Ce Napoli a faim d’Europe

Par Rémi Falvo publié le 14 Fév 2019

Cet été Aurelio De Laurentiis s’offre les services du chef d’orchestre Carlo Ancelotti pour que la formation Napolitaine ne fasse plus un tabac seulement dans les petites salles italiennes mais bien dans toutes les Opéras de l’Europe entière. Le destin a fait que les azzurri ne sortent pas des poules de la Champions League, et se retrouvent en Europa League. Dans l’esprit collectif, Napoli et l’Europe c’est fini. Comme si l’élimination de la plus prestigieuse des compétitions européennes était une fin en soi. Mais pas du tout. L’Europa League, si elle n’intéresse vraiment le grand public qu’à partir du dernier carré, n’en est pas moins une grande compétition Européenne. Et si le Napoli venait à l’emporter, Ancelotti aurait rempli son contrat : porter le Napoli plus haut en Europe.

Une croix sur le Scudetto?

On en est tout de même très loin, et nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses, et des souhaits quant au succès des coéquipiers de Lorenzo Insigne. Mais une chose est sure, le Napoli va jouer sa carte à fond. Ce qu’on a pu reprocher à Sarri sur son implication en Europe ne sera vraisemblablement pas un point commun avec les reproches qu’on pourra faire à Ancelotti. Et hormis les philosophies divergentes des deux coachs, un simple coup d’œil pragmatique au classement de la Serie A le confirme : le Napoli ne peut pas se permettre de boycotter l’Europa League. Onze points de retard sur la Juventus. A la même période, l’an dernier, les deux équipes étaient aux coudes à coudes, le Napoli avait été sacré champion d’hiver. La suite, on la connait. Rien n’est joué, mais Koulibaly et les siens auront bien du mal à rattraper le zèbre Turinois, particulièrement véloce cette saison. Quand on connait la rivalité entre les deux clubs, il est inconcevable pour un Napolitain de laisser la Juve remporter le Scudetto, et de terminer la saison avec comme seul trophée celui du plus beau jeu de Serie A. La solution se dessine à l’horizon, elle se nomme l’Europa League.

Le Napoli a les épaules

Le plus beau jeu de Serie A, combien de fois on a pu l’entendre. Mais pourtant, l’armoire à trophées prend la poussière. Car tout ça n’est que subjectif. Ce qui est réel, c’est le niveau technique de l’équipe. Qui lui est impressionnant. C’est la cohésion, qui progresse de semaines en semaines, entre ces joueurs qui pour la plupart évoluent ensemble depuis au moins trois saisons. C’est le niveau des cadres comme Insigne, Koulibaly et Allan, qui ont su faire murir leur football au rythme de leur âge. En quelques mots, le Napoli a largement les épaules pour casser la baraque dans cette compétition. Seville l’a gagnée trois fois de suite avec Emery. Le Napoli d’aujourd’hui n’est pas inférieur à cette équipe de Seville, qui n’aurait certainement pas battu le Liverpool de Salah, ni tenu tête de cette manière au PSG de Neymar. Impossible de ne pas faire de football-fiction, mais c’est la réalité. Ce Napoli doit faire trembler l’Europe. Les joueurs du Benfica, d’Arsenal, et même du Chelsea de Sarri doivent trembler à la simple idée de rencontrer cette attaque rapide, efficace, et hargneuse. Kevin Gameiro doit trembler à Valence à l’idée de se casser les dents sur la défense centrale azzurra. Pour l’instant personne ne tremble, car personne ne sait de quoi ce Napoli est capable. La barre était particulièrement haute dans ce groupe G de la Champions League, et pourtant, les Napolitains ont bien failli la passer.

Entre le record de buts de Maradona battu cette année, le probable départ de Hamsik, et la première saison comme entraineur d’Ancelotti, il souffle comme un vent nouveau, qui pourrait porter ce sympathique Napoli à écrire enfin une page de plus à son livre, ne se contentant plus de simplement le dépoussiérer.

Rémi Falvo

Rédacteur



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