Ce but de Del Piero contre la Lazio qui changea l’histoire de la Juventus

Par Boris Abbate publié le 27 Jan 2019

C’était il y a 7 ans, le 11 Avril 2012, aux alentours de 22h22 en Italie. À environ 25 bons mètres des filets adverses, Alessandro Del Piero pouvait changer à lui seul le destin de sa Vielle Dame. Au bout de son pied, à cinq minutes de la fin du match, le chemin vers le Scudetto était déjà tracé, et la renaissance de la Juventus déjà ancrée. Et le jour de sa 700 ème apparition en bianconero, Ale’ allait évidemment en profiter. 

Un match piège ce Juve-Lazio

Il a directement pris le ballon dans ses bras, et l’a déposé délicatement au sol. Puis il a reculé, de quelques pas, et s’est finalement arrêté quelques instants. Devant lui, une muraille bleue et blanche s’étendait et gesticulait dans tous les sens, et Monsieur Damato tentait tant bien que mal de se faire respecter. Alors Ale’ a levé les yeux. Il a observé autour de lui. Le tableau d’affichage qui indiquait la 37 ème minute de la seconde période, les tifosi qui se rongeaient les ongles en tribunes, et ses coéquipiers, impuissants et apeurés dans ce match bien étrange. C’est à ce moment là que Del Piero a compris, qu’encore une fois, tout allait reposer sur lui. Pourtant, cette rencontre, Del Piero aurait bien pu la passer intégralement sur le banc. Mais tout était écrit. Et on ne change pas un destin comme ça. Alors avant le coup d’envoi, le bel Alessandro a effectivement pris place sur le banc, comme souvent cette saison-là. On joue alors la 32 ème journée de Serie A, les Bianconeri ont un petit point d’avance sur le Milan, et à 6 matchs de la fin, la réception de la Lazio constitue le seul vrai obstacle qui les séparent d’un incroyable retour vers le Scudetto. Le décor est posé, et la Juventus doit impérativement s’imposer. Pour l’occasion, Conte a d’ailleurs troqué son révolutionnaire 3-5-2 contre un 4-3-3 beaucoup plus offensif, avec Pepe et Vucinic sur les cotés, tandis que la Lazio d’Edi Reja, à la lutte pour une quatrième place, est avant tout venue à Turin pour ne pas perdre. 

Et la physionomie du match se confirme dès les premières minutes. Emmenés par un Conte déjà en transe, les Turinois se déchainent sur les buts laziale. La première mèche est allumée par Quagliarella. Un tir violent, que Marchetti détourne avec la tête, bien sonné. Puis Simone Pepe s’y met lui aussi, mais seul face au gardien, le Turinois mange la feuille et rate son face à face. Il se rattrape pourtant dans les secondes qui suivent, quand à la demi-heure de jeu Pirlo lui adresse un caviar, qu’il convertit d’un incroyable combo contrôle-poitrine plus retournée. Grandiose. Le stade est en fête, la Juve réalise peut être sa plus belle copie de la saison, et Vidal est même tout proche d’inscrire l’un des buts de l’année d’un surprenant lob du milieu de terrain. Mais Marchetti se mue en Spiderman et détourne en corner, in-extremis. Et le gardien italien va continuer son numéro, tout au long de la rencontre. En écoeurant une nouvelle fois Quagliarella, puis Lichtsteiner, puis Vucinic. Quand il est battu, ce sont même ses défenseurs qui se mettent à sauver des ballons sur sa ligne de but. Symbole d’une soirée qui va mal tourner. Car avant la mi-temps, la Juventus doit au moins mener 3 ou 4 zéro. Mais c’est tout l’inverse qui va se produire. Dans les dernières secondes, sur la première attaque de la Lazio, Mauri égalise en effet d’un coup de tête précis sur un centre de Scaloni, et le hold-up est en marche. Glaçant.

Un but du génie, un but de Del Piero

De retour des vestiaires, rien n’a pourtant changé. La Lazio ne fait que défendre, et la Juve ne fait qu’attaquer. Mais quand Vucinic rate une nouvelle fois la balle de but, les esprits commencent à changer dans le Juventus Stadium. Les tifosi le savent, Conte le sait, et les 22 acteurs du soir le savent eux aussi. A force de vendanger, la Juventus va forcément s’en mordre les doigts. Le rythme du match a d’ailleurs totalement chuté depuis, et seule une intervention divine pourrait changer les choses. Del Piero fait donc son entrée, à 15 minutes de la fin. Il ne lui en faut pas plus pour finir le travail. Sur un coup franc provoqué par Ledesma, il prend directement le ballon, puis le pose délicatement au sol, et se met en place. Devant lui, le mur laziale ressemble plus à une vaste escroquerie, et tous les juventini s’en prennent à l’arbitre. Mais face à ce foutoir général, Del Piero est lui resté imperturbable.

Sa frappe n’est pas belle, elle semble même ratée et prend une trajectoire inattendue. Sauf qu’elle finira dans les filets de Marchetti. Comme par magie. Comme par enchantement, en passant au travers d’un amas de joueurs. Le stade explose, Conte s’agite comme un forcené au bord du terrain et tout le monde s’en va fêter avec le héros du soir. « J’étais tellement convaincu de marquer ce soir-là, qu’il m’a suffit qu’un seul regard pour écarter Pirlo du ballon » glissera plus tard Del Piero. Blague à part, ce coup-franc de Del Piero permettra surtout à la Juventus de garder un point d’avance sur le Milan à 6 journées de la fin du championnat. Alors en tête du classement, la Vielle Dame ne laissera plus échapper sa première place, et décrochera un incroyable Scudetto dans les semaines qui suivent. Vous avez dit homme providentiel ?

le résumé du match :

le but de Del Piero version Caressa :

Boris Abbate

Rédacteur



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