffante, les pensionnaires de l’Atleti Azzurri d’Italia ont démontré tout au long de la saison une jouerie appréciable grâce à des interprètes inconnus au bataillon joints à des choix de joueurs s’étant révélés rémunérateurs (Kurtic, Petagna, Freuler …). Un cocktail gagnant concocté par le sorcier Gasperini dont l’expérience enrichissante ajoutera sans doute du crédit à un technicien qui n’a jamais vraiment été jugé à sa juste valeur. Et dire que le début de saison poussif des siens fut à deux infimes doigts de l’envoyer prématurément en vacances. Des dirigeants qui lui ont finalement fait confiance. 72 points plus tard dont 32 hors de ses terres, disons que le choix fut plus que judicieux. Tiens, prends ça, Zamparini.

Une méthode gagnante et attractive

Tel un adolescent en pleine puberté qui goûte à sa première goûte d’alcool, la méthode Gasperini a son temps d’adaptation mais dès qu’elle est totalement assimilée et appréciée, elle peut engendrer de gros dégâts. La recette prend forme dès ses débuts en tant que mentor au sein des jeunes de la Juventus. Fin adepte de la défense à trois avec deux ailiers qui courent comme des mobylettes et adorent créer le surnombre offensivement, il enregistrera ses premiers résultats encourageants en remportant le prestigieux tournoi de jeunes de Viareggio en 2003. Par la suite, les exploits et autres faits d’arme deviendront pain quotidien, entre une étonnante montée en Serie B avec Crotone en 2004 (la 2ème de son histoire) et un classement record quelques saisons après pour le club calabrais en terminant à 5 pts des play-offs pour la Serie A. Ces mêmes play-offs qu’il n’aura même pas besoin de disputer au vue de sa place finale sur le podium en 2007 avec le Genoa lui permettant de retrouver l’élite après douze ans d’attente. Un club qu’il marquera d’une empreinte indélébile, avec un jeu chatoyant et des résultats les propulsant jusqu’à l’Europe qui avait disparu depuis bien 18 ans. Une aura et une capacité à transcender ses équipes qui ne se trouvent pas dans le supermarché du coin.

La hantise de la pression?

Hélas, dès que l’opportunité de diriger une équipe plus huppée s’est présentée pour le « Gasp », tout ne s’est point déroulé comme espéré. Transportant dans ses bagages sa soif d’ambitions et ses principes de jeu, l’ambiance électrique et schizophrénique que représente celle de l’Inter aura eu raison de lui. Des remerciements et un billet de retour poinçonné déjà au bout de trois mois d’activités (5 matchs pour 4 défaites). Par la suite, le bonhomme a préféré continuer d’enseigner sa science au sein de club de standing inférieur avec une éphémère parenthèse sicilienne à Palerme suivi d’un nouveau crochet au Genoa. Mais que manque-t-il au brave Gasperini pour s’imposer plus haut ? Pas grand-chose, ne serait-ce qu’un brin de patience réciproque. Mais comme on dit, il n’est jamais trop tard.




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