Chiesa à la croisée des chemins

Par Gilbert Simonutti publié le 08 Juin 2019

A bientôt 22 ans, Federico Chiesa est a une période charnière de sa carrière. Entre la Nazionale, l’Euro U21 et un mercato qui le voit grand protagoniste, son mois de juin s’annonce intense.

Tête de gondole à l’Euro U21

En conférence de presse à Coverciano cette semaine, Federico Chiesa a tenu à préciser que son téléphone est actuellement en mode avion et que le mercato est le cadet de ses soucis. On peine tout de même à le croire mais d’un point de vue purement sportif son mois de juin est particulièrement chargé. Avec la Nazionale, il doit affronter les deux matchs les plus importants de la saison contre la Grèce à Athènes et la Bosnie à Turin. Mancini qui l’a en très haute estime, compte énormément sur le Florentin pour ces deux rencontres capitales dans la course à l’Euro 2020. Passé ce double test, Chiesa sera la tête de gondole de sa génération pour l’Euro U21 qui se tiendra en Italie à partir du 16 juin. Un tournoi auquel les jeunes italiens tiennent énormément d’autan plus que le succès manque depuis 2004. Un sacré challenge pour les Azzurrini au vue de l’adversité proposée.

Chiesa restera en Serie A

Mais, si la partie sportive sera riche et intense, celle de son avenir le sera tout autant. Fort d’un accord avec les Della Valle pour un départ cet été, Federico Chiesa attise les convoitises des plus grands clubs. Après avoir poliment refusé une offre de salaire de 7 M€ annuel par le Bayern qui souhaitait lui offrir la relève de Robben et Ribery, le clan Chiesa (père et fils) ont fait part de leur envie de rester absolument en Serie A. Ceci réduit le choix des prétendants à deux clubs, la Juventus et l’Inter. Entre temps, les Della Valle ont vendu la Fiorentina au magnat italo-américain Rocco Commisso ce qui rabat, en partie, les cartes. L’ancien accord moral n’est plus valable et le nouveau propriétaire de la Viola a des projets ambitieux pour son club.

La Fiorentina peut-elle le garder ?

Malgré ce changement de direction, Commisso part avec un peu de retard sur les autres prétendants. La Juve travaille au corps Chiesa depuis plusieurs moi et lui offre, dans l’absolue, le projet sportif le plus prêt au succès. Que ce soit Sarri ou un autre, les ailiers auront un rôle prépondérants dans le jeu bianconero et le numéro 25 florentin n’est pas insensible à cela. Comme il n’est pas insensible aux appels, plus récents, de l’Inter et de son nouveau entraineur, Antonio Conte, qui souhaiterait le recruter. Si les Nerazzurri pourront s’aligner avec la Juve niveau salaire (6 M€ par an), ils sont encore un ton en dessous niveau capacité à glaner des titres. Mais l’attrait d’un projet qui se construit, surtout avec Conte, a aussi son charme. Reste que pour s’offrir Chiesa, les deux clubs devront débourser au moins 60 M€ et tenir compte maintenant de Commisso qui n’a aucunement envie de commencer son aventure à florence en vendant le meilleur joueur de l’effectif. Ce dernier a même un pour objectif de garder son petit joyau, d’en faire le capitaine et de batir la nouvelle Fiorentina autour de lui avec à la clé un nouveau contrat à 3 M€ par an.

Chiesa aime la Fiorentina mais, malgré l’arrivée de Commisso, est-elle en capacité de lui offrir immédiatement un projet d’envergure ? Cela est moins sur. La dernière saison a été très difficile et la reconstruction ne pourra pas se faire en un claquement de doigt. Le nouveau président des Toscans a les moyens de ses ambitions et sait où il veut aller mais le jeune Federico ne veut pas attendre plus longtemps pour s’envoler vers les sommets du Calcio. Peut-être à Florence mais plus probablement ailleurs.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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